Krach Party : le roman choc sur le monde de la Finance

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« Krach Party » est un roman survitaminé, survolté. Une plongée speed et speedée dans un monde de la finance qui craque de toutes ses boursouflures de pouvoir, de mesquinerie, de cynisme, d’ambition démesurée et de haines aussi sournoises que sauvages.

« Krach Party » traque un monde consumé par son égoïsme, sa désinvolture hautaine et irresponsable. Traders, communicants, hommes d’influence ou journalistes alcooliques peuvent jouer de leur lutte à coups de milliards ou de chantage, ils occultent les réalités géopolitiques et les données de l’économie mondiale. La crise semble contenue, le monde connaît un moment de répit. En vérité, « le krach, le vrai, le tellurique n’a fait que commencer ».

Le premier roman de Philippe Nicholson, ancien journaliste financier qui travaille aujourd’hui dans la com’, est « brillant, brutal, visionnaire », à l’image du héros, Hugues Frassier, le « redoutable Dirty Frassier ». Il est « riche à en crever mais il s’en tamponne ». Il emploie « une vingtaine de jeunes loups en costards à quatre smics » et gère l’un des plus importants hedges-funds de la place parisienne. C’est-à-dire un bon gros fonds d’investissement spéculatif, gavé jusqu’à la moelle de produits financiers dangereux, instables et volatiles mais affichant des rentabilités totalement démoniaques ». Chaque jour, il emprunte des millions, mise des millions et gagne des millions. Mais chaque jour, dans ce monde, tout peut advenir, tout doit advenir…

Démonter un système
Une erreur de destinataire de mail, par exemple. Prenez Arthur, stagiaire le jour, fumeur de pétard la nuit. Dans la boîte de communication où il travaille, c’est réunion de crise : fuite radioactive dans une centrale nucléaire d’Asie. Mission de l’agence : « dépatouiller le bordel médiatique ». Rôle d’Athur : envoyer un compte-rendu de la réunion à Marie, la big boss. Elle s’impatiente mais n’oserait imaginer Arthur capable d’envoyer par erreur le mail confidentiel à une mailing-list d’une cinquantaine de journalistes travaillant pour l’AFP, Reuters, Bloomberg et tous les autres fils d’information diffusés dans le monde entier.
C’est le battement d’aile du papillon. Le mécanisme est enclenché, la spirale infernale lancée. Elle va tout emporter sur son passage, les fortunes comme les amours, les combines, les collusions, les illusions… Pour Frassier, le gouffre semble sans fonds. Il vit de gros problèmes conjugaux. Un journaliste a découvert que le golden boy était le commanditaire d’une vidéo porno sur laquelle une Black, ligotée sur un lit, a été violée et torturée. Le reporter, qui a perdu ses illusions et perdra bientôt sa situation, voit là un bon moyen de faire raquer sans difficulté majeure un type plein aux as. Hugues Frassier devra même déjouer une tentative de trahison. Mais l’homme sait se prémunir. Même si, dans son monde, tout peut advenir, tout doit advenir : le meilleur comme le pire.

« Krach Party » est un roman d’une redoutable efficacité : phrases courtes, style effréné, dialogues au rasoir et cynisme ambiant… A ce rythme, une plongée en apnée de vingt-quatre heures dans ce monde de requins-conquérants suffit à dévoiler un univers et à démonter un système – dans tous les sens du terme…

Extraits
Philippe Nicholson ne prend pas de gants pour nous asséner, tout au long de « Krach Party », quelques vérités qui, loin de toute substance illicite, ont de quoi faire froid dans le dos.

« La moitié du monde est déjà morte, pourrie, bouffée par les vers. L’Europe vit bien au-delà de sa date de péremption ; quand on y met le nez, ça sent le moisi. Les Etats-Unis vivent dans une bulle ; seule l’Asie s’en sortira ».

« Que valent cinq millions de petits Chinois sortant chaque année de leur fac avec pour les deux tiers un diplôme technologique face à nos quelques centaines de milliers d’étudiants perdus dans leur amphis d’histoire de l’art et de socio ? Réponse : de lourd, de l’immense, de l’incommensurable. La révolution n’est pas seulement en marche, elle arrive à son terme. Et bien rares sont ceux à l’avoir compris. Cette crise est juste le début de la fin »

« La communication est pire que la pub. Elle est plus insidieuse. La pub vous vend une certaine idée du monde, la communication reconstruit le monde à votre insu. La pub vend du rêve, et la communication de la réalité ».

(A propos de l’affaire Madoff) « Faire croire à rien de moins que la moitié de la planète qu’un type tout seul a réussi à rafler cinquante milliards de dollars au nez et à la barbe de tous, reste un exploit. En vérité, pour réussir à trafiquer aussi longtemps à un aussi haut niveau, Madoff a magouillé avec des huiles placées au sommet des banques et des organismes de contrôle ».

« Quand votre histoire devient assez con pour que votre beau-frère puisse la raconter à son prochain dîner, alors vous avez gagné votre pari de communicant : elle va faire le tour de la terre ».

Olivier Quelier / BSCNEWS.FR

« Krach Party » de Philippe Nicholson, éditions Carnets Nord. 247p. 17€.

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