Les Franglaises : « Notre spectacle va au-delà du simple concept. Des clowns oui, des clones non ! »

« Le spectacle doit continueeeeeeer » de Queen , « Pourpre pluie » de Prince… L’idée est aussi simple que géniale. Douze chanteurs musiciens et comédiens pastichent mot à mot des tubes anglais ou américains pour les chanter dans la langue de Molière.
Performance vocale, chansons a capella, techniques de beatbox, ce spectacle musical imprégné de folie douce rayonne d’énergie et de talent. Interactif drôle, inventif et ultra rythmé, Yoni Dahan le maitre de cérémonie nous présente les Franglaises.

propos recueