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Isïa Marie : « Les violences conjugales, c’est un sujet qui me touche beaucoup parce que c’est quelque chose que j’ai vécu »

Isïa Marie est une jeune artiste issu du rock qui s’est déportée au fur et à mesure vers la pop. Devenue auteure-compositrice-productrice-interprète, elle aborde sa carrière sans complexe et assure que le confinement lui a permis d’explorer de nouvelles ressources. Son dernier album traite des violences conjugales dont elle a été victime. Rencontre.

propos recueillis par

Issue d’une famille d’artistes, on imagine que la découverte de la musique s’est faite par ce biais-là ?
Exactement, j’ai baigné dans la musique depuis ma naissance. j’ai commencé le piano quand j’ai pu tenir assise sur le tabouret, puis j’ai commencé la guitare électrique à 15 ans. J’ai toujours chanté, partout tout le temps.

Vous êtes une jeune artiste passée du Rock à la Pop. Pourquoi ?
Je serai toujours une rockeuse dans l’âme, j’aurai toujours un penchant pour la provocation mais je me suis vite sentie limitée par les codes musicaux de ce style .
J’avais envie d’intégrer des influences urbaines, électro, de garder la guitare électrique mais en y enlevant la distorsion pour y mettre un maximum de reverb. Ce mélange donne de la pop.

Et quelle définition donneriez-vous de la pop de nos jours ?
Pour moi une chanson pop c’est une chanson qu’on peut retenir facilement, et qui peut plaire au plus grand nombre, peu importe le milieu social et l’âge.

Une question post-covid 19 : comment avez-vous vécu le confinement en tant qu’artiste ?
Je l’ai très bien vécu et j’ai eu la chance de pouvoir me confiner au vert. J’ai composé un album et j’ai pu développer mon image car j’étais avec mon compagnon photographe/vidéaste et sa mère graphiste.

Qu’est ce que cette crise pourrait avoir de néfaste sur la nouvelle générations de jeunes artistes (annulation de concerts, de sorties d’EP, Albums) ?
Je n’ai pas encore beaucoup de recul mais il est évident que les saisons ont été repoussées donc nous allons devoir patienter avant de retrouver des dates. En revanche , comme beaucoup d’autres artistes, cela m’a poussé à développer le live stream, d’ailleurs je fais un concert retransmis en live le 3 juillet en full band dans une salle normande.

a, est-ce que la polyvalence fait-elle aussi partie de cette réinvention des nouveaux artistes ou cela est quelque chose de plus personnel pour vous?
Je pense qu’aujourd’hui et depuis longtemps dans la chanson française, la plupart des artistes sont auteurs compositeurs interprètes.
Il n’est pas rare de collaborer avec des co-auteurs ou des co-compositeurs. Pour ma part je co-écris énormément avec Ozarm. En revanche je compose toute ma musique, et surtout je la produis (arrangements, enregistrement dans mon home studio) ce qui est plus rare.
L’arrivée du numérique a tout bouleversé, aujourd’hui on peut produire un album dans sa chambre en suivant des tutoriels sur youtube. Cela demande de la patience et du temps, mais j’en ai, et surtout j’ai une idée précise du son que je veux obtenir. Je ne cesse de découvrir et c’est passionnant .

Votre dernier album porte sur les violences conjugales. Comment avez-vous appréhendé ce sujet dans la création de ce clip et de ce morceau ?
C’est un sujet qui me touche beaucoup parce que c’est quelque chose que j’ai vécu. C’est la première fois que j’écris un texte en 15 minutes, j’étais comme possédée quand c’est sorti. Et c’est surtout la première fois que j’ai réellement la sensation de pouvoir aider d’autres personnes.
Je me suis tue pendant longtemps, puis j’ai eu le courage et la force de m’exprimer.
Le clip a été réalisé par mon compagnon Paul Clichy qui m’a soutenu dans cette démarche et qui m’a poussé à parler, justement .

Pour finir, en tant que jeune artiste, comment se démarquer, créer produire et éviter de retomber dans l’anonymat ? Avez-vous déjà des idées à ce sujet tout en sachant que productrice, vous avez certainement une fibre plus entrepreneuriale ?
On est dans l’ère des réseaux sociaux, il faut être actif partout et tout le temps.
Les concerts ne suffisent plus, surtout en cette période. Le plus important pour moi est de savoir qui on est, ce qu’on veut représenter, et y aller à fond, sans limites, sans auto censure.
Ça a été très long pour moi de savoir qui je suis, j’étais emprisonnée dans des stéréotypes et des comparaisons . Je manquais de confiance en moi. Maintenant je suis enfin prête à démarrer une carrière, si le public veut de moi. On verra comment éviter de retomber dans l’anonymat, chaque problème à la fois.

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