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Henri Giraud: la patrie chevillée au corps

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Par Régis Sully – bscnews.fr/ Du général Giraud, nous connaissons surtout l’ épisode algérois qui a suivi l’opération « Torch » en novembre 1942. Sa rivalité avec le général De Gaulle à la tête du Comité français de libération nationale formé le 3 juin 1943 et son éviction totale quelques mois après en avril 1944. Ce que nous connaissons moins c’est la période antérieure de sa vie, surtout celle de la première guerre mondiale.

C’est donc cet aspect moins connu que nous dévoile son petit- fils en s’appuyant entre autres sur un manuscrit inédit de son grand père et sa correspondance avec son frère, Georges. Des lettres de Céline, la femme d’Henri Giraud viennent compléter la documentation.
Le premier intérêt de ce livre est donc le récit du comportement héroïque du capitaine Giraud lors de ce premier conflit mondial. Laissé pour mort sur le champ de bataille en août 14, il est fait prisonnier par les Allemands et soigné . Son observation des territoires occupés et son évasion par la Hollande met en évidence l’action d’ individus courageux et hostiles à l’occupant . Révélateur de ce capitaine est son retour au front à sa demande et son comportement exemplaire par la suite lors d’affrontements meurtriers avec l’ennemi. Cinq citations dont quatre à l’ordre de l’armée témoignent de sa bravoure.
Le second intérêt du livre est qu’au travers du capitaine Giraud le lecteur mesure le courage, la détermination et la certitude de la victoire de nos armes de toute une génération d’officiers qui ont fait preuve d’une abnégation et d’un patriotisme qui sont difficilement compréhensibles pour nombre de nos contemporains. Certains de ses officiers sont connus Catroux, De Lattre, Juin et De Gaulle. Ce dernier prisonnier depuis 1916 se morfond de ne pouvoir participer aux combats et gardera une blessure profonde de ne pas avoir vécu le 11 novembre 1918 aux côtés des troupes combattantes. Cette génération d’officiers animée d’un patriotisme à toute épreuve comme d’ailleurs leurs aînés paiera un lourd tribut à cette guerre. Parmi les troupes combattantes près de 22% des officiers sont morts. Ainsi Franchet d’Espèrey a perdu son fils et son frère, Castelnau trois de ses fils, Foch son fils et son gendre. L’engagement de ces cadres pour leur patrie est total et explique peut-être que les simples soldats aient accepté eux aussi autant de sacrifice!
L’hécatombe de 14-18 n’ébranlera en rien le patriotisme d’Henri Giraud : depuis son lieu de détention à Koenigstein en septembre 1940 il écrit à ses enfants « Je vous confie le soin de me remplacer dans une tâche sacrée, le relèvement de la France,je vous interdit de vous résigner à la défaite…»(1) Pour Henri Giraud la patrie est le bien suprême qui exige le plus grand sacrifice . La lecture de ce livre contribue à percer une mentalité dont nous nous sommes,aujourd’hui, fort éloignés.

(1) Michèle Cointet «De Gaulle et Giraud L’affrontement» – Perrin 2005 – page 9

1914 -1918 La Grande guerre du général Giraud
Henri-Christian Giraud
Editions du Rocher Histoire
22,90 €

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