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La famille Savage

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J’en arrive à remettre en question mon objectivité lorsque je commente des films dans lesquels Philip Seymour Hoffman tient un rôle majeur. Il faut bien reconnaître qu’immédiatement cet acteur séduit par sa justesse. Capable d’interpréter des rôles violents aussi bien que bonhommes, à l’aise à la comédie aussi bien qu’au drame, voilà un acteur complet!

Dans cette tragi-comédie, il interprête, Jon, le rôle d’un fils et d’un frêre avec , paradoxalement, beaucoup de tendresse et de détachement. Sa soeur Wendy , incarnée brillamment par Laura Linney, est une jeune femme en quête d’une bourse d’écrivain et asujettie à une relation adultère qui ne l’épanouit guère.

Un matin, Wendy et Jon apprennent le décès de la compagne de leur père. Difficile pour eux de prendre en main un homme qu’ils ne cotoyaient presque plus, au vu de l’enfance difficile qu’il leur avait fait passer.
Voilà le temps (forcé) de retrouvailles courtes et rudes où il faut accepter la déraison progressive d’un père sénile et retenir la culpabilité de ne pas vouloir s’en occuper à plein temps.

Un film dont l’intérêt est dans la peinture des âmes: le portrait d’une femme peu sûre d’elle et qui se sur-médicamente pour éviter de penser, celui d’un professeur d’université brillant qui renie ses sentiments pour sa jeune compagne polonaise de peur de reproduire, peut-être, un schéma familial traumatisant et celui d’un père fatigué qui entrevoit sa fin.

Oui, La Famille Savage est un poignant portrait de famille qui évite avec beaucoup d’intelligence les clichés du pathos.

A voir!

Julie Cadilhac

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