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Votre mort nous appartient d’Antoine Lencou ( éditions Griffe d’Encre)

par
« Désormais le citoyen moyen ne sortait plus à l’air libre que par obligation. Pour braver la pollution. Se faire peur. »

Roïn Venkoo vit dans un futur aseptisé et effrayamment kafkaïen. Pourtant tout pourrait être idéal: les réseaux de transports en commun le portent jusqu’à son seuil, les objets anticipent ses désirs , le dorlotent et travaillent « presque » à sa place. Loisirs, luxe, futilité sont à portée de main.

Roïn Venkoo aurait tout pour être heureux: sa petite amie le trouve insipide et plat, elle se recueille de longues heures pour méditer et ne l’embrasse jamais sans la protection « du champ antibactérien ».Il profite de journées dont l’électrocardiogramme est délectablement plat.

Et dans un univers où le progrès a banni les rapports humains et la spontanéité, il trouve étonnamment le moyen de se morfondre!
Roïn Venkoo est un mystère de son époque: il déteste la virtualité permanente, préfère se rendre chaque matin au siège de son entreprise , regarder le ciel et en plus, il a peur de la mort…..dans une société où la médecine empêche que cela arrive!

« Personne ne va plus à son travail, je t’ai déjà dit! Sauf toi! Ah mon chéri! Tu es délicieusement rétro, trop farfelu, si ennuyeux, tellement insignifiant….Mon art ne peut que progresser à tes côtés! »

…..Imaginez un monde où la mort est un commerce, où l’on ne dispose plus de son corps et de son âme, où il faut aller déclarer son suicide et attendre six mois pour que la grande administration prenne ses dispositions pour vous remplacer.
…….Imaginez un monde où malgré une chute de trois cents mètres, vous ne mourrez pas si ça n’a pas été décidé.

« Accusé, levez-vous. Je vous déclare coupable des charges qui pèsent à votre encontre, toutefois je retiendrai les circonstances atténuantes. En conséquence, j’annule votre demande de suicide avec interdiction de la déposer pour cent sept ans et je vous condamne à rester vivant aussi longtemps que la médecine vous l’autorisera, dans la limite des six renaissances légales et fatales. »

……..Imaginez un monde où le progrès a plongé l’humain dans l’absurde, où la vie et ses règles sont dénaturées.

Au sein d’un récit prenant et de tableaux futuristes très visuels , on est balloté par le système glacial auquels sont soumis trois personnages éclectiques par leurs aspirations et leurs formes.

Accepteriez-vous d’être ressuscité si l’on ne vous garantissait l’entière réappropriation de votre intégrité?

Un roman, qui , au delà d’un cadre plaisant de science-fiction, nous fait réfléchir sur les déraillements de notre société actuelle. Sur la moralité de nos agissements sur la Nature. Sur les bienfaits de la virtualité. Un roman à lire , résolument.

« Mon chéri, je suis contente que tu ne me comprennes pas. Sans ton aide, tout est si facile ».

Il vous reste

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