margaux motin

La techtonique des plaques : un auto-portrait tordant entre humour corrosif et tendresse

Par Julie Cadilhac – bscnews.fr/ Après J’aurais adoré être ethnologue et La théorie de la contorsion aux Editions Marabout, la blagueuse et illustratrice Margaux Motin revient avec La tectonique des plaques mais chez Delcourt cette fois… et ça secoue! Adepte du franc-parler et des confessions en toute transparence, elle y aborde toutes les misères et splendeurs quotidiennes d’une trentenaire « just divorced » et maman d’une adorable petite princesse. Entre humour corrosif et tendresse, Margaux Motin fait l’auto-portrait tordant de la nouvelle génération des célibataires avec enfant(s). Un album léger et drôle où les responsabilités de grandes personnes riment avec sexe, amour et rock n’roll….et ça fait du bien!

propos recueillis par

En 2011/2012, vous aviez 33 ans…. Certains disent que lorsqu’on atteint l’âge du Christ, on vit des bouleversements dans sa vie… On y est tout à fait là…
Oui mais c’est connu, c’est dans la Bible, la constitution, la Déclaration des droits de l’homme, le Code pénal, et tous les bons horoscopes: à 33 ans tu passes un cap, aucun retour en arrière possible. Tu vas mourir et renaître, en plus vieille, plus fatiguée, mais plus détendue du slip.

Raconter sa vie, même si on l’édulcore de détails fantaisistes, ne donne pas parfois l’impression d’en être dépossédé(e)?
Non non, je suis une grande maniaque, tout est parfaitement compartimenté, rien ne m’échappe que je n’ai pas laissé filer.

C’est un album qui offre de nombreuses parenthèses poétiques : s’il fallait citer un poète, lequel serait-ce? et Un vers (ou deux )?
Paul Eluard.  » À jamais sur terre, tout remue et chante, change et prend plaisir »

La poésie est-elle un genre littéraire dans lequel vous plongez en temps de crise?…Où est-ce simplement dans les mots de certains poètes que vous trouvez la meilleure façon d’exprimer ce que vous ressentez?
Ni l’un ni l’autre, ou les deux à la fois. J’ai toujours eu des recueils de poésie, j’ai toujours aimé ça. À la maison on s’entraîne à parler en rimes. Ça a plus d’allure.

Votre personnage est une somme de paradoxes charmants : vous vous jugez dans la normale ou votre nature d’artiste multiplie votre coefficient de contradiction selon vous?
Oui, mais non.

Célibataire et en couple : deux statuts que vous opposez….Le passage de l’un à l’autre produit-il une amnésie selon vous?
Un black out total même. J’oublie tout, c’est un lendemain de cuite à chaque fois. Mais c’est une chance. Ma capacité à oublier le passé me permet de toujours croire au présent.

La tectonique des plaques, c’est un euphémisme pour qualifier toutes les pressions auxquelles est soumise une maman célibataire 24h sur 24?
Pas tant que ça. La tectonique des plaques c’est surtout le changement, le grand mouvement qu’il faut accepter de suivre en lâchant prise, en arrêtant de vouloir tout contrôler, en laissant tomber ce besoin auto imposé de supporter les pressions. C’est quand mon personnage accepte de dériver avec ses continents qu’elle arrête de subir la pression.

Au fait, c’est quoi la journée idéale de Margaux Motin? Comment mettez-vous votre tectonique en veille?
En l’écoutant au contraire. Je suis maintenant très à l’écoute de ma nature profonde. Et ma nature profonde c’est Hakuna Matata. On va y aller tranquille, pas se mettre trop la pression, donner le meilleur de soi-même dans des conditions de plaisir optimales pour une bonne et belle vie de kiffe.

La culpabilité – notamment vis-à-vis de votre statut de mère – est un sentiment qui anime souvent les pages de votre album… Avez-vous lu le guide du mauvais père de Guy Delisle? L’auteur de bd est-il particulièrement angoissé d’être un mauvais parent du fait de son statut d’artiste qui le catégorie souvent comme un adulte rebelle à l’idée de grandir?
Non je ne l’ai pas lu. La culpabilité, moi, c’est surtout ce qui me tombe dessus quand je me fixe des objectifs surréalistes et que bien entendu je ne les atteins pas. Depuis que j’ai accepté que parfois je suis une mère en or, parfois une ado attardée, parfois une gosse de 5 ans, le tout parfois dans la même journée, et que j’arrête de vouloir coller à l’image que les autres, même ma fille, se font de moi, et bien je vais VACHEMENT MIEUX merci.

Enfin… que souhaiter à Margaux en 2013 ? un mariage, un autre bambin, de nouvelles aventures éditoriales?
Une maison au milieu des arbres et des oiseaux pour mettre toute ma famille recomposée dedans, et l’envie, l’envie d’avoir toujours envie.

> Le lien du blog de Margaux Motin: http://margauxmotin.typepad.fr

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