Alexandra Alévêque : « Les trottoirs mais aussi les rédactions sont remplis d’idiots gonflés de préjugés »

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Loin des reportages convenus, des discours consensuels, Alexandra Alévêque utilise sa liberté et son naturel pour nous faire découvrir des mondes et des êtres hors-normes. Que ce soit dans la série 21 jours ou celle de Drôles de villes pour une rencontre, la journaliste montre l’étendue d’une bienveillance sans jugements et sans préjugés qui s’oppose frontalement au repli sur soi. Des parenthèses dans lesquelles on constate que Les gens normaux n’existent pas (Editions R. Laffont) et que seule la rencontre avec l’autre nous fait découvrir la véritable définition de ce qu’est l’alter-ego.

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Blaise Pascal disait que pour combattre nos propres préjugés, il fallait aller « au-delà de l’eau » – passer la frontière – pour rencontrer l’Autre et s’apercevoir qu’il n’était pas si différent de nous. Ici et là, le monde actuel semble se diriger vers des tentations de replis sur soi, de « fermeture », de peurs de cet Autre. Tout au long de ces années, au travers de votre travail, vous n’avez cessé de vouloir rapprocher les mondes et les individus, si incroyables soient-ils ; montrer que ceux que nous pensions si différents, hors-normes, ne sont somme toute que nos Alter-Ego, d’autres nous-mêmes aux destinées si particulières. Après quoi courrez-vous en « 21 jours… » – et pas 22 – et pourquoi dans ces « Drôles de villes » et pas d’autres ?
Plusieurs choses me viennent en tête en lisant votre question. La première, et nous allons rapidement l’évacuer, c’est mon ignorance crasse de la pensée philosophique. C’est comme ça, que voulez-vous, personne n’est parfait. Je vais cependant tenter de me montrer à la hauteur.
Durant mes jeunes années, je faisais sans trop réfléchir, j’apprenais mon métier, c’est déjà pas mal. La théorie m’est assez étrangère, dans l’exercice de ma profession comme dans ma vie personnelle. Avec du recul, je pense que c’est pour cette raison que j’ai choisi cette voie. Ce métier, je l’ai appris sur le tas à une époque bénie où c’était encore possible. Ma curiosité, je l’ai aiguisée sur les bancs de l’école puis en fac d’histoire. Que sont les historiens, si ce n’est des enquêteurs du passé ? Peu à peu, parce qu’on m’interrogeait sur ma façon de faire, j’ai dû m’arrêter un temps (et je n’aime pourtant pas beaucoup ça) pour tenter de tirer quelques enseignements de mon petit labeur.
Je veux voir pour croire et c’est là que je me raccroche aux branches de votre question. Vous parlez de préjugés. Je les …

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