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Anny Romand : une saison de Nobel

Par Sophie Sendra –bscnews.fr / Une Saison de Nobel – Du 29 Avril au 1er Mai au Grand Palais à Paris – Relation Épistolaire avec Anny Romand – Organisatrice de la Manifestation – Le 21 mars 2011 Chère Madame Anny Romand,
Je vous écris afin d’en savoir plus sur la manifestation « Une Saison de Nobel […]

propos recueillis par

Par Sophie Sendra –bscnews.fr / Une Saison de Nobel – Du 29 Avril au 1er Mai au Grand Palais à Paris – Relation Épistolaire avec Anny Romand – Organisatrice de la Manifestation –
Le 21 mars 2011
Chère Madame Anny Romand,
Je vous écris afin d’en savoir plus sur la manifestation « Une Saison de Nobel ». Je crois que cela fait partie du Salon du livre Ancien, de l’Estampe et du Dessin (du 29 avril au 1er mai 2011 au Grand Palais). 
Pourquoi « Une Saison de Nobel » au sein de ce Salon ?
De plus, la philosophe que je suis se pose forcément la question de savoir si les textes présentés sont en rapport avec le thème « Politiquement correct ? » du Salon lui-même.
D’ailleurs pourquoi cette question car celle qui se pose en général c’est de savoir si c’est au contraire « politiquement incorrect ».
Pouvez-vous m’en dire un peu plus ?
 Bien à vous,
Sophie Sendra

Le 28 mars 2011
Chère Sophie Sendra,
Je réponds à vos interrogations à propos de la présence d’Une saison de Nobel au Salon du Livre Ancien et du thème Politiquement in/correct. C’est le fruit du hasard et de la nécessité de trouver un lieu pour cette Saison en cette saison. Le choix s’est porté sur ce Salon qui, de la même façon que les Prix Nobel de Littérature, allie l’Ancien et le Moderne, dans la littérature sans cesse renouvelée et enrichie par le passé avec le présent.
Le thème est très intéressant mais n’a rien à voir avec la décision d’être au sein de ce Salon. Mais bien sûr, en y réfléchissant, ces auteurs lauréats d’un Prix Nobel de littérature ont souvent su ou dû, être politiquement incorrects. N’est-ce pas l’apanage de la vie, sous toutes ses formes, d’être incorrecte pour progresser, se transformer et survivre ?
Merci de votre attention.
Bien à vous,
AR

Le 30 mars 2011
Chère Madame Romand,
Ce que vous dites sur l’Ancien et le Moderne est intéressant, mais le Nobel semble toujours attribué à des auteurs « confirmés ». Peut-on retrouver une certaine modernité dans des ouvrages anciens ? A l’inverse, on peut même considérer parfois que ces auteurs « confirmés » sont plus modernes que les jeunes auteurs contemporains. 
Peut-être un peu visionnaires sur la nature humaine. 
La jeunesse de certains auteurs est sans doute ce qui empêche leur écriture d’accéder à cette nature.
Pouvez-vous me dire quels seront les « Lauréats » de cette lecture de Saison ? J’ai entendu dire aussi qu’il y aura des lecteurs un peu « particuliers » pour cet événement.
Enfin, selon vous, quel serait l’auteur le plus emblématique des Nobel de Littérature, ou celui (ou celle) qui est le plus symbolique ? Et pourquoi ?
Vous aussi, en tant que partie prenante dans cet événement, vous devez avoir vos préférences.
Bien à vous,
Sophie Sendra

