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De bonnes idées de lecture au printemps

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Par Emmanuelle de Boysson – bscnews.fr / Albin Michel a eu la bonne idée de rééditer, à l’occasion du cinquantenaire de la mort de Pierre Benoît, trois de ses grands romans : « La châtelaine du Liban » préfacé par Amélie Nothomb, « Mademoiselle de la Ferté », préfacé par Eric-Emmanuel Schmitt et « Axelle », préfacé par Frédéric Vitoux. Gérard de Cortanze retrace le parcours chaotique de ce romancier, auteur de 43 romans, dans une biographie : « Pierre Benoît, le romancier paradoxal ». Le 4 avril, la SGDL organisera une soirée en l’honneur de ce romancier qui devint son président en 1929.

Historienne et chercheur au CNRS, Evelyne Lever publie « Le temps des illusions. Chronique de la Cour et de la Ville » (Fayard). A la façon des Mémoires, Evelyne Lever, raconte la passage de la Cour du Roi Soleil à celle des Lumières. Celui d’un monde mortifère, fermé et dévot qui fut celui des dernières années du règne de Louis XIV à l’explosion d’une bourgeoisie férue de sciences et d’idées nouvelles. Si Philippe d’Orléans revient à Versailles, la vie culturelle et intellectuelle se passe à Paris. Dans les cafés, les salons de madame Lambert, de madame de Tencin ou plus tard, ceux de Melle du Deffand. On y croise Montesquieu, Voltaire ou Diderot. On se laisse aller à la douceur de vivre de ce temps qui, sournoisement, prépara la révolution. De l’éclipse du Soleil à la révolution de Palais, l’historienne nous entraîne dans toutes les aventures de cette époque : la conspiration de la duchesse du Maine, les secrets d’Etat et intrigues d’alcôves, Cartouche et sa bande… Passionnant.
Dominique Bona évoque le destin de « Deux sœurs », (Grasset), les sœurs Rouart. Peintes par Renoir, au piano, elles sont aussi mythiques que les Danseuses de Degas. Fille du peintre et collectionneur, Henry Lerolle, Yvonne et Christine ont grandi parmi des artistes : Renoir, Degas, Debussy, Claudel, Gide et Mallarmé. Mariées aux frères Eugène et Louis Rouart, elles ne furent pas heureuses. Une vraie tragédie. Dominique Bona fait revivre le monde des hôtels particuliers et des artistes avec l’art des détails et le talent de conteuse qu’on lui connaît.
Elle fut lancée par « Corps de jeune fille » (1986), Elisabeth Barillé est un écrivain rare, exigeant. Partie sur les traces des son grand-père paternel, originaire de Russie, elle évoque aussi la vie et l’œuvre de Lou Andreas-Salomé. Entreprend le voyage que celle-ci fit avec Rilke de Saint-Pétersbourg à la Volga jusqu’à Koursk. A l’issue d’une longue enquête, elle dénouera l’écheveau de la légende familiale. Elisabeth Barillé a voulu désapprendre, « voir, frôler, explorer, sentir, flairer les traces, retrouver l’enfant ». Elle nous communique sa passion pour ce pays, qui, aujourd’hui, risque de perdre son âme. « Une légende russe » (Grasset).
1954. Etats-Unis. Un vieil homme se fait renverser par une voiture. Refusant la thèse de l’accident, ses filles se penchent sur le trouble passé de leur mère, Ethel Proudlock. Une Anglaise de Malaisie accusée autrefois du meurtre de son amant et condamnée à mort par le sultan de Selangor, avant d’être graciée. Cette quête de vérité nous conduit dans les coulisses de la bonne société anglaise de l’Empire des Indes à la côte Est des années Kennedy. Grâce à ses recherches, l’auteur des « Sacrifiées » (Belfond), Juliette Morillot reconstruit avec brio la vie d’Ethel Proudlock, meurtrière britannique, amoureuse vénéneuse et cruelle. Une intrigue implacable.
Avec ses rouflaquettes et sa canne, Henry Le Bal, le breton, écrivain- dramaturge atypique, ressemble à une barde. Passionné du monde des îles, il en explore depuis des années les contours poétiques à travers ses recherches sur « l’île ultime ». Sa démarche ? Partir d’un thème et en donner deux versions,  romanesque et théâtrale. Ses pièces sont jouées par sa troupe. Dans « Naamah » (L’âge d’homme), son dernier opus, il crée une légende. Celle d’une femme sublime qui inspira les grands peintres du début du siècle. Le roman est écrit sous forme de journal. Sur une île, un voisin de Naamah, collectionneur d’oiseaux empaillés, raconte la tempête qui cause le naufrage d’un pétrolier géant, la marée noire qui s’en suit. Le déluge. Le nom de Naamah n’est pas anodin : des traditions l’ont donné à la femme de Noé, même si la Bible ne l’a jamais mentionné. De la poésie, du souffle, de l’imagination, une langue puissante qui emporte tout. Une légende. Isabelle Le Bal, l’épouse d’Henry, organise le festival des îles insulaires qui a lieu fin août à l’île d’Ouessant. Un grand moment : ragoût dans les mottes, défilés en costumes, kilt et cornemuse. Des prix d’auteurs des îles ou écrivant sur les îles y sont donnés.
Pour finir, un polar bien ficelé de Jean de la Moussaye : « Opération Damoclès » (édition du Petit véhicule). Antoine Brizon, journaliste d’investigation depuis un an, enquête sur la culture hip hop qui s’exprime illégalement dans le métro. Lorsque les Services secrets ont vent de menaces d’attentats, l’affaire se corse. Antoine pourra-t-il glaner des renseignements auprès des jeunes gens qu’il côtoie afin d’éviter le drame ?

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