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Jack et la mécanique du cœur : un conte musical aux engrenages vibrants comme une horloge amoureuse

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Par Florence Gopikian Yérémian – bscnews.fr/ Jack est né à Edimbourg le jour le plus froid du monde. Afin que ce petit bout d’homme puisse continuer à vivre avec son cœur gelé, la sage femme qui l’a mis au monde lui bricole un nouveau cœur à la façon d’un coucou. Affublé de ce drôle d’organe mécanique qui s’emballe les aiguilles à la moindre émotion, le jeune Jack doit apprendre à vivre avec sa différence au milieu des autres enfants.

Sa plus dure contrainte est de ne jamais tomber amoureux au risque de faire sauter tous les engrenages de sa pendulette. Malgré les précautions prises par sa mère adoptive, le destin en décide autrement et lui fait croiser le chemin de l’adorable Miss Acacia. Séduit par cette chanteuse brindille qui ne veut pas porter de lunettes sur son si petit nez, Jack va se lancer dans un pèlerinage amoureux à travers toute l’Europe. Au cours de son long voyage, il fera escale à Paris, rencontrera l’horrible Jack l’éventreur mais aussi le génial George Méliès qui lui concoctera toutes sortes d’artifices cinématographiques pour l’aider à conquérir sa belle…
Dans ce film d’animation aux images somptueuses, les personnages semblent tout droit sortis d’un univers forain: à mi-chemin entre des marionnettes désarticulées et des poupées de porcelaine, ils dégagent à la fois une impression de délicatesse et de difformité: Jack a une tête d’oiseau empaillé, Miss Acacia a de tout petits pieds, quand aux amoureuses de Georges Méliès ce sont tout simplement des sœurs siamoises. Ces êtres étranges ont également un autre point commun: le réalisme de leur regard. A travers leurs grands yeux écarquillés se diffuse une immense douceur. Rien d’étonnant lorsque l’on sait que chacun des artistes ayant prêté sa voix à ces protagonistes de synthèse a également eu l’amabilité de lui prêter ses yeux! Vous pourrez donc tenter de reconnaître le regard pétillant et la voix brûlée d’Olivia Ruiz, les répliques glaciales de Grand Corps Malade (qui incarne le cruel Joe) ou les sonorités chaudes et réconfortantes de Jean Rochefort qui s’est aussi fait voler ses moustaches par l’ingénieux Méliès!
La bande son du film est déjà connue du grand public car les refrains proviennent de l’album du groupe Dionysos sorti en 2007. Chantés en français, anglais et espagnol, ces opus oscillants entre le rock et la chanson andalouse confèrent à cette histoire un dynamisme en boucle qui n’altère en rien sa permanente mélancolie. Ce conte contemporain est en effet enveloppé de spleen et d’une tristesse sourde qui pourraient déplaire à certains enfants. Par delà l’intelligence des dialogues, on y devine une réelle réflexion sur le rapport à la différence ou sur la fragilité même de l’existence. Ces thèmes se noient élégamment derrière l’esthétique imaginaire et la très grande poésie visuelle du film: en arrière plan de l’histoire d’amour entre Jack et Miss Acacia, attachez-vous aux détails du graphisme et des paysages. Vous y découvrirez des villes fantomatiques, des arbres à plumes bleues, des contrebasses en guise de cheminée, de longs trains aux wagons en accordéon ou même un orgue de barbarie prenant son envol comme une montgolfière. L’ensemble du récit fourmille de petits clins d’œil et de métaphores à l’exemple de ces épines d’acacia qui poussent à chaque fois que la dulcinée de Jack prend peur.
Jack et son cœur grand comme une horloge ? Une mécanique parfaitement huilée qui carillonne d’émotions!

Jack et la mécanique du cœur
Réalisé par Mathias Malzieu et Stéphane Berla
D’après l’ouvrage « La mécanique du cœur » de Mathias Malzieu et Nicoletta Ceccoli parue chez Flammarion en 2007
Avec les voix de : Mathias Malzieu, Olivia Ruiz, Grand Corps Malade, Jean Rochefort, Arthur H, Rossy de Palma
Produit par Virginie Besson-Silla


Le 5 février 2014 au cinéma


Jack et la mécanique du cœur
Jack et la mécanique du cœur Bande-annonce VF

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