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Sparrow : quatre pickpockets et une princesse à délivrer

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Par Marine Veith – bscnews.fr / Avec une préférence pour les touristes et les riches, une bande de gaillards débrouillards gagne sa vie en faisant les poches des passants de Hong Kong. Leur larcin commis, ils ont la conscience tranquille et scellent leur entente autour du butin, dans un petit café de la ville. Les comparses roulent à quatre sur le même vélo, rêvassent aux bains publics et se passent les portes-feuilles comme on partagerait des bonbons, avec gourmandise pour une vie légère et joyeuse.

Kei (Simon Yam) vit bien de cette dextérité qu’il partage avec ses trois compères adeptes du pas vu pas pris. Devant la caméra de Johnnie To, cinéaste Hong kongais plus connu pour ses films de gangsters pétaradants, elle prend la forme d’un ballet où l’harmonie entre les voleurs devient poésie. Tout se déroule sans accroc jusqu’au jour où un moineau rentre chez Kei, le chef de bande et héros du film. Il tente de lui rendre sa liberté, mais l’oiseau veut rester. Kei est heureux, il le laisse. Mais ce petit être sans défense augure des aventures un peu plus compliquées, car le cœur va s’en mêler. Il est une métaphore de Lei (Kelly Lin), une belle jeune femme captive du puissant Mr Fu (Law Wing-Cheong), gras mafieux à gros cigare qui la retient dans une cage luxueuse. Elle ne cesse de courir dans les rues de Hong Kong, fuyant on ne sait quoi et entrainant dans son sillage, les amoureux transis. Pour échapper à celui qui la retient en otage, elle séduira chacun des quatre pickpockets et les convaincra d’utiliser leur savoir-faire de pour l’aider à s’en sortir. Espérant gagner son coeur, ils monteront des plans sur la comète pour la libérer des griffes de son geôlier.
Cinéaste Hong kongais, proche de Wong Kar Waï, Johnnie To signe avec Sparrow, une véritable déclaration d’amour à sa ville. On la découvre, bouillonnante, vibrante, dégingandée, passant du luxe au chaos sans transition. Certaines scènes sont un peu kitchs, certains personnages un peu caricaturaux, mais le décalage avec nos références évoque plus le voyage que la maladresse. Finalement, n’est-ce pas l’intérêt de tels films : se laisser bercer par les différences culturelles.

Réalisé par Johnnie To
Avec Simon Yam, Kelly Lin, Ka Tung Lam …
Sortie le 4 juin 2008
1h27min


*Ce film de 2008 est aujourd’hui proposé aux lycéens et apprentis dans le cadre des programmes de découverte du cinéma mis en place par le CNC.

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