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Tour de France : avec les « Équipiers » de l’ombre, voyage au cœur du peloton

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A l’ombre des podiums, des fleurs et des bravos, là où les Miss ne les voient pas, où journalistes et caméras n’ont que faire des rires, des larmes, de la sueur, de l’épuisement, commence le territoire des sans-grade, gregari, domestiques et autres porteurs d’eau.

Laurent Jalabert, qui connaît leur rôle fondamental dans le succès des champions, les appelle « la main d’œuvre ». Grégory Nicolas était comme eux : jeune cycliste enthousiaste et prometteur, avide de victoires, en route pour la célébrité. Tellement d’appelés et si peu d’élus.

Vient le jour où il faut renoncer aux rêves de lauriers, parfois la mort dans l’âme, toujours le cœur lesté d’amertume. Alors on loue sa force et son courage aux meilleurs, à ceux qui courtisent la gloire. Les quartiers de noblesse des perdants sont invisibles. On les appelle sobrement des équipiers, tel Rudy Molard, remontant des bidons dans la côte du Vernay, lors de l’étape du Tour vers Saint-Etienne.

Directeur sportif de l’équipe Arkéa-Samsic, Yvon Ledanois confie « Quand tu es un équipier, il n’y a rien de plus gratifiant, que tu termines à 30 secondes ou à 6 minutes, que d’apprendre que ton leader a gagné. La victoire accentue le niveau de dévouement/…/. Là, dans le Tour, quand Warren (Barguil) va annoncer la couleur dans le bus, ils vont mettre 400% de ce qu’ils ont ! »

Greg Nicolas nous ouvre les portes des coulisses, à la suite de Perrig Quéméneur, Cyrille Guimard, Anthony Roux, Clément Chevrier, Romain Bardet et les autres. Voyage au cœur du peloton, histoires d’hommes, typologie du respect, même si un Thomas Voeckler confie qu’il n’était pas du genre à flatter la croupe de son effectif, ajoutant : cela n’empêche pas de dire merci, mais de là à la reconnaissance éternelle…

A cet évangile de la condescendance selon saint Thomas, on préférera l’adresse de G. Nicolas « Ne pas gagner, dans le cyclisme professionnel, ce n’est pas nécessairement perdre. Il y a une forme de grandeur non pas à se soumettre, mais à se donner ».

 


« Équipiers »
de Grégory Nicolas ; préface de Romain Bardet et Clément Chevrier
Éditions Hugo Sport
278 pages. 17,50 euros

 

 


(crédit image à la une : Couverture de « Équipiers » – © Éditions Hugo Sport)

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