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Kris Lewis

Kris Lewis : un illustrateur américain aux regards attirants

Interview de Kris Lewis– Propos recueillis par Julie CadilhacPUTSCH.MEDIA ( Traduction de l’américain par Candice Nicolas)/ Voilà l’occasion de se réjouir des progrès technologiques: qui, en effet, aurait pu imaginer, jusqu’au début des années cinquante, pouvoir balader à l’envi ses yeux sur des oeuvres créées dans le monde entier en quelques clics? Au gré des pérégrinations des souris, Internet donne l’opportunité de rencontres artistiques passionnantes. Kris Lewis est un de ces heureux hasards. Il vit à Los Angeles et enchante la toile de ses toiles.

propos recueillis par

Après avoir grandi au New Jersey, il a étudié à l’université des Arts de Philadelphie et s’est spécialisé en illustration. Ses tableaux, qui ont fait l’objet de nombreuses expositions, sont d’un réalisme troublant et offrent des portraits d’une intensité incroyable. Jeux de regards, choix des détails, voici quelques secrets de son art: www.krislewisart.com

En un mot, comment qualifieriez-vous votre art ?

Engageant.

Sur quels supports travaillez-vous ? Avec quelles matières et quels outils?

Je fais de la peinture à l’huile… Je préfère des marques comme Sennelier, Old Holland, et Winsor&Newton. Je ne privilégie pas une technique en particulier. Je préfère la peinture sur bois et mes pinceaux sont généralement de petits pinceaux langue de chat synthétiques.

On doit vous dire souvent que votre trait est si fin et si précis que l’on a l’impression d’être face à une photographie. Cherchez-vous à imiter au plus précis le réel?

Je peins de manière réaliste, mais ce n’est pas mon intention de faire de la photo-réalité. Les légères distorsions des visagesRose et de ma palette de couleurs ne sont pas très réalistes lorsqu’on les compare à ce qui se trouve en face de moi.

D’ailleurs, parfois vos décors semblent plantés comme des décors de carton-pâte… comme dans Intrepid Drift et cela renforce l’impression que l’on est face à une photographie, non?

En effet, mes arrangements s’inspirent du style des vieilles photographies, en termes de mise en scène.

On dit souvent que le regard est le reflet de l’âme. Vos toiles semblent se construire autour des regards de vos personnages. Le regard est-il une fenêtre sur l’intime qui vous fascine ?

Oui, je pense que ce qui se dégage de mon travail est avant tout mis en place par l’interaction entre le public et le sujet, et cela commence avec le regard. J’espère que le public expérimentera cette vibration et cette reconnaissance qui s’éprouvent quand deux personnes se rencontrent, les yeux dans les yeux. Mais avec un sujet peint, le public est plus libre d’interpréter à sa guise cette interaction.

Si les visages sont réalistes, les décors semblent appartenir davantage au fantasme et à l’imaginaire : diriez-vous que vos créatures se dévoilent ou se mettent en scène ?

Généralement, le sujet est l’intérêt central de l’œuvre, et l’arrière-plan est là pour soutenir le sujet et l’émotion générale que ce sujet transmet.

Ce regard qui accroche dans vos toiles ….souhaite rendre le spectateur plus actif ?

Les regards et expressions sont supposés attirer le public à l’intérieur même du tableau et de l’univers de son sujet. Les yeux du sujet attirent l’attention du public… et une fois cette connexion établie, l’attention est portée sur le reste de l’œuvre et sur l’environnement du sujet, le tout dans un mouvement circulaire.

Intrepid DrifLos Angeles est-elle une ville idéale pour les artistes ?

Je pense que Los Angeles est une ville idéale pour un artiste, grâce à sa diversité culturelle et topographique, mais cela ne veut pas dire que cette ville est mieux qu’une autre. En tant qu’artiste, il est essentiel de trouver l’inspiration, où que vous vous trouviez. Vous ne pouvez pas attendre que votre environnement, au travail ou à la maison, vous fournisse toutes les réponses ! Quelquefois, c’est à vous d’explorer votre entourage et de chercher activement l’inspiration tout autour de vous.

Quelles sont vos références picturales? Si vous deviez faire le portrait d’un peintre célèbre, lequel serait-ce et pourquoi?

J’utilise à la fois des modèles et de photographies comme références. Si je devais faire le portrait d’un peintre célèbre, ce serait celui de Mark Rothko. J’admire ses peintures et l’émotion qui se dégage d’un travail pourtant minimaliste. Je pense qu’il serait un sujet intéressant étant donné son génie en tant que peintre et sa souffrance en tant qu’être humain.

Si vous deviez faire vôtre la technique d’un peintre célèbre, laquelle serait-ce et pourquoi ?

Il est difficile d’en choisir une seule, mais pour son jeu entre techniques et transmission d’émotions, je choisirais Andrew Wyeth. Même s’il utilisait des méthodes différentes des miennes, son coup de pinceau maitrise mille expressions dans un travail très concentré.

Des portraits de femmes ou d’enfants essentiellement… presque pas d’hommes…est-ce parce que vous aimez peindre la fragilité des êtres ?

Oui, je pense qu’il y a toute une palette d’émotions que je peux transmettre en peignant ces portraits.

La mer est un décor souvent présent: pourquoi ?

Je peins souvent des paysages marins pour un certain nombre de raisons mais principalement à cause de la force que la mer a par rapport aux hommes. Mettre en scène un personnage dans un environnement si écrasant met notre fragilité et humanité en perspective avec les forces de la nature.

Toutes les sirènes qui peuplent votre œuvre picturale ont-elles le visage de vraies femmes assises face à vousKris Lewis painting lors de séances de poses ou puisez-vous essentiellement dans votre imagination ?

Je combine le travail avec de vrais modèles et une sélection de «distorsions» de mes propres dessins.

Le décor et le personnage naissent-ils en même temps ?

En général, je ne m’occupe de l’arrière plan qu’une fois le personnage et son rôle définis. L’émotion et l’objectif du personnage sont la base de la création et aident à la mise en scène.

Quel est le moment que vous préférez dans la création d’une toile ?

C’est facile : la fin !

La plupart de vos tableaux ont été faits à la peinture à l’huile sur bois. Quelles contraintes et quels avantages apportent ce support ?

L’avantage principal pour moi est la surface lisse du bois. Les contraintes de la peinture à l’huile sont relatives aux différents temps de séchage de certains pigments – quelquefois je suis obligé d’attendre que le pigment obtienne la parfaite viscosité, selon ce que je recherche.

Vous ne dessinez pas des profils communs, chaque visage a une personnalité marquée… il semblerait notamment que les nez soient une partie du visage que vous travaillez tout particulièrement et aucun nez n’est identique, je me trompe ?

La seule chose qui reste uniforme dans mes peintures, est la manière dont je peins les yeux – tout le reste est plus ou moins guidé par le modèle utilisé. Et non, vous ne vous trompez pas, aucun nez n’est le même !

Enfin, vous exposez aux Etats-Unis….vous avez exposé à Rome aussi…quand peut-on espérer voir votre travail exposé en France?

Très bientôt j’espère! La France est un des pays que j’aimerais visiter et où j’aimerais vivre. J’ai tellement hâte d’explorer votre magnifique pays !

Dans l’ordre des illustrations de Kris Lewis:

1.Rose

2.Intrepid Drift

3.Promise Broken

Il vous reste

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