Le 02 avril 2011
Chère Sophie Sendra,
Cette année au Grand Palais, nous honorerons, Harry Martinson, Winston Churchill, Albert Camus, Isaac Bashevis Singer, Mario Vargas Llosa et Gao XingJian en sa présence.
Denis Podalydès lira « Le premier homme » roman qui se trouvait dans la poche de Camus à sa mort. Il a interprété en 2010 Camus dans ce roman dans un film italien encore inédit. Étrange coïncidence ! Florence Colombani, réalisatrice et essayiste et Anne Prouteau secrétaire des Études Camusiennes nous le présenteront.
Michael Lonsdale que nous espérons pour lire Churchill en compagnie de François Kersaudy, auteur de sa merveilleuse biographie chez Tallandier.
Elena Balzamo qui a reçu les insignes d’officier de l’Ordre Royal de l’Étoile Polaire décernés par Sa Majesté le Roi de Suède en mars dernier pour sa contribution à faire connaître la littérature suédoise en France, nous présentera en compagnie de Philippe Bouquet, ce très bel auteur suédois méconnu en France, Harry Martinson. Que nous lirons en français et en suédois accompagnés par une violoncelliste suédoise, Kerstin Elmqvist.
Gao Xingjian nous fait l’honneur de sa présence et nous lirons, Alain Doutey et moi même, sa pièce à deux personnages enfermés dans un musée d’Art contemporain, « Le quêteur de la mort ». C’est Aliette Armel, romancière qui dialoguera avec lui.
Les éditions Stock sortent des nouvelles inédites de Singer « Les Aventures d’un idéaliste ». Florence Noiville, romancière, journaliste au Monde, auteur de sa formidable biographie, nous le présentera en compagnie d’invités surprise.
Stéphane Michaud, lui, a travaillé avec Mario Vargas Llosa et ont publié « De Flora Tristan à Mario Vargas Llosa deux siècles de relations Europe latine Amérique Latine ». Il nous tracera son parcours et évoquera son œuvre.Il me semble difficile de choisir un auteur parmi tous ces génies venus de tous ces pays. Ce que je dis souvent à ceux qui s’inquiètent du choix d’un auteur, pour « commencer » à lire, parmi ceux dont nous disposons en librairie, à la bibliothèque, « Demandez un Prix Nobel, choisissez comme vous le ressentez, il vous plaira puisque vous l’avez soupesé, regardé, considéré, vu ».
Bien à vous,
Anny Romand

Le 06 avril 2011
Bonsoir Madame,
(Puis-je vous appeler Anny ?)
Il est un peu tard, mais je profite d’un instant de « repos » pour vous répondre enfin.
J’ai bien lu votre dernière lettre et cette longue liste de noms prestigieux d’écrivains, de lecteurs et de comédiens semble inviter tout visiteur en quête d’ivresse de Mots et d’Émotions littéraires.
En vous lisant, je me suis posée quelques questions (encore quelques unes me direz-vous !).
Pourquoi n’y a-t-il pas de femmes dans cette liste d’auteurs prestigieux ? Des noms tels que Nadine Gordimer, Toni Morrison ou Doris Lessing, toutes trois Prix Nobel de Littérature.
Il n’y a pas de « féminisme rampant » dans ma question, mais juste une interrogation. Peut-être est-ce tout simplement un hasard après tout.
Je vois également que vous êtes impliquée directement dans ce grand moment. Comment vous préparez-vous pour cette lecture de la pièce de Gao Xingjian « Le quêteur de la mort »?
En présence de l’auteur, exercice un peu particulier j’imagine. Sans vous donnez de stress plus que vous ne devez l’avoir, c’est un travail d’acteur et de justesse. Ce genre d’ « exercice »
est un défis pour vous ? Une habitude (peut-être êtes-vous également comédienne) ?
Un plaisir ? Une Passion ? 
Plus qu’une simple lecture, c’est la Littérature vivante, présente, hors texte que vous célébrez.
Bien à vous,
Sophie Sendra
PS: Je viens de réaliser que beaucoup de gens pourrons découvrir des écrivains « nobelisez » qu’ils connaissent parfois sans même le savoir. 
Je pense notamment à Isaac Bashevis Singer pour sa nouvelle intitulée Yentl adaptée au cinéma par Barbra Streisand et qui obtint un très large succès à sa sortie en 1983.

