Bojan Z - Soul Shelter - Photo

Bojan Z : un jazz à la confluence de la passion et des influences

Par Nicolas Vidal –bscnews.fr / BOJAN Z est un artiste à la croisée des influences et de l’exigence. Rien n’est laissé au hasard chez cet artiste hors norme. Tout est bon pour jouer, créer, concevoir et composer. Le Jazz est pour lui une source formidable d’échanges et de rencontres. Son nouvel album est une fois de plus la preuve de son talent considérable qui prend sa source dans le sillon fertile de son incroyable inventivité.

propos recueillis par

Bojan Z, vous sortez d’une année faste avec le titre d’artiste de l’année par les Victoires du Jazz. Comment avez-vous abordé 2013 avec ce nouvel album Soul Shelter ?
L’année avait commencé par une restructuration de mon environnement professionnel, c’est-à-dire un changement d’agent et de tourneur. Je souhaitais m’entourer des gens avec qui je puis être en phase pour mieux aborder l’avenir. Cela fait du bien, même si cela comporte toujours des risques de changer !

Vous avez joué dans de nombreuses formations afin de parfaire votre propre chemin musical. Quelle est la chose la plus importante que vous ont apprise ces multiples collaborations ?
J’ai appris à rester ouvert et à l’écoute. Cette musique se nourrit des échanges musicaux avec les autres musiciens. Pour moi, c’est, de loin, l’aspect le plus important dans le jazz : être poussé et stimulé par ses collègues.

Qu’est-ce qui vous a poussé à collaborer avec des artistes très différents et issus d’horizons variés ?
La soif de la découverte et de découvrir des terrains inconnus. Car ce qui me donne envie de continuer, c’est cette idée qu’il y a des choses nouvelles à découvrir, et qu’il faut aborder le jazz par des côtés inexplorés.

Comment définiriez-vous le «soul shelter» ?
Un état, ou un endroit où l’on s’abrite afin de mieux piocher à l’intérieur de soi-même, pour y trouver l’essentiel, ce quelque chose de pur, non pollué par le quotidien, la routine ni les mensonges des médias…

Pouvez-vous nous parler de la place de la musique dans votre enfance ?
Chez moi, des gens jouaient et écoutaient la musique. Et cela m’a fait grandir dans l’idée que faire de la musique et jouer d’un ou de plusieurs instruments était la chose la plus normale du monde et que cela faisait partie des activités que l’on partage avec ses proches. Cela était comme une partie de l’éducation générale, comme, par exemple (re)connaitre les grands peintres, ou les écrivains célèbres… Du coup mon frère est également musicien et peintre.

Quelle est la part que jouent les Balkans dans votre travail ?
Disons que mes origines peuvent paraître évidentes en écoutant ma musique, mais plutôt que de continuer à leur rendre directement hommage, comme je l’ai fait à mes débuts, cette sonorité balkanique, si particulière, cohabite dans ma tête (et mes doigts) avec toutes les autres influences, qui sont nombreuses…

Votre carrière est jalonnée de succès et de nominations. Si vous deviez n’en citer qu’un, quel serait-il ?
Ce serait pour le prix le Prix Hans Koller du meilleur musicien de jazz européen en 2005 pour lequel la concurrence a été la plus rude… en plus il y avait pas mal d’argent..

Si vous deviez définir ce nouvel album dans votre carrière, que diriez-vous ?
Mon premier album solo «Solobsession» correspondait à la période où je me séparais d’une vie dans laquelle je n’étais pas moi-même. Cependant «Soul Shelter» renforce d’une certaine manière cette quête vers mon identité. Il raconte quelques années de ma vie, les observations et les obsessions de ces moments. Cependant, ma carrière n’est que la conséquence de cette activité, pas un but en soi..

Que représente le passage aux albums solos dans votre carrière ?
Je ne dirai pas que je suis passé aux albums solos, car simultanément, je continue mes activités en groupe, soit en tant que leader ou en tant que sideman. Il n’y a rien de mieux que de se retrouver avec les amis sur scène, après une période des concerts en solo…

Vous avez dit que c’est au cours de vos nombreux concerts en solo que «les choses viennent et les idées s’accumulent». Comment cela se retranscrit-il ? Est-ce que cela tient de l’inspiration ou de quelque chose de plus technique dans votre jeu ?
Chaque lieu, chaque instrument peuvent inspirer les idées, les mélodies ou des combinaisons des sons. J’ai plusieurs moyens d’enregistrer ou de noter les idées quand elles viennent, soit le téléphone, ou un autre enregistreur, plutôt que de noter cela sur du papier à musique. Car l’inspiration du moment comporte une énergie très spécifique, qu’il faut essayer de garder dans le développement de cette idée. Parfois ce sont des exercices techniques qui me viennent, aussi.

Où pourra-t-on vous voir prochainement en concert, Bojan Z ?
le 17/10 en duo avec Michel Portal à Beauvais
du 18 au 24/10 tournée Angleterre avec Amira, y compris à Womex,
le 25/10 à Gliwice, en Pologne en duo avec Paolo Fresu
le 31/10 à l’auditorium de Bordeaux avec Michel Portal, Daniel Humair et Bruno Chevillon
le 2/11 à Pontarlier en solo
le 6/11 à Paris en ouverture du festival Jazzycolors
le 7/11 à Marseille en solo
le 8/11 à Zagreb au festival de jazz avec Amira
le 9 et 10/11 à Strasbourg pour masterclass et duo avec Nils Wogram
le 19/11 à Cugnaux en solo
le 22 à Saint Maur en solo
le 24/11 à Sceaux en trio
le 28/11 aux Herbiers en solo

> Bojan Z – Soul Shelter ( Universal ) ( crédit photo Ziha Gafic)

> Le site officiel de Bojan Z

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