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Yann Golgevit : « Vertige Vocal, ce sont des sonorités inédites dans un répertoire que le public connaît »

Le contreténor montpelliérain lance « Vertige Vocal », une création qui entend casser les codes de la musique classique. Sur scène, sa voix s’accorde avec trois musiciens pour faire vivre un spectacle inédit et pop. Rencontre.

propos recueillis par

Comment vous est venue l’idée de « Vertige Vocal » ?

Depuis des années, j’essaie d’ouvrir le contreténor à d’autres horizons. Au départ, trois artistes ont été des révélateurs : Barbara, Maria Callas et Whitney Houston. Ces artistes ont éveillé en moi des émotions : c’est ce que je veux faire avec « Vertige Vocal ». Mais le vrai déclencheur a été un concert de « Il Divo » à Londres, ce groupe incroyable de crossover classique (ou pop opératique) qui mêle classique et pop moderne. J’ai eu envie de tenter une aventure similaire. J’ai commencé en tant que soliste dans des concerts pour ne pas trop dérouter le public. J’aime la chanson, j’aime le classique, j’aime la pop, j’ai eu envie d’associer tout ça dans un spectacle. Car « Vertige Vocal » n’est ni un concert, ni un récital ! C’est avant tout des chansons pop interprétées avec une voix de contreténor accompagnée de musiciens qui apportent de la couleur, de l’inspiration, de l’émotion. J’ai ce besoin de proposer autre chose et comme je le dis tout le temps, de casser les codes ! Dans ce spectacle, il y a du Lady Gaga, du Christophe Willem, du Queen… Cela va de Abba à Sia en passant par Whitney Houston ! On a aussi des musiques de film…

« L’idée est de dépoussiérer la musique classique et de la rendre accessible. »

Comment met-on en œuvre un tel spectacle ?

La priorité a été tout le travail sur les arrangements musicaux et d’apporter une couleur pop, jazzy, tango… C’est ça qui casse les codes ! C’est un vrai travail scénique ! Ce qui est intéressant avec Vertige Vocal, c’est que j’ai besoin de me sentir en sécurité sur scène et de totalement me libérer. Colas Valat, le metteur en scène, se sert de son expérience d’homme de théâtre tout en priorisant la musique pour que le public ne s’ennuie pas. Vertige Vocal ce sont des individualités qui dialoguent avec la voix pour faire naître une symbiose.


Pourquoi ce besoin d’aller à contre-courant ?

L’idée est de dépoussiérer la musique classique et de la rendre accessible. D’être original, aussi. Je ne connais aucun autre contreténor qui prendrait le risque que je prends ici et qui représente beaucoup de travail pour un spectacle sans entracte avec des chansons apprises par cœur. Je ne suis jamais allé aussi loin dans l’audace ! Le répertoire, c’est un choix personnel d’artistes qui me touchent. Et en même temps, ce sont des chansons que tout le monde connaît, l’idée est de les découvrir différemment, de provoquer de nouvelles émotions. Le violoncelle, instrument que l’on connaît peu, est ici une autre voix à part entière alors que dans son environnement habituel derrière un soprano, on le voit mais on ne l’entend pas !

« En tant qu’artiste, je trouve qu’il est normal que la ville et plus largement les collectivités, soutiennent des projets qui engagent la création »


Vous considérez-vous avant tout comme un artiste local ? C’est important, aujourd’hui, d’être ancré localement ? Montpellier représente quoi pour vous ?