Le 13 avril 2011
Chère Sophie Sendra,
Vous avez raison de me questionner sur l’absence de ces femmes Prix Nobel de Littérature, mais j’en ai parlé lors des Saisons précédentes. Il est vrai que c’est un pur hasard qui conduit aujourd’hui à ne pas avoir de femmes dans cette sélection, mais (car il y a un mais) les femmes sont dans les présentations des auteurs.
C’est vrai, je lis deux textes : Harry Martinson, « Il faut partir », roman poétique où chaque page nous prend, nous émeut, dans la simplicité qui est la sienne de décrire le vent, la neige, le soleil, les feuilles tendres et aussi la faim, la soif, la solitude de ce jeune garçon livré à lui-même. Roman autobiographique d’un homme qui n’a du aller que 10 semaines à l’école qu’il aimait pourtant beaucoup. Et la pièce de Gao XingJian, que je lis avec Alain Doutey, pièce joyeuse et terrible, un cri de la solitude et de l’incompréhension du monde qui ne tourne plus rond ! Bien sûr, je suis actrice et c’est mon amour de la lecture pour soi, pour comprendre le monde, à la recherche d’une vérité, des vérités des autres qui pourraient enfin nous dire ce que nous faisons là et pourquoi, qui m’a conduite à inventer Une saison de Nobel, entourée par des êtres chaleureux, valeureux et curieux.
En effet de nombreux auteurs ont vu leurs œuvres adaptées, José Saramago pour l’Aveuglement par exemple Cannes 2008, Plus ancien, « La charrette fantôme » chef d’œuvre de Victor Sjöström (1921) d’après « Le cocher » de Selma Lagerlof.
Le stress existe dès que nous ouvrons la porte à l’Autre. Mais ce stress peut aussi devenir l’amour, l’amitié et la joie.
Bien à vous,
Anny Romand

Le 18 avril 2011
Chère Anny,
 on peut voir dans cette réponse qu’un amour de la lecture, des textes, du jeu d’acteur et de l’ouverture à l’Autre prennent de la place dans votre démarche.
S’ouvrir à l’Autre c’est s’ouvrir au monde, et finalement ce que vous proposez dans cette Saison de Nobel c’est un tour du monde par les textes et les genres littéraires.
Avez-vous un message à faire passer à nos lecteurs, au travers de notre correspondance, afin qu’ils viennent nombreux pour Lire, Voir et Entendre ce qui leur sera donné ?
Enfin, un dernier mot.
J’ai aimé correspondre avec vous et cet échange me manquera.
Vous souhaitant de bonnes choses pour cet événement hors du commun.
Merci encore pour m’avoir donné un peu de votre temps.
Bien à vous,
Sophie

Le 19 avril 2011
Chère Sophie, la sagesse,

Se voir à travers les yeux de l’Autre, c’est ce que vous me renvoyez avec beaucoup de délicatesse.
Que dire à vos lecteurs pour qu’ils deviennent des spectateurs ?
Venez, vous serez rafraîchis, enrichis d’une vraie richesse, et vous partagerez des mondes avec d’autres comme vous, ouverts à la beauté de notre univers dont on veut nous faire croire qu’il est irrémédiablement moche. Tout dépend de nous, de notre curiosité et de notre générosité envers soi-même et envers les autres. Venez !
Merci, chère Sophie, de ce voyage que nous avons partagé. Vous voyez, nous pouvons voyager avec des inconnu(e)s. Avec l’Autre.
Bien à vous,
Anny

Tous mes remerciements à Anny Romand, pour ce qu’elle nous donne en partage.
Chapitre II
XXIII ème Salon du Livre Ancien, de l’Estampe et du Dessin 2011
Du 29 Avril au 1er Mai au Grand Palais à Paris

