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Eric Fottorino, ce diable d’orpailleur

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Qu’il escalade son arbre généalogique ou magnifie les faits d’armes des champions cyclistes, Eric Fottorino n’a pas son pareil pour inciter à la ruée vers l’or.

Vendredi 26 juillet, Saint-Jean-de-Maurienne. C’est aujourd’hui que le Tour de France va se jouer. On aimerait tellement que le voeu de Fottorino soit exaucé « Comme j’aimerais voir surgir un nouveau semeur d’étincelles. Tant d’années de diète, des podiums où l’on ne parle qu’anglais, ça ne peut plus continuer ! ».

Son évocation de quelques maillots jaunes retentissants glisse sans s’attarder – Eric est économe de son mépris – sur le septuple usurpateur au pédalage « moulin à café », style que l’on retrouve aujourd’hui chez un prétendant au quintuplé. Curious coincidence, isn’t it ?

Les odyssées défilent, vécues ou rêvées par le petit garçon ébloui, jamais devenu un adulte désenchanté. Merckx, Ocaña, Anquetil, Poulidor, Hinault, Fignon, Fausto, Gino, Marco, et les grands aînés encadrent quelques autres prétendants, séduits et aussitôt abandonnés par le sortilège jaune. Les premières pages vous agrippent, dignes d’une anthologie de l’émerveillement. Métaphore, émotion, nostalgie, fidélité : tout Fottorino est là, styliste vif-argent dont un prix Femina 2007 n’a pas suffi à asseoir une autorité littéraire pourtant indiscutable. On aimerait que se rejoignent Alain Bosquet, fils intercontinental de philatéliste, par ailleurs auteur de L’enfant que tu étais , et cet aiglon à deux têtes, méditerranéen capital, tissé de mille légendes insaisissables. Fottorino est l’Hugo Koblet de la geste de juillet, la plume snobant le peigne. Il incarne la fin de l’indigent malentendu entre sport et intelligence germanopratine. Pour offrir le bouquet du vainqueur à sa Natalie, il a dû écraser les pétales avec une élégance à laisser pantois Antoine Blondin et les piliers du bar André de La Rochelle.

« Mes Maillots jaunes »
d’Eric Fottorino, Editions Stock
203 pages, 19 euros

 

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