(Vidéo) Hollywood sous le choc : Le collectif The Dor Brothers a produit un “film à 200 millions de dollars” en 24 heures grâce à l’IA

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Trois minutes quinze. Dix-sept millions de vues en quelques heures. Et une phrase qui claque comme une déclaration de guerre : “We just made a $200,000,000 AI movie in just one day. Yes, this is 100% AI.” En publiant ce court-métrage intégralement généré par intelligence artificielle le 12 février 2026, le collectif berlinois The Dor Brothers a déclenché une onde de choc dans l’industrie audiovisuelle mondiale. Depuis, le débat ne porte plus sur la question de savoir si l’IA va transformer Hollywood. Il porte sur la vitesse à laquelle elle est en train de le faire.

Installé à Berlin, The Dor Brothers cultive le mystère. Les fondateurs entretiennent volontairement le flou sur la taille réelle de leur équipe et sur l’organisation interne du collectif. Leur communication joue de cette ambiguïté : duo, collectif élargi, réseau international ? Peu importe. Leur positionnement est clair : devenir la référence mondiale de la production vidéo générative.

Selon leur propre présentation, ils revendiquent plus de 300 projets réalisés, des dizaines de publicités et des vidéos cumulant plus de 100 millions de vues. Ils affirment avoir travaillé avec des groupes comme Google et Microsoft et être intervenus lors de conférences professionnelles majeures. Cette crédibilité accumulée depuis 2023 leur permet aujourd’hui de peser dans un débat qui dépasse le simple buzz viral.

En octobre 2024, ils avaient déjà attiré l’attention avec le clip Love You More de Snoop Dogg. Conçu à l’aide d’outils comme Runway et Midjourney, le projet avait nécessité huit créateurs et deux mois de travail. Les séquences montraient notamment le rappeur portant la flamme olympique à Paris ou évoluant dans des décors surréalistes. À l’époque, le résultat impressionnait. En 2026, il paraît presque artisanal au regard de l’accélération en cours.

Le 12 février 2026, The Dor Brothers publient un court-métrage de 3 minutes 15 présenté comme entièrement automatisé. Ils affirment l’avoir conçu en vingt-quatre heures seulement. Décors, personnages, voix, ambiance sonore : l’ensemble aurait été orchestré par des systèmes d’intelligence artificielle capables de générer une production “à l’échelle d’un film à 200 millions de dollars”.

Les chiffres avancés dans les réactions en ligne donnent la mesure du choc. Un blockbuster hollywoodien classique mobilise plusieurs centaines de personnes, deux à trois années de production et des budgets dépassant fréquemment les 200 millions de dollars. Ici, deux créateurs revendiquent un résultat comparable en une journée, sans plateau de tournage, sans équipe technique traditionnelle, sans logistique lourde.

Certes, le film présente encore des imperfections : certains mouvements manquent de fluidité, quelques détails trahissent l’origine algorithmique des images. Mais pour un public non averti, la frontière entre production humaine et génération artificielle devient de plus en plus difficile à discerner.

La publication a suscité des réactions massives sur X. Certains parlent d’“acte de naissance du cinéma post-humain”. D’autres évoquent “la fin d’Hollywood”. Le compte The Dor Brothers lui-même alimente le débat en publiant un message paradoxal : plus le monde se remplit de contenus générés par IA, plus les spectateurs chercheront des œuvres humaines, réfléchies, réalisées avec soin.

Cette tension résume parfaitement l’enjeu. L’IA réduit drastiquement les délais de fabrication. Elle abaisse les coûts. Elle démocratise l’accès à des outils qui, hier encore, étaient réservés à des studios disposant de moyens colossaux. En 2025, le marché était dominé par des démonstrations techniques et des clips de quelques secondes. En 2026, les premiers formats narratifs complets émergent avec une ambition assumée.

Pour les grands studios, le risque est double. D’un côté, la concurrence de créateurs indépendants capables de produire des œuvres spectaculaires à faible coût. De l’autre, la tentation d’industrialiser massivement la création, en remplaçant progressivement certaines fonctions par des systèmes automatisés. Les grèves de scénaristes et d’acteurs à Hollywood en 2023 avaient déjà mis en lumière ces inquiétudes. Le court-métrage des Dor Brothers leur donne un nouveau relief.

L’exploit technique est indéniable. Mais il ouvre aussi un gouffre. Si n’importe quel collectif équipé d’un ordinateur puissant peut générer des productions visuellement impressionnantes en quelques heures, les plateformes risquent d’être saturées de contenus standardisés, calibrés par des algorithmes et optimisés pour capter l’attention.

La question n’est plus seulement économique. Elle devient culturelle. Le cinéma, art collectif né de la rencontre entre techniciens, acteurs, scénaristes et réalisateurs, peut-il survivre à une automatisation quasi totale de ses processus ? Ou se transformera-t-il en flux continu d’images synthétiques répondant à des logiques d’engagement et de rentabilité ?

The Dor Brothers, en revendiquant un “film à 200 millions de dollars en un jour”, ne signent pas la fin d’Hollywood. Mais ils en dévoilent la fragilité structurelle. La barrière à l’entrée s’effondre. Le mythe du studio inaccessible s’érode. Le centre de gravité du pouvoir créatif se déplace.

En février 2026, le signal est clair : l’intelligence artificielle ne se contente plus d’assister la création audiovisuelle. Elle en devient un acteur central. Hollywood observe. Les investisseurs calculent. Les créateurs s’interrogent.

Et le public, lui, regarde — parfois sans savoir si ce qu’il voit est encore le fruit d’un regard humain.

 

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