Politiquement correct ?
Au cœur de cette manifestation qui donne elle aussi à Lire et à voir, il est une question qui se fait jour : le politiquement correct est-il de mise quand on parle de peinture, de photographie, de films voire de livre ? Ou est-ce le politiquement incorrect qui domine ? On pourrait se dire que de nos jours la liberté d’expression est large notamment avec internet et les nouveaux médias. Mais est-ce vraiment le cas ? L’Art n’a t-il pas pour vocation de choquer, de bousculer, d’aller vers une « pensée unique » malgré lui ?
Retournons la question : est-ce devenu correct d’être incorrect ? Dire la Vérité est-ce correct ou incorrect ? Politiquement bien entendu. C’est sans doute les multiples questions que vous pourrez vous poser lors de cette manifestation qui aura lieu au Grand Palais à Paris. Comme le disait Jean-Luc Godard, « La photographie c’est la vérité, et le cinéma c’est la vérité vingt-quatre fois par seconde ». Au travers de différents instantanés, photos extraites de films tels que La dernière femme (Marco Ferreri, 1975), Cet obscur objet du désir (Luis Bunuel, 1977) ou encore de Tout va bien (J-L Godard et Jean-Pierre Gorin 1972), ce sont ces moments de vérités qui nous sont donnés. Peintures, couvertures de livres, affiches, petits mots plus incorrects les uns que les autres vous tendront les bras : The Insult Dictionnery, texte sur l’utilité du « supplice des criminels », Écrits, gravures et dessins condamnés, des petits mots amères ou cyniques de Jean Genet et tant d’autres choses incontournables.
Enfin, Est-il politiquement correct de célébrer Louis Ferdinand Céline ? Sera une question à poser à la Librairie Vignes, aux Libraires Associés et à la Librairie Jean-Étienne Huret qui publient un recueil de Céline exposé à cette occasion.

Chapitre III

Des clichés pour Voir
Si « l’Œil écoute » de Paul Claudel pouvait avoir une résonance et une réalité, elles auraient sans doute pris cette forme.
Tout a été dit sur la Blonde la plus célèbre des États-Unis. Tout a été écrit, publié, vu, décortiqué : sa vie (privée ou publique), ses films, ses écrits, ses relations (éphémères ou plus longues) mais rien n’est plus vrai que le silence parfois.
A l’occasion de la sortie d’Une Blonde à Manhattan d’Adrien Gombeaud, la Galerie de la Maison des États-Unis à Paris (du 31 mai au 07 octobre 2011), propose une exposition de photographies de Ed Feingersh. Portraits de Marilyn Monroe qui révèlent cette chose étrange, une Vérité de l’instant. Celle de cette actrice funambule, mais également des passants que l’on voit parfois détourner un regard interrogatif, surpris sur le quai d’une métro de New York. Intime, nature, simple, une femme telle que vous ne l’avez sans doute jamais vu. Il faut sans doute Entendre ces photographies silencieuses.
Et puis il y a le livre aux Editions du Serpent à Plumes qui paraît le 06 mai 2011. Adrien Gombeaud en rend la lecture, tour à tour passionnante et Historique. On se plonge facilement dans cette balade des années 50. Sans voyeurisme, sans excès mais toujours avec le mot juste pour décrire cet Art, celui de la photographie de Ed Feingersh. L’auteur inspiré montre avec poésie cette actrice qui ne joue plus et qui ne veut pas « être quelqu’un d’autre » (James Ellroy) à ce moment précis du cliché.
Ce livre est une dédicace tout en finesse à celle qui se posait la question de savoir pourquoi les gens « disent-ils toujours des choses fausses ? » à son sujet. Naïve ? Non, naturelle.
Marilyn est celle que vous connaissez, Norma Jeane est celle que vous allez découvrir au travers de ces pages et de ces photographies.
Il y aurait tant à dire, mais je terminerai par les mots d’Adrien Gombeaud, car à mon sens on ne peut pas dire mieux : « Les images de Marilyn endormie nous disent qu’elle n’est peut-être pas tout à fait morte. Elle ne s’est jamais réveillée ».

S’il fallait conclure
Ces trois chapitres vous ont donné, je l’espère, une envie irrépressible de Lire, de Voir et d’Entendre.
Vous pouvez tout aussi bien faire les trois à la fois puisque ces événements sont une ouverture vers ce qu’il y a de mieux : le Monde.
Au terme « mondialisation » je préfère celui d’Ensemble, car ce dernier est à la fois un Tout qui met en relation(s) des individualités, des unicités dans un seul but, le partage des Idées.

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