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L’Univers à l’échelle : l’infiniment grand et l’infiniment petit

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Par Sophie Sendra –bscnews.fr / Lorsqu’on regarde les différentes recherches en astrophysique, on est tenté de penser que ce qui est à observer, ce qui est trouvé, est aussi éloigné de la fourmi qu’est l’être humain à l’échelle de l’univers. Si difficile soit-il, un rapprochement est possible entre l’infiniment grand et l’infiniment petit.

Ainsi, en lisant le dernier Magazine La Recherche (n°471) consacré aux 10 plus belles découvertes de l’année et les grands rendez-vous de la science en 2013, je ne pouvais m’empêcher d’être perturbée par les ondes -bonnes ou mauvaises là n’est pas la question- d’une affaire de « petits mots » qui se termine en échanges de Lettres. Quel est le rapport entre l’astrophysique et le genre littéraire préféré de Choderlos de Laclos ? Peut-être faut-il ici une explication.

Lorsque le trou noir fut
En me penchant sur le Magazine La Recherche, m’intéressant à l’astrophysique, je lus avec enthousiasme l’article consacré au « futur repas d’un trou noir » écrit par Lise Loumé.On y apprend que dès septembre 2013 un trou noir nommé « Sagittarius A » va aspirer un nuage de gaz dont la masse est 3 fois supérieure à notre bonne vieille terre. Son repas fait, le trou noir nous livrera peut-être enfin, les secrets d’un phénomène qui jusqu’ici ne fait qu’alimenter (sans jeu de mots) des théories diverses. Ce que nous savons en revanche, c’est que ce trou noir très proche de notre planète est, je cite, « pauvre en matière ».En dehors de cette découverte majeure qui réjouit, semble-t-il, Stefan Gillesen de l’Institut Max Planck, qu’apprenons-nous d’autre ? « Qu’au fur et à mesure que ce nuage de gaz s’approchera du trou noir, il devrait émettre des rayons x (…) avant de se disloquer entièrement et de disparaître ». Ce que commente Stefan Gillesen en nous précisant que cette observation nous permettra, à terme, « d’apprendre beaucoup sur le mouvement de la matière autour d’un trou noir et sur la manière dont celui-ci l’aspire ».Ceux qui ne sont pas versés dans l’astrophysique peuvent se demander quel est le lien qui unit cette découverte et Choderlos de Laclos, le genre épistolaire, les trous noirs.

Lorsque la lettre fut

Pour répondre à cette question, il faut revenir en arrière, au début de mon article. Je parlais d’une « perturbation », « d’ondes », qui venaient quelque peu « ternir » ma lecture sereine.Pour ceux qui me découvriraient ici je dois préciser qu’il m’arrive de publier des correspondances faites avec des écrivains, des réalisateurs, des comédiens qui répondent à mes lettres avec beaucoup d’entrains et de gentillesse. Ce projet a pour but de relancer un genre littéraire mis à l’honneur par Choderlos de Laclos au XVIII° siècle, et qui malheureusement, est oublié au profit des textos, twitts et autres « caractères » rapides.Le genre épistolaire permet d’en dire plus, de lire des pensées profondes et personnelles, de découvrir des personnages célèbres. En relançant ce genre, je ne pensais pas être copiée, plagiée. Choderlos de Laclos a eu ce génie de pouvoir publier en 1782, une correspondance abondante entre plusieurs personnages qui ne se répondent pas de manière linéaire. Ainsi dans les Liaisons dangereuses, La marquise de Merteuil répond à Cécile de Volanges, lorsque celle-ci répond, par la suite, au vicomte de Valmont. Faisant ainsi se croiser des lettres et des épistoliers.Même si cette façon non-linéaire de présenter une longue suite de lettres, doit demander au lecteur un moment pour repérer les personnages, cette correspondance met en avant ce qu’on appelait la « rouerie » c’est-à-dire, la façon de manipuler les individus pour son propre compte, pour les duper, pour obtenir quelque chose. En dehors de cette histoire de la littérature, quel est le rapport avec l’astrophysique ?Toujours pas trouvé ?

Et que la lumière fut

Voici quelques semaines déjà que la presse écrite publie des lettres. Des personnages s’écrivent et se répondent via les grands noms de cette presse écrite qui joue les facteurs. Depardieu écrit à Ayrault pour un mauvais mot, Torreton écrit à Depardieu, Deneuve répond à Torreton, Line Renaud répond à Depardieu, Luchini répond à Torreton, Depardieu écrit à Poutine, Brigitte Bardot répond qu’elle envisage de faire comme Depardieu. Choderlos de Laclos a du génie et le sens du pathétique, il n’aurait pas fait mieux dans le fond, mais bien mieux dans la forme. L’épistolaire est à la mode, profitons en. L’évènement d’astrophysique qui veut montrer le « repas futur d’un trou noir » ? C’est très certainement là que se porte l’infiniment grand.L’infiniment petit consiste peut-être à déterminer la grande Russie comme une « grande démocratie », à expliquer qu’il n’y a pas de pensée unique dans la presse moscovite, « qu’il n’y a pas de mesquinerie en Russie, il n’y a que des grands sentiments ». Pangloss, dans Candide ou l’optimisme de Voltaire, n’aurait pas fait mieux en terme d’arguments pour expliquer l’existence du « meilleur des mondes possibles ». La rouerie est un art que défendait le vicomte de Valmont dans les Liaisons de Laclos, elle n’est pas donnée à tout le monde. Le trou noir « super-massif » vers lequel se rapproche le « nuage de matière » semble être observable à l’œil nu. Les rayons x qu’il émet montre la dérive d’un grand homme, immense acteur, celui du Cyrano de Bergerac de 1990 réalisé par Jean-Paul Rappeneau. A l’approche du trou noir, ce nuage dans le ciel du cinéma, devrait se « disloquer entièrement et disparaître ». C’est l’apprentissage que nous devrons tirer de cet événement, celui qui nous fera observer « beaucoup sur le mouvement de la matière autour d’un trou noir et la manière dont celui-ci l’aspire ».

S’il fallait conclure
L’astrophysique, le genre épistolaire, que d’aventures en 2013 ! En espérant que la rouerie n’aspirera pas tous les hommes de bonne volonté, les talents qui devraient amener notre planète vers une expansion de l’intelligence, comme il existe l’expansion de l’univers et non vers une aspiration, vers un trou noir, celui de la perte de soi. Regardez le ciel semble moins risqué que de regarder son nombril. Regardons les étoiles et observons l’infiniment grand et non l’infiniment petit, curieusement on s’y perd moins.

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