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Le petit collier de perle

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C’est ce genre d’histoires qui permet aux blogs d’exister, et c’est grâce aux blogs que l’on peut lire ce genre d’histoires.. Les boutons s’illuminent, une touche s’enfonce, une note sautille, le clavier est enfin branché.

Ce soir-là, je me suis retrouvé là par hasard, comme presque toujours. C’est assez intriguant la façon dont les choses se déroulent parfois.
Cette salle est trop petite, je peux à peine bouger car nous sommes serrés, moi et les soixante-dix autres personnes qui sont là. Soixante-dix où peut être soixante-treize mais pas plus.
Plus c’est la panique. Je ne suis pas paniqué. Nous sommes moins de soixante-dix, sûrement tous là par hasard, un joli concours de circonstance.
Je trouve cela épatant, ce destin fougueux qui décide, impose, mais sans froisser…
Je suis donc ici, dans une salle, une petite salle, vers le milieu, un peu à gauche quand même car je vois mieux la chanteuse de gauche. Elles sont trois, il y a trois claviers, je crois qu’elles chantent toutes les trois, mais pas ensemble, et pas en rythme, plutôt en décalé. C’est le charme du groupe, d’une incompétence pétillante. Je n’ai jamais vraiment aimé les concerts, ils sont trop longs. Mais je suis là. Et les claviers se chamaillent…
Les chanteuses sont brunes, ou châtains, type Jane Birkin en plus jolie. Je ne sais pas si elles me plaisent et j’essaie d’imaginer un baiser avec l’une d’entre elles, un premier baiser et le sourire gêné mais connement heureux qui suit de suite après, mais je n’y parviens pas.En fait l’atmosphère est douce. Je retente ma chance et nous nous embrassons, je crois, dans un couloir, et j’aime ça.
L’une des trois me plaît, donc.

Les chansons se racontent, c’est une comptine moderne assez entêtante…
Finalement ce n’est pas si long, c’est vite terminé.
Je tente de me faufiler vers le devant, pour voir, pour faire un signe, donner mon meilleur sourire a cette chanteuse qui porte un collier, petit collier de perles rose.
Comme c’est important tout d’un coup pour moi, une force venue d’ailleurs me projette devant elle, et je peux la regarder comme je le veux. Et elle me voit. C’est un court moment de complicité qui mérite d’être vécu.
Des moments similaires, Sofia doit en vivre tous les soirs, de salles en salles, a Stockholm ou a Edimburgh. Mais pour moi, c’est précieux, je vais le garder dans une poche fermée ce regard, comme un doux rêve sur cette ballade folk.
Elle s’en va, moi aussi.
Et même si c’est le printemps, dehors, c’est le sombre de la nuit. Le retour vers chez moi est fluide car je suis sur mon nuage. Le bonheur ne tient qu’à de petits instants, et c’est tant mieux.
Sofia n’est jamais repassée par ici, mais c’est comme si elle ne m’avait jamais quitté.
Par chance, je peux écouter en boucle sa chanson, c’est un petit air triste, je revois encore sa main gauche prendre en main ce vieux collier de perles rose, avec une attention certaine. Je crois que ce collier et moi, nous nous serions bien entendus.
Ce soir-là, je suis rentré chez moi, et j’ai gribouillé quelques lignes…
Ce soir-là, elle m’a chanté dans les yeux.

Jérémie khlat.

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