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Leila Ghandi

Leila ghandi est la World trotteuse du XXIème siècle. ELLE a parcouru le monde entier à la recherche d’émotions, de rencontres et de découvertes. aujourd’hui pour le bsc news, elle nous livre ses secrets sur sa somptueuse folie aventurière. Leila, au regard de ton jeune âge et de ton parcours, on peut penser que tu […]

propos recueillis par

Leila ghandi est la World trotteuse du XXIème siècle. ELLE a parcouru le monde entier à la recherche d’émotions, de rencontres et de découvertes. aujourd’hui pour le bsc news, elle nous livre ses secrets sur sa somptueuse folie aventurière.

Leila, au regard de ton jeune âge et de ton parcours, on peut penser que tu es devenue une voyageuse très confirmée et presque célèbre?

Sourires… Je ne sais pas trop ce que je dois répondre à cela. Je ne pense pas que l’on puisse être « voyageur confirmé ». On est voyageur ou on ne l’est pas. On apprend toujours. On découvre et se redécouvre sans cesse. On a vu certains paysages et vécu certaines expériences, mais on est finalement toujours débutant face à la beauté. « Presque célèbre » je ne sais pas non plus. Les médias parlent de moi en évoquant les noms de Titouan Lamazou, Nicolas Hulot, Ella Maillard ou encore Ibn Batouta. Rire. C’est certainement très flatteur. Mon parcours est atypique, c’est vrai. Ecole de commerce, sciences po Paris, puis le grand large. Ce grand saut vers l’inconnu a marqué certains esprits, souvent eux-mêmes pris entre leur rêve véritable et leur responsabilité routinière. Mon parcours est un des exemples du possible. Une des – heureusement nombreuses – illustrations des mots de Mark Twaïn : « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ».

D’où t’es venue cette passion pour les voyages?
Le goût du voyage m’a été offert. C’est presque un héritage. J’ai grandi dans un environnement propice à l’ouverture et à la rencontre, à la curiosité et à la tolérance. Mon père a fait le tour du Maroc à pied avec l’équivalent de 5 euros en poche lorsqu’il avait 17 ans. Ma mère a fait le tour du monde avec ses parents lorsqu’elle en avait 15. Puis nous avons beaucoup voyagé tous les quatre, avec mon frère, jusqu’à ce que je décide un jour de prendre la route seule. J’avais 15 ans. C’est naturellement devenu une passion, un mode de vie.

Au sein de ces longues escapades, suis tu un fil, un objectif?
La seule vraie intention que je ressens est celle d’aller à la rencontre de l’Autre. Sortir des sentiers battus et oser l’aventure. Sans attente concrète ni préjugés, l’esprit le plus vierge possible et ouvert à toutes les découvertes. Aller à la rencontre des hommes des femmes des enfants, des religions, des modes de vie, des croyances, des pierres, des arbres. Aller à la rencontre de ce peuple qui m’accueille, prendre le temps de vivre avec lui, de partager son quotidien ses émotions, d’entrer en immersion au-delà de toute référence passée, découvrir et redécouvrir les autres possibles, les autres réalités qui nous entourent. C’est être tibétaine au Tibet et péruvienne au Pérou. C’est un peu m’oublier moi-même pour me rapprocher au mieux de l’inconnu. Pour pouvoir mieux le comprendre et mieux l’aimer.
Une fois de retour, je décline ces voyages en exposition, en livre, en reportages, en chroniques, en rencontres publiques. Ce serait pour moi un non-sens de ne pas partager ces expériences.