Oui, l’ancrage est important, car c’est Montpellier qui m’a ouvert les portes. J’ai toujours voulu ouvrir la musique dans un ancrage social et solidaire. Montpellier est une ville dynamique, jeune, où il y a une grande diversité culturelle. Je m’y sens bien. Au fond c’est un petit village. Mais ! En tant qu’artiste, je trouve qu’il est normal que la ville et plus largement les collectivités, soutiennent des projets qui engagent la création. Vertige Vocal a pu se monter parce que les entreprises privées sont là financièrement et parce que nous avons le soutien de médias locaux et une équipe artistique impliquée… Il ne s’agit pas de forcer la main des collectivités. Je sais que la culture n’est pas une priorité budgétaire ou manque parfois de moyens. Pour monter « Vertige Vocal », je me suis débrouillé sans les collectivités. Ce n’est pas tant une question d’argent, mais une présence, un soutien, ça ne me paraît pas antinomique. Le spectacle est monté de A à Z, il n’y a plus qu’à être présent ! Et je tiens à remercier la ville de Villeneuve-lès-Maguelone, le théâtre Jérôme Savary et la directrice de la culture Maud Determ, pour leur accueil en résidence pendant une semaine.
Vous dites aussi qu’il faut « ouvrir la culture à la société »… Quand on monte un spectacle comme celui-là, il faut savoir qu’on parle de retombées en lien avec la création : on fait un travail d’éducation, on arrive à donner accès à la culture à des gens et à des « produits » culturels qu’on voit rarement… « Vertige Vocal » ce sont des sonorités inédites dans un répertoire que le public connaît et/ou adore et dans un même temps, ça permet au public, à des jeunes, de découvrir la voix de contreténor et le son d’instruments peu connus.

 

 


« Vertige Vocal » : un contreténor, une équipe artistique qui témoigne

Thierry Gautier, pianiste
« Avec Yann, ça a plutôt bien ‘matché’ car il recherchait un pianiste qui puisse s’adapter. C’est un projet qui me sort de mes habitudes jazz et salsa. Je suis moi-même arrangeur donc ma participation au projet allait un peu de soit. J’aime l’idée de travailler avec des instruments plus acoustiques surtout avec le violoncelle, un instrument qui m’intéresse beaucoup ».

Adrien Frasse-Sombet, violoncelliste
« J’ai rencontré Yann quand nous avons reçu la médaille de l’Académie des Arts des Sciences et des Lettres, ça faisait un moment que nous voulions monter un projet ensemble. Ce que j’aime dans Vertige Vocal, c’est l’idée de populariser le violoncelle et d’amener la musique ailleurs, trouver un nouveau public ».

Jérémie Pourchot, guitariste
« J’étais vraiment curieux de partager ma guitare avec une voix de contreténor »!

Colas Valat, metteur en scène
« Mettre en scène Vertige Vocal c’est faire un travail de direction dans un territoire particulier. Il s’agit de ne pas mettre Yann en danger tout en le poussant dans d’autres directions et mettre en avant la musique. Ce n’est pas de la mise en scène ou de la direction d’acteur à proprement parler, c’est plutôt un accompagnement. L’idée est d’entourer les quatre artistes d’un cocon de sécurité à partir de ce que je vois et de faire une composition ».

Maurice Fouilhé, éclairagiste
« Je puise l’inspiration dans la musique et dans l’écoute pour transporter le public. Accompagner visuellement ce spectacle est un vertige de lumières et de couleur »!

Mathias Layani, son
« Le plus ici, pour moi, est la présence d’instruments acoustiques mariés à la voix de Yann, tout ça sur un seul et même plateau ! Mon rôle est d’apporter des solutions pour créer du relief. J’aime l’écriture sonore, l’esthétique sonore, avoir cette réflexion-là sur un spectacle. C’est un véritable travail d’écriture sonore ».


« Vertige Vocal »

Chant : Yann Golgevit – Violoncelle : Adrien Frasse-Sombet – Piano : Thierry Gautier – Guitare : Jérémie Pourchot – Lumière : Maurice Fouilhé – Son : Mathias Layani – Mise en scène : Colas Valat – Direction musicale et artistique : Yann Golgevit – Production : F2F Music

Tournée en région
Samedi 22/06/19, Sumène, Escale en Cévennes
Mardi 09/07/19, Montpellier, Festival Terrasse des Sens
Mardi 23/07/19, Mèze, Chapelle des Pénitents
Samedi 27/07/19, Blauzac, Scènes Musicales au Château
Vendredi 02/08/19, Liausson, Salagou en Chansons
Dimanche 22/09/19, Lavérune
Samedi 05/10/19, Villeneuve-lès-Maguelone, Théâtre Jérôme Savary
Vendredi 15/11/19, Jacou
Vendredi 13/12/19, Lattes

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