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« Sadorski et l’ange du péché » : La face crachée de l’Occupation à Paris

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Romain Slocombe affiche des dilections à l’esthétisme subtilement profanateur et aux gourmandises très cohérentes. Il n’ausculte pas l’époque ; il l’offre à un scalpel sans concession. Du sexe underground japonais aux turpitudes étoilées de l’Occupation, la nuance est aussi ténue qu’un hymen.

Les éditions du Seuil viennent de mettre le Point final à la trilogie Sadorski, fresque cruelle et hallucinée, du nom d’un policier parisien ayant déployé un zèle rare au bénéfice de forces allemandes à Paris, dans les années quarante. Flic, voyou, sadique, amoureux, dépravé, obsédé, efficace, (dé)trousseur, violent, Léon Sadorski passerait toutefois pour une petite main, comparé aux princes de l’épuration, rois de la torture et industriels du marché noir.

La bibliographie, impressionnante, trahit le souci maniaque d’une fidélité historique, conjugué au plaisir suave de l’ entrelarder de séquences fictionnelles. Il suffit d’une femme arrêtée pour utilisation de faux papiers pour entraîner Sadorski vers ses penchants les plus noirs et se retrouver sur les plateaux du cinéma favorisé par l’occupant. La rencontre d’une actrice point trop vertueuse va permettre à l’inspecteur adjoint de s’adonner au droit de cuissage, cette politesse universelle que l’on ne balance pas encore, en 1943.

Le déraillement funeste du train-train quotidien. Puisque Slocombe est également cinéaste, on peut espérer que ceci donne lieu à une série télévisée qui serait le pendant diabolique d’ « Un village français ».

 


« Sadorski et l’ange du péché »
de Romain Slocombe
Points policier
662 pages  8,80 euros.

Premiers titres de la trilogie, toujours disponibles :

« L’Affaire Léon Sadorski », Points n° P4640 ;
« L’Etoile jaune de l’Inspecteur Sadorski »,  Points n° P4848

 

 

 


(crédit image à la une : le couverture livre « Sadorski et l’ange de la perversion » – ©Points)

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