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Pierre Notte : l’univers singulier d’un comédien

Par Lauren Malka – BSCNEWS.FR / « L’homme, un loup pour l’homme ? Quelle rigolade !», s’exclame le loup. Car pour lui, l’homme est bien pire. Ce n’est pas Pierre Notte qui dira le contraire. Dans la pièce saisissante qu’il présente actuellement au Théâtre du Rond Point, « Et l’enfant sur le loup », c’est […]

propos recueillis par

Par Lauren Malka – BSCNEWS.FR / « L’homme, un loup pour l’homme ? Quelle rigolade !», s’exclame le loup. Car pour lui, l’homme est bien pire. Ce n’est pas Pierre Notte qui dira le contraire. Dans la pièce saisissante qu’il présente actuellement au Théâtre du Rond Point, « Et l’enfant sur le loup », c’est un enfant incestueux qui dévore le loup, ainsi que sa propre mère. A la frontière du fait divers et de la tragédie grecque, Pierre Notte opère une double prouesse : dire l’indicible, et le parfumer de l’humour, de la poésie et de l’enchantement propre aux plus inoubliables des contes de fées. Pierre Notte – retenez ce nom ! – nous parle de son univers si singulier et évoque ses projets.
Vous êtes l’auteur de la pièce dans laquelle vous jouez actuellement « Et l’enfant sur le loup », un fait divers terrible raconté comme une fable. Ne craignez-vous pas d’effrayer les enfants ?
Aucune raison de faire peur aux enfants : ici, ils sont vengés, enfin! C’est l’enfant, ici, qui dévore le loup, car le loup a cessé de lui faire peur. L’enfant affronte les monstres, joue avec eux, les dompte, les dresse. L’enfant, dans ce conte, est le plus fort. Et la pièce est née de cette nécessité d’aborder des questions de ce genre : que fait-on de ce dont on hérite, surtout quand il s’agit du pire, du plus plus inhumain des héritages ? Que fait-on de sa peau quand on est né de l’abjection ? L’enfant répond !
Le personnage du loup, que vous interprétez, se moque sans arrêt de la phrase « L’homme est un loup pour l’homme », car selon lui, il est pire. Pourtant, les personnages les plus inhumains sont, dans votre pièce, diablement sympathiques. Y a-t-il une morale à votre fable ? Aucun message, aucune morale. Mais la fable a sa fin, son dénouement, il s’agit de raconter ce que l’enfant choisit de faire du pire de l’inhumanité qu’il retrouve, vingt ans après les sévices subits : se venge-t-il ? Pardonne-t-il ? Ni l’un ni l’autre : il choisit d’exposer en monstres de foire les « rien qu’humain et leur nature humaine », les deux abominables parents. Le loup, lui, est un agneau face à ces carnassiers.
Vous présentez une nouvelle pièce au Théâtre de La Bruyère fin février. De quoi s’agit-il ?

Je présente « Pour l’amour de Gérard Philipe », une pièce épique, un poème d’une prétention inouïe, qui raconte l’aventure d’un jeune homme physiquement monstrueux – le si beau si doux Raphael !! Celui ci va faire de sa monstruosité l’outil de son génie, dans une famille qu’il choisit – celle d’Emma de Caunes, divine actrice et chanteuse et de Bernard Alane, merveilleux comédien et camarade – en fuyant sa famille originelle (Sophie Artur, comédienne exceptionnelle, et Romain Apelbaum, un vrai génie)… Et tout cela devant les yeux d’un ours sauvage… Je répète, je mets en scène et en musique, assisté de Brice Hillairet, un formidable comédien (il joue Perthus de Besset), et je suis l’auteur vivant le plus fier et le plus heureux du monde…
On est heureux aussi car vous présentez, pour notre plus grand plaisir, de plus en plus de pièces. Quels sont vos autres projets ?

Pour Jennifer Decker, Brice Hillairet et moi même, je travaille à l’écriture d’un petit cabaret que j’espère pouvoir donner à Avignon, festival Off, cet été. Sinon, je serai au printemps à Washington, Tokyo, Rome, et Bologne où mes pièces sont présentées ou créées. Et j’avoue, j’ai toujours écrit, et je voulais écrire dans mon coin pour essayer de devenir quelqu’un, quand aujourd’hui, je commence un peu à me prendre pour un auteur qui ne serait pas personne ! Mais mon vrai, sincère et seul projet : « primo, non nocere » (d’abord, ne pas nuire.) Disons « pimo non nocere any more. »

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