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Le discours d’un roi : une oeuvre magistrale et passionnante

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Par Alexandre Cerri – bscnews.fr / Le film raconte l’histoire vraie et méconnue du père de l’actuelle Reine Élisabeth. Celui-ci va devenir, contraint et forcé, le Roi George VI, suite à l’abdication de son frère Édouard VII. D’apparence fragile, incapable de s’exprimer en public, considéré par certains comme inapte à la fonction, George VI affrontera son handicap grâce au soutien indéfectible de sa femme et surmontera ses peurs grâce à un thérapeute du langage aux méthodes peu conventionnelles. Sa voix retrouvée, il réussira à convaincre le peuple anglais de déclarer la guerre à Hitler…

Avis : Mené de main de maître et écrit avec une plume confinant au génie, Le Discours d’un Roi est un très grand film que vient couronner un casting impérial. Une oeuvre historique et intime de très haut niveau maîtrisant diverses storylines tenant du virtuose. A la fois complexe et jubilatoire, Tom Hooper signe un sans faute…

Rares sont ces films qui peuvent se targuer de dégager autant de charme et de charisme lors de son visionnage. Le sourire béat, le cerveau en ébullition et le ravissement au bout du nez, le spectateur se dit tout de suite, en quelques scènes qu’il tient là un grand film. En revisitant tout un pan méconnu de l’Histoire de la royauté britannique, Tom Hooper transforme ce qui aurait pu être une indigeste machine académique à statuettes en un film magnifique, complexe et parfait. Au gré d’une écriture fine et d’une distribution magique, Le Discours d’un Roi fait office d’oeuvre sans faille.

Le discours d'un roi : une oeuvre magistrale et passionnanteIl y a tout d’abord ce portrait passionnant de deux hommes. Deux portraits diamétralement opposés, deux emblèmes d’une Angleterre précaire mais déjà ancrée dans une élégance racée à l’aube de la seconde guerre mondiale. D’un côté l’élite en la personne de George VI, futur Roi et de l’autre, le peuple en la personne de Lionel Logue, orthophoniste / thérapeute rêvant de devenir acteur. En s’attachant à suivre de près ce duo fascinant, Tom Hooper nous narre à la perfection un mélange de thérapie et d’amitié. Une amitié précieuse née dans le conflit mais qui au fil du temps saura se muer en un grand respect et une compréhension mutuelle. A grands renforts de joutes verbales, d’humour tour à tour drôle et émouvant mais aussi de leçons de vie, le rapprochement inévitable entre ces deux caractères s’impose comme une des réussites majeures du film.

Mais il s’agit également du portrait d’un homme prisonnier de sa condition. Ce George VI, père de la Reine mère Elizabeth. Malmené et rabaissé au cours de son enfance, perpétuellement en proie à des doutes et une timidité maladive liée à son handicap de bégaiement, George VI le dit très tôt : il n’est pas fait pour devenir Roi. Il ne le veut pas et ne le peut pas. Pourtant, la vie va l’obliger à devenir celui qu’il ne s’imaginait pas. Intime, discret, ce focus sur l’identité de cet homme n’en n’est que plus fort. Tout en filigrane et délicatesse cette sorte de thérapie indirecte devient l’un des sujets forts du film.

Véritable portrait d’une ascension difficile mais aussi d’une famille complexe, analyse précieuse d’une royauté anglaise et des arcanes du pouvoir peu avant le drame historique que l’on connaît, cette seconde storyline du Discours d’un Roi rivalise de virtuosité. Entremêlant les personnages, les points de vue, les doutes et envies de chacun, l’ensemble est une réussite sous couvert d’une judicieuse analyse de l’aristocratie so british des années 30’s.

Et puis il y a ce fascinant arrière plan historique qui prend forme au fil des rebondissements du film. Une dramatique époque en devenir qui se dessine doublée d’une habile réflexion sur la naissance des médias télévisuels et radiophoniques, devenant prépondérants dans la vie d’un pays et qui plus est du monde. C’est cet aspect, brillamment retranscrit à l’écran tout en demeurant discret qui fait la force du propos final du film.

Au fil d’une réalisation rigoureuse, aérienne, salvatrice, Le Discours d’un Roi déroule le tapis rouge à un scénario brillant où la délicatesse et les sous entendus prédominent. Une écriture fantastique, stupéfiante qui confine au génie… des dialogues phénoménaux se disputant le prestige d’un raffinement auquel les mots manquent pour en célébrer tout le brio. Si la reconstitution d’époque s’avère grandiose c’est sans conteste la distribution qui vient couronner le tout. Colin Firth absolument énorme joue à la perfection son rôle de Roi bègue tout en retenue. Evoluant constamment à la frontière du doute et de la colère, l’acteur signe ici une performance hallucinante où sa sobriété rivalise une frustration latente.

Face à lui, Geoffrey Rush tutoie l’excellence comme à on habitude dans un rôle décalé et tout en nuances. Son très grand tour de force résidant dans son aptitude à traduire un maximum d’émotions au détour de tics gestuels, d’hésitations et de mimiques. Le voir évoluer dans l’ombre d’un Roi pour finalement réaliser son rêve de comédie en devenant l’acteur de sa propre vie est émouvant. Epaulés par la finesse d’Helena Bonham-Carter, l’implication de Derek Jacobi, la force de Timothy Spall méconnaissable ou bien encore le charme pédant de Guy Pearce aussi fort que pleutre, l’ensemble du casting propulse le métrage au sommet.

Au final, Le Discours d’un Roi est autant un parcours initiatique saisissant qu’un drame historique passionnant reflet d’une époque difficile et méconnue mais avant tout un drame intimiste croisé touchant. Une oeuvre remarquable, brillante et sans conteste un véritable trésor d’interprétation. On aura rarement vécu une si belle expérience de cinéma tellement le plaisir est immense du générique de début à la scène finale absolument bouleversante. Un final aussi sobre que puissant dans sa prouesse à restituer tout le combat d’un pays pour sa liberté dans le discours d’un seul homme en combat avec lui-même. Et c’est dans cette approche intimiste, filmée à hauteur d’Hommes que la force du long métrage ressort. Une dimension humaine abordée dans un jusqu’au boutiste sans faille.

Un vrai et grand beau film où chaque scène tutoie la maîtrise. Une perle, un bijou… un film totalement immense qui pour ce début 2011 place la barre très haute aux côtés du chef d’oeuvre Black Swan.
En partenariat avec Time Square.fr

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