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Armand Cabasson – Spécial Nouvelles

ARMAND CABASSON Auteur de nouvelles aux Editions Thierry Magnier Nicolas, qu’est ce qui vous plaît dans l’écriture de polar notamment à une époque particulière; au temps de Napoléon? Je voulais ressusciter cette épopée folle et sanglante, ces années incroyables qui ont profondément modifié le monde. C’est vraiment l’époque napoléonienne qui m’intéresse, bien plus que Napoléon […]

propos recueillis par

ARMAND CABASSON

Auteur de nouvelles aux Editions Thierry Magnier

Nicolas, qu’est ce qui vous plaît dans l’écriture de polar notamment à une époque particulière; au temps de Napoléon?

Je voulais ressusciter cette épopée folle et sanglante, ces années incroyables qui ont profondément modifié le monde. C’est vraiment l’époque napoléonienne qui m’intéresse, bien plus que Napoléon lui-même (sur lequel je porte un regard critique). Ce sont des années d’excès, d’utopie, de coups de théâtre insensés (la Conquête de l’Egypte par Bonaparte, les Anglais sauvés par les géniaux Nelson et Wellington, les Français qui marchent sur Moscou)… On y voit des rêves magnifiques (les Droits de l’Homme) aboutir à des cauchemars (l’interminable succession des guerres). Mais il y a aussi des événements émouvants : l’humanisation de la médecine (on se met à soigner les blessés par ordre de gravité et non plus par ordre de noblesse), la naissance de la psychiatrie moderne (pour la première fois, on cherche à comprendre les « aliénés » et à les soigner par des méthodes autres que physiques…), le développement fulgurant des musées (avec cette idée « révolutionnaire » que tout le monde doit pouvoir profiter de l’art…), la naissance de l’amitié franco-polonaise…

Dès lors, quelle liberté trouvez-vous dans la nouvelle et que vous ne trouvez pas dans le roman par exemple ?

Dans les nouvelles, j’adore ce concept d’écriture ultra-concentrée : les dilutions et les digressions sont impossibles, les longueurs sont impensables, chaque phrase doit pouvoir justifier sa présence dans le récit… Une nouvelle ressemble à un alcool ultra-concentré, une eau-forte qui vous brûle la gorge et l’âme. J’aime tellement cette écriture qu’elle influence mes romans. J’essaie de faire en sorte que ceux-ci aient à la fois l’ampleur qu’offrent les romans (intrigue élaborée qui se développe et progresse au fil des pages, nombreux personnages complexes…) et l’écriture exigeante et concentrée des nouvelles.

En tant qu’écrivain publié, comment expliquez-vous toutes les difficultés que rencontrent les auteurs inconnus pour publier leurs livres?

D’une part, les maisons d’édition ont chacune leur ligne éditoriale dont elles n’aiment guère s’éloigner. D’autre part, les éditeurs sont soumis à de fortes pressions financières, donc les auteurs inconnus (inconnus pour l’instant…) sont bien sûr désavantagés par rapport aux personnes connues (grâce à leurs écrits ou par d’autres voies). Troisième raison, il faut écrire beaucoup avant que son style arrive à maturité, et je pense que bien des auteurs se découragent avant d’atteindre ce stade. Prenons une comparaison : les arts martiaux. Imaginons que vous rêviez de devenir ceinture noire, de pouvoir affronter trois personnes à la fois, d’enchaîner des prises spectaculaires… Tout cela, vous ne l’aurez pas au bout d’une année, ni deux, ni même trois… Mais ce qu’il y a de réellement extraordinaire, c’est que, au bout d’un moment, vous réalisez que les arts martiaux sont bien autre chose qu’une ceinture noire et un spectacle. Voilà que cet apprentissage vous enrichit de mille autres choses dont vous ne soupçonniez pas l’existence. L’être que vous êtes se modifie, vos valeurs changent et, au bout d’un moment, vous avez l’impression tout à coup d’être devenu vous-même, comme si vous aviez subi une sorte de mue. Un jour, on vous félicite et on vous annonce que vous venez de passer ceinture noire, mais vous réalisez que ce n’est qu’un détail, juste un trait noir symbolique qui vient souligner une modification autrement plus profonde et plus complexe. L’écriture, c’est la même chose. On commence souvent à écrire en pensant sans cesse « les éditeurs » et « ma publication », puis on échoue, on s’obstine, on progresse, et, un jour, on finit par être publié, mais à ce moment-là, cela fait déjà longtemps que l’on écrit désormais pour l’écriture, pour les mots. Tel a été en tout cas mon chemin.

Quels conseils donneriez-vous à nos lecteurs qui cherchent à publier?

Ne vous découragez pas ! J’ai démarré comme vous, en absolu inconnu qui a envoyé ses manuscrits aux éditeurs par la poste. Donc oui, les éditeurs lisent les manuscrits qu’ils reçoivent et, quelquefois, ils les publient. Cela m’est arrivé, c’est arrivé à d’autres, et je vous souhaite la même chose ! N’abandonnez pas même si vous subissez des échecs (j’en ai eu mon lot, moi aussi), essayez plutôt de comprendre où sont les erreurs à corriger. Et, par-dessus tout, ne vous coupez jamais du plaisir d’écrire.

Nicolas, qu’est ce qui vous a poussé à écrire et quand avez-vous commencé à écrire?

Je ne sais pas ce qui me pousse à écrire. J’adore et puis voilà tout. Quant à savoir quand j’ai commencé à écrire, j’ai l’impression d’avoir toujours écrit, ou lu, ou été baigné par les mots. Je suis un fanatique des mots. En tant que psychiatre, toute la journée, j’écoute les mots des gens avec une attention aiguë, dans l’espoir de les aider (ou plutôt de les aider à s’aider eux-mêmes). Ensuite, le soir, je lis, et le week-end, j’écris. (Rassurez-vous, j’adore aussi regarder des films, cuisiner, voyager, me promener sur Internet…) Bref, dans ma vie, il y a partout des mots.

Vous avez une grosse production éditoriale. Comment se fait le passage de l’écriture d’un livre à un autre?

Très facilement. J’attends qu’une histoire s’impose à moi, et alors je me lance. Mais comme écrire un roman me prend une année, voire plus, tandis que je l’écris, j’ai le temps de me laisser gagner par d’autres projets, d’autres idées… Du coup, j’ai toujours deux livres en cours d’écriture, celui que j’écris au sens strict du terme, et le suivant qui commence doucement à émerger…

A quoi attribuez-vous cette production permanente?

Au plaisir d’écrire, tout simplement.

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