Quel est ton plus beau souvenir?
Chaque pays porte en lui son lot de plus beaux souvenirs. Un mélange d’aventure et de rencontres humaines. La petite fille de 3 ans qui m’apprend la beauté des arcs en ciels de Lhassa, les chants mongols au coin du feu, la rencontre avec le Dalaï Lama, la route de la mort à vélo, la belle Anita qui m’apprend les danses du Rajasthan, l’expédition au camp de base de l’Everest, la recherche de l’anaconda dans la pampa bolivienne, chevaucher les steppes et dormir sous la yourte avec les nomades, l’expédition à traîneau sur les terres de feu d’Ushuaïa, les travaux agricoles avec les grands-parents sherpas, pêcher le piranha dans la jungle amazonienne, l’ascension du Kalapatar à 5600 mètres d’altitude, le séjour avec les moines shaolin lorsque le temple Shaolin n’était pas encore une attraction touristique, la célébration du Soleil sur les ghâts de Bénares, la rencontre improbable avec mon frère dans une ruelle de Kathmandou, le chemin de l’Inca à pied et la cité perdue de Machu Pichu, dormir chez l’habitant sur une île du lac Titicaca, la dégustation intensive de Vodka avec Micha dans le transsibérien, mon premier saut en parachute dans les hauteurs de Buenos Aires, camper sur une île du lac Baïkal en Sibérie, le lac sacré de Pokhara et la vue sur les Annapurna, toucher du bout du doigt une baleine à Puerto Madryn, un dauphin à Mombassa, et un requin à Isla Mujeres, ces 53 heures de train passées à rire avec une grand-mère chinoise… Mon cœur est rempli de souvenirs incroyables. Et il ne demande qu’à s’emplir davantage. Sans en perdre une goutte. Car alors c’est notre cœur qui grandit et s’étend pour pouvoir tout embrasser.


Leila, Jack Kerouac a dit : “ Quelque part sur le chemin je savais qu’il y aurait des filles, des visions, tout, quoi; quelque part sur le chemin, on me tendrait la perle rare.” Te reconnais tu dans cette phrase?

Quelque part sur le chemin je savais qu’on me tendrait la perle rare. Oui. Du moins une perle rare. Il y en a plusieurs. Il me semble bien que prendre le chemin, c’est une manière d’accéder à nous-mêmes. Saint Augustin disait « Avance sur ta route car elle n’existe que par ta marche ». Quelle que soit la route, du moment que c’est bien la nôtre. Il ne s’agit pas de s’aventurer dans n’importe quelle direction. Si on part dans l’intention de trouver la perle, il y a des chances pour qu’on ne la voie pas. On se risque à l’idée fixe. Il s’agit d’écouter son cœur et de se laisser sincèrement guider. Et alors, sans chercher, on trouve.

Où trouves tu, à chaque fois, la force de repartir ?
La force et le courage sont des notions relatives. Elles font référence à nos peurs et à nos faiblesses. Chacun les place à un endroit différent. Partir, pour moi, ne relève ni du courage ni de la force. Je réponds à un appel profond, un besoin, une conviction. J’y réponds donc avec joie et sans appréhension. Et puis si je pars, c’est aussi pour mieux revenir.

Tes photos sont totalement hallucinantes. Par quoi sont guidés tes choix de clichés? L’instant, l’émotion, une idée, un mot?
Je ne triche pas. Je ne cherche pas les images. Je les laisse s’imposer à mon esprit. Les yeux grands ouverts et les sens aptes à l’émerveillement. Je capture l’instant dans sa forme la plus simple, la plus spontanée. Ce qui me touche. Ce regard, ce sourire, cette interrogation, cette émotion, ce moment. La photographie, comme l’écriture d’ailleurs, devient alors une évidence, un élan, un acte d’amour, un besoin de témoignage, un appel au partage. Le Beau nous entoure. Si les photos sont belles, c’est que le témoignage sera proche de la réalité. Je n’y suis finalement pour pas grand chose. Si ce n’est d’avoir été là et d’avoir su regarder.

Ton rêve le plus fou, Leila?
Continuer. Grandir. Apprendre. Donner. Continuer à parcourir le monde. A vibrer. Observer. Ecouter. Témoigner. Partager. Par la photo, par les mots, par la vidéo. Suivre à mon humble échelle les traces de ces personnes pleines d’amour qui ont su à leur manière rapprocher les hommes, et appliquer à leur vie la pensée d’un de mes pères spirituels « nous devons être le changement que nous voulons voir dans le monde ».

Le livre que tu amènes tout le temps avec toi en voyage?
Je n’ai pas de rituel. Je n’emporte pas de livre fétiche. J’aime l’idée de laisser les livres venir à moi. Avant le départ, et sur la route. Ce sont souvent les plus belles rencontres littéraires, détachées de toute attente, imprévues et révélatrices.

Propos recueillis par Nicolas Vidal

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