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Histoires sur Pellicule

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Par Sophie Sendra- PUTSCH.MEDIA/
Je suis toujours excitée à l’avance à l’idée de me promener dans les allées d’un Salon consacré au Livre, mais la plupart du temps je suis assez déçue. Heureusement j’ai quelques habitudes. Alors, lorsque je ne trouve rien pouvant combler mes aspirations, je finis par faire un petit tour du côté des Maisons d’Édition que je connais.
Histoire d’Histoires Pour le Festival du Livre de Mouans-Sartoux (06), c’est ce qui s’est passé. Ayant fait un « grand tour » dans les allées, j’ai regardé ce que les Éditions Sulliver pouvaient présenter. Il est très rare que je parle ainsi d’une publication mais je suis tombée sur un petit bijou : Hollywood, cinéma et idéologie de Régis Dubois. Étant une cinéphile inconditionnelle, je me suis précipitée sur cet ouvrage qui nous propose de voir sous un autre angle les films classiques ou plus modernes qui font partie à la fois de notre inconscient collectif, de « notre enfance » et qui participe du mécanisme de création fantasmé du pays qui nous a fait rêver, les USA. Ces Histoires d’Histoires, de filmographies, de réalisateurs, d’époques politiques ou sociologiques du cinéma d’Outre-Atlantique, nous donnent de sérieuses pistes de lectures de grands films, de Tarzan à Rocky, de Macadam Cowboy à 300.
Histoire de France Si, comme le dit l’auteur « De façon implicite ou explicite, inconsciente ou délibérée de la part des cinéastes, chaque film induit une vision subjective et particulière du monde et demeure de ce fait en toute circonstance porteur d’un message idéologique », la France commence à peine à revoir l’Histoire, son histoire, au travers de certains films tels Indigènes (Rachid Bouchareb), Des hommes et des Dieux (Xavier Beauvois), Hors la loi (Rachid Bouchareb). Ils ont en soi une idéologie celle de vouloir enfin regarder notre histoire quel que soit le regard subjectif porté. A tort ou à raison, les cinéastes sont porteurs d’un seul message : décortiquer, percer à jour ce que nous ne voulons pas voir. Si nous devions tenter une analyse : jusqu’ici, les films français dits « historiques » ne montraient que des événements dont nous n’étions pas les initiateurs. La seconde guerre mondiale est de ces sujets. Même si certains d’entre-eux présentaient le rôle des collaborateurs pendant cette période noire, les Français n’étaient pas les responsables de celle-ci. Le non-dit que représente la guerre d’Algérie crée sans doute la polémique autour des différentes réalisations que nous citions plus haut. En dehors de cela, et de manière générale, le cinéma français semble vouloir recréer une « nouvelle vague » trop intellectuelle, trop hermétique, trop triste, trop psychologisante et déprimante à mon goût. Un message idéologique que Régis Dubois devrait tenter de comprendre peut-être, cela pourrait être intéressant.
De Bettelheim à Dubois Cette étude de significations dépoétise quelque peu les films que nous connaissons. L’impression que cela donne, au-delà d’une lecture passionnante, c’est que, parfois, il vaut mieux ne pas connaître le « contenu latent » de cette histoire cinématographique qui reflète notre histoire individuelle. Les films nous suivent et représentent une enfance, une adolescence. Ils sont des symboles, des héros auxquels on s’est identifiés, des modèles de courage ou d’intelligence qui structurent peut-être une partie de notre imaginaire. A la lecture de cet ouvrage cela m’a rappelé Bruno Bettelheim et La Psychanalyse des contes de fées (Pocket) : passionnant mais démystifiant. Une lecture du Savoir qui nous pousse à penser parfois qu’on aimerait ne pas savoir. Garder une certaine naïveté semble plus plaisant que le savoir lui-même. C’est le sentiment soulevé maladroitement par les auteurs de courriels cités dans une dernière partie du livre intitulée « L’avis des Internautes ».
S’il fallait conclure En parallèle de cette découverte, je peux dire à présent que je dois être honnête : j’en veux terriblement à Régis Dubois. Il y a quelques années de cela, des collègues enseignants et moi avions eu l’idée de faire un livre pluridisciplinaire sur les significations cachées de certains films. La philosophie étant le point d’achoppement. L’auteur de Hollywood, cinéma et idéologie a concrétisé cette idée avant nous et de manière brillante. Peut-être serons-nous un jour, l’auteur et moi, concurrents ou co-auteurs. Qui sait ?
Additif Autres publications a souligner lors du Salon de Mouans-Sartoux : La fin du monde moderne de Alexandre Rouge (Éd. Res Publica) et La pensée noire de l’Occident de Anthony Mangeon (Éd. Sulliver).

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