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Roman graphique : le Paradis n’existe pas

par
Par Mélina Hoffmann – bscnews.fr / « Je pensais t’avoir donné mon âme sans retenue pour que nous soyons à jamais ensemble.
Parce que d’autres Paradis ne peuvent exister… »

Fabien a 36 ans. Déçu par la vie, il ne croit plus en rien, tout semble lui échapper, plus rien n’a de sens. Désespéré, il s’enfuit alors loin de celle qui partageait sa vie, incapable de l’aimer comme elle le mérite.
Sans travail, sans amis, sans argent et sans toit, c’est chez ses parents, à la campagne, qu’il va trouver refuge.
Il se rend dans la forêt qui a bercé son enfance, et au contact de cette nature majestueuse, des souvenirs lui reviennent, des sensations perdues mais pas oubliées. « L’odeur de l’herbe. L’humidité et la souplesse entre mes doigts. Je reconnais chaque centimètre carré. »
Alors qu’il traverse ces bois et se laisse porter par tous les souvenirs qu’ils abritent, des hallucinations le prennent. Fabien a alors 10 ans. Il retrouve Alex et ses autres amis avec lesquels il formait le clan des Apaches, qui livrait une lutte sans merci au clan adverse, les Yankees, pour défendre leur territoire.
Avant même que Fabien ait pu comprendre ce qui lui arrive, le voilà de retour dans son corps d’adulte, déboussolé. S’agissait-il réellement d’une hallucination ? Pour en avoir le cœur net, il retourne le lendemain dans la forêt, et se retrouve une nouvelle fois prisonnier de son corps d’enfant… Il tente alors de puiser dans cette enfance « retrouvée » la force qu’il manque à l’adulte qu’il est devenu. Tout cela a forcément un sens… Mais parviendra-t-il à comprendre la raison de ces voyages à travers le temps avant qu’il ne soit trop tard ?
Après leur sombre trilogie Welcome to hope, Marie et Vanders nous offrent ici un roman graphique touchant et intimiste, qui nous invite à réfléchir sur le sens de la vie, la portée de nos choix, de nos actes.
« Je me laisse en ruine partout où je passe. Qu’est-ce que je suis devenu ? Où sont passées ma rage, mon envie de changer le monde ?
[…] Je voudrais me vomir. Repartir à zéro. »
Plongés dans les pensées d’un personnage pessimiste et pathétique balloté entre souvenirs et réalité, nous suivons le cheminement de son évolution au cœur d’un décor mystérieux, insaisissable et inquiétant, où là forêt joue le premier rôle. Les dessins en noir et blanc, sobres et ponctués de gros plans, viennent ajouter à cette ambiance lourde et triste, imprégnée de poésie.

Les mystérieux plongeons dans sa vie d’enfant du héros sont finalement soumis à la libre interprétation du lecteur. Faut-il y voir une simple introspection à laquelle nous assistons en pénétrant les pensées de Fabien ? S’agit-il d’hallucinations, de rêves ou de simples moments d’égarements dans ses souvenirs ? Ou est-ce une volonté de la part des auteurs d’introduire une dimension fantastique à ce récit ?
Quoi qu’il en soit, voilà une histoire touchante que vous pourrez aborder de deux façons différentes. En effet, les auteurs nous offrent le choix entre deux supports : celui de la bande dessinée, ou du roman.
Ainsi, vous trouverez la version romancée et illustrée à la suite de la bande dessinée. Libre à vous de vous laisser porter par l’univers qui vous touche le plus.
A vous de trouver votre paradis… s’il existe.

Parce que le paradis n’existe pas
Marie & Vanders
Editions Bamboo

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