« Bajirao Mastani » : une ode criante à la tolérance chantée par Bollywood

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Combats incessants, passion effrénée, amour interdit, battent avec brio la mesure de « Bajirao Mastani », fresque historique des plus ambitieuses parmi les supers productions de Bollywood qui signe définitivement le talent de Sanjay Leela Bhansali. Couronné par neuf prix aux Filmfare Awards, les Oscars en Inde, adapté du roman Marathi Raau, son budget colossal atteint dix-huit millions d’euros.

On savait la fascination de Sanjay Leela Bhansali pour la musique et le ballet depuis « Devdas », son troisième opus sorti tout droit des studios de Bollywood au succès retentissant, révélant en 2002 l’art de vivre et les sublimes chorégraphies indiennes portés par Aishwarya Rai et Shahrukh Khan (acteur déifié en Inde) mais « Bajirao Mastani » son nouveau blockbuster inspiré de l’histoire d’amour d’un guerrier légendaire, est un tour de maître.
L’intrigue se déroule en Inde, à l’aube du XVIIIe siècle où la cour du roi hindoumarathe Chlatrapati Shahu a besoin d’un nouveau Peshwa (1er ministre, bien plus valeureux que ceux de notre monde contemporain). Regard ténébreux, charismatique, doté d’une rare sagesse, le jeune Bajirao (Ranveer Singh, nouvel acteur vedette de Bollywood) est un guerrier hors pair, choisi pour incarner le futur Peshwa. Au fil des conquêtes et des années, il confirme son évidente valeur.

De battre mon cœur s’est arrêté

Au plus fort d’un voyage, un étrange guerrier s’introduit dans sa chambre et se bat avec ses hommes : derrière son armure, c’est la chevelure ardente d’une belle jeune femme qui se dévoile. Elle n’est autre que, Mastani, (Deepika Padukone, égérie de l’Oréal Paris) princesse perse troublante qui conquis d’emblée, Bajirao, par ses qualités de guerrière. Elle est de plus, la fille du roi rajpoute hindou, Chlatrasal et de sa conjointe musulmane perse Ruhani Bai. Mastani, demande à Bajirao son aide pour combattre l’envahisseur qui menace leur fort. Ils vaincront l’ennemi, ensemble.

Marié à la belle Kashi Bai, (Priyanka Chopra, ex Miss Monde, rôle principal dans la série Quantico), le Peshwa, est tiraillé entre son devoir moral et son amour fou pour l’intrépide Mastani, qui n’hésite pas à braver tous les interdits et les pires humiliations pour s’unir à lui.
Décors somptueux, palais digne des mille et une nuits, costumes d’exception, si la bande originale est aussi signée par Sanjay Leela Bhansali, il propose un équilibre harmonieux entre les scènes de combats épiques suivis de belles chorégraphies multipliant les points de vue scéniques, pour un résultat captivant. La narration sobre, éclairant de biais cette passion tourmentée. Le cinéaste a notamment, romancé cette histoire vraie qui retrace la vie de la reine Padmavati, projet qui a germé à son esprit il y a plus de treize ans.
Fiévreux, palpitant, actuel, « Bajirao Mastani » fait écho en filigrane à la montée des extrêmes au nord comme au sud: Mastani, n’est pas hindou, elle est musulmane et ne sera jamais acceptée par le clan et la famille de Bajirao. Au-delà de la dimension historique du récit et de l’amour inconditionnel des protagonistes, « Bajirao Mastani » est une ode criante à la tolérance. Ultime signe de contre-pouvoir face au fanatisme religieux.

(crédit photo – ©ESC distribution)

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