(Vidéo) « La boxe, ça aide à rester calme » Edouard Philippe le champion de la politique spectacle en piste pour les municipales

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D’abord la vidéo : séance de boxe avec sparring-partner, coups appuyés, souffle court, montage nerveux. L’ancien Premier ministre, aujourd’hui maire du Havre et chef du parti Horizons, affiche la combativité. Message implicite et lourdingue : il est prêt pour le combat électoral.

Ensuite l’affiche officielle. Costume sombre, regard assuré, arrière-plan maritime, balise rouge et eau grise. « Le Havre ! » en lettres massives. Signature manuscrite. Dates des municipales : 15 et 22 mars 2026. Et ce tweet : « Quand je vous disais que mes tripes avaient un goût d’eau salée ! »

La construction est limpide. Le combattant. L’homme du port. Le chef enraciné. Ce n’est plus une campagne municipale et ce n’est plus de la politique. C’est une éternelle effusion de communication pour tenter de séduire le plus grand nombre, malgré la défiance historique pour la classe politique dans son ensemble.  Ce n’est pas la boxe qui pose problème. Ce n’est pas davantage le souci de l’image. Ce qui dérange, c’est le glissement. La représentation supplante le projet. La chorégraphie tient lieu de cap. Le muscle devient argument. On ne demande pas à un maire de jouer les figurants d’un film d’action. On lui demande d’arbitrer des budgets, de hiérarchiser des priorités, de rendre des comptes. Le Havre, ses plus de 160 000 habitants, ses enjeux portuaires, industriels, sociaux, n’a pas besoin d’un générique d’ouverture. Il a besoin d’une feuille de route.

Or la séquence est révélatrice : d’un côté, un sparring-partner et des coups portés sous l’œil de la caméra ; de l’autre, une affiche soignée, slogan martelé, signature stylisée. Deux formats, un même réflexe : installer un personnage. Et les décisions et le bilan d’Edouard Philippe en tant que premier ministre ne plaide pas en sa faveur. La politique locale n’est pas un casting. Elle est un contrat. À force de substituer la dramaturgie au détail, le symbole au chiffrage, l’esthétique au contenu, on creuse l’écart entre ceux qui jouent la scène et ceux qui vivent la ville.

On peut frapper fort devant un sac. On ne gouverne pas à l’effet et on n’endigue pas le dégagisme puissant qui souffle sur la France.

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Putsch
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