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Virginie Roussel, lectrice éditoriale

Virginie Roussel est auteur publié et lectrice pour une grande maison d’édition parisienne.

“ J’ai de la peine à croire qu’un lecteur puisse facilement renoncer au plaisir de tenir un livre”

propos recueillis par

Qu’est ce qui vous a incité à devenir lectrice?
Le goût de la lecture, tout bêtement. Je suis une dévoreuse de livres depuis l’enfance.


Que faut-il faire pour devenir lectrice d’une maison d’édition?

Correctrice est un métier qui exige une formation. Lectrice -ou lecteur- tient de la vocation, une fonction d’une relative précarité et il n’y a ni formation ni voie tracée pour devenir un lecteur « professionnel »

Quels sont les erreurs fréquentes que vous rencontrez dans vos lectures?

L’écrivain s’écoute mais ne s’entend pas toujours. Le manque de regard distancié sur son oeuvre crée aussi l’aveuglement; le désir d’être lu et reconnu prime parfois sur la lucidité du « lecteur ». Certains auteurs devraient parfois se poser une question toute bête: achèteraient-ils leur propre livre? Il vaut mieux écouter son histoire que s’écouter écrire… une nuance subtile mais nécessaire. Certains pièges sont récurrents et peuvent se résumer à un trop « biographique ». Flaubert disait: “Madame Bovary c’est moi…” L’amateur « piégé » se dévoile dans son héros, alors que c’est l’inverse qu’il faut pouvoir inventer… un héros qui prendrait chair en soi…

Si vous aviez un conseil à donner aux auteurs qui cherchent à publier mais sans succès?

Le courage, la ténacité, le travail de réécriture, la souplesse, un regard critique sur son texte, la force de renoncer, tailler, retrancher…La confiance aussi… et une légèreté d’être, quasi philosophique!

Faites-vous une première lecture du texte pour appréhender l’histoire ou corrigez-vous directement le texte?
Je n’en ai pas besoin. Avec l’expérience, j’appréhende facilement un texte dans son ensemble.

Vous est-il déjà arrivé de corriger certains textes bourrés de fautes et/ou d’incorrections grammaticales mais qui dégageait une qualité littéraire indéniable?
Je dois avouer que non. Les meilleurs textes que j’ai pu rencontrer étaient généralement d’une bonne facture orthographique et grammaticale. A mon sens c’est le minimum « syndical ». On n’imagine mal un artisan doué qui ne maîtriserait pas ses outils (surtout la grammaire!).

Quel regard portez-vous sur l’édition numérique?
Aucun. Je suis néophyte en la matière !

Pensez-vous que l’émergence de l’édition en ligne est une menace suffisamment inquiétante pour que les éditeurs modifient leur stratégie marketing et tentent de renforcer le rapport que le lecteur entretient avec le livre papier?
Je ne peux pas préjuger de la stratégie des éditeurs mais j’ai de la peine à croire qu’un lecteur puisse facilement renoncer au plaisir de tenir un livre, sans parler du confort.

Parlez-nous du dernier texte qui vous a fait vibrer ?
Le roman d’une scandinave, Karin Alvtegen, un récit assez noir et fichtrement bien fait. Et le livre d’un psy jésuite indien, De Mello, un vrai régal de non conformisme qui parle de liberté intérieure. Je lis 5 à 6 livres par semaine (travail et plaisir) et j’ai pris l’habitude d’alterner les livres « plaisir » au gré de mes envies, voire d’en lire deux à la fois.

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