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Covid19 : l’Amérique Latine en zone rouge

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Par Guillaume Asskari – Face à la pandémie mondiale, l’Amérique Latine, qui comptabilise plus de 500 000 contaminés et plus de 40 000 morts, avance prudemment. A l’heure où l’Europe se déconfine tout doucement, l’Amérique Latine connaît encore beaucoup d’incertitudes. Explications.

 

Cette crise du COVID19 aura montré les faiblesses de nos systèmes de santé face à l’ampleur de cette maladie dite « respiratoire ». Apparu sur le marché de Wuhan en Chine, le COVID19 a impacté presque tous les pays de la Terre en l’espace de cinq mois. Pour se protéger, le masque est plus qu’essentiel, notamment pour les rassemblements.

Si l’on sait que nos habitudes sont amenées à changer, il est compliqué de savoir quand cette pandémie prendra fin. Alors que l’Europe se déconfine tout doucement, l’Amérique Latine est devenue le nouveau foyer de contamination mondiale. On y compte plus de 40 000 morts depuis le début de la crise du COVID19.

La moitié des contaminés au Brésil

Jair Bolsonaro est dans une impasse. Le président brésilien, qui a déclaré que le COVID19 n’était qu’une « petite grippe », est très critiqué pour sa gestion de la crise sanitaire dans son pays. Certains lui reprochent de ne pas prendre les choses au sérieux, notamment pour les peuples autochtones. Lors d’un rassemblement à Brasilia en avril dernier, Jair Bolsonaro a affiché son soutien aux manifestants qui ne respectent pas les règles de confinement. Récemment, un juge de la Cour suprême du Brésil a diffusé le contenu d’une vidéo embarrassante d’une réunion ministérielle qui s’est déroulée en avril dernier. Sur ce document, censé être confidentiel, on peut voir Jair Bolsonaro en train de tenir des propos insultants à l’encontre des gouverneurs et des maires du pays.

Le plus grand pays d’Amérique du Sud est le deuxième pays le plus touchée du monde derrière les Etats-Unis. Conséquence, les non-Américains qui se sont rendus au Brésil durant les quatorze jours précédant leur demande d’entrée aux États-Unis n’y seront pas acceptés. « La décision d’aujourd’hui permettra de s’assurer que des étrangers qui sont allés au Brésil ne deviennent pas une source de contaminations supplémentaires dans notre pays » a justifié la Maison Blanche.

La situation du Brésil préoccupe l’organisation mondiale de la santé (OMS). Si certains spécialistes voient un début de rupture diplomatique, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur l’influence de la crise sur les relations entre les deux pays. Il est sûr que les mesures prises par le gouvernement des Etats-Unis ont un caractère préventif, le commerce n’est pas concerné par ces mesures. Il faut rappeler que les Etats-Unis comptent plus de 100 000 morts, ce qui pousse l’administration à prendre des mesures strictes.

L’agenda électoral bousculé

Ce début d’année n’aura pas été très fructueux sur le point de vue politique. Cette pandémie du COVID19 aura eu un impact très fort sur le calendrier électoral. Le Chili reporte son referendum pour la réforme de la constitution. De son côté, la Bolivie reporte ses élections présidentielles pour fin octobre. Pour sa part, la République Dominicaine reporte également ses élections présidentielles au 5 et 26 juillet prochain.

Si l’agenda électorale est bouleversé, c’est notamment car la pandémie du COVID19 est encore bien présente en Amérique Latine. Par exemple, le lundi 25 mai, le Chili a enregistré un record de contamination avec 4 895 nouvelles infections en une journée dont des représentants politiques. Le pays, qui compte 18 millions d’habitants, a enregistré plus de 700 morts sur son territoire (chiffres au 26 mai). De son côté, le Pérou, deuxième pays impacté avec plus de 100 000 contaminations et 3 000 morts, a prolongé l’état d’urgence nationale jusqu’au 30 juin. Juste derrière, on retrouve le Mexique avec plus de 50 000 contaminés et 7 000 morts. Le pays, qui est encore en pleine lutte contre le COVID19, a commencé un déconfinement par région depuis le 23 mai dernier.

Deux compagnies aériennes en faillite aux USA

La principale compagnie aérienne d’Amérique latine, LATAM, s’est déclarée en faillite aux Etats-Unis, faute de pouvoir honorer ses échéances financières. Un décision qui intervient après la chute de son activité entraînée par la pandémie de coronavirus. « Compte tenu de l’impact de la crise générée par le Covid-19 sur l’industrie aéronautique, LATAM a été contrainte de prendre une série de décisions extrêmement difficiles au cours des derniers mois« , a déclaré son PDG Roberto Alvo. La société brésilo-chilienne a annoncé le licenciement de 1 400 employés de ses filiales au Chili, en Colombie, en Équateur et au Pérou. Cependant, LATAM continuera à assurer quelques liaisons aériennes. Même chemin pour la compagnie colombienne Avianca. L’entreprise a déposé le bilan pour pouvoir restructurer sa dette.

L’Association internationale du transport aérien (Iata), qui regroupe 290 compagnies aériennes, anticipe une perte de revenus de 15 milliards de dollars pour les compagnies aériennes d’Amérique latine cette année.

Guillaume Asskari
Journaliste, spécialisé sur l’Amérique Latine

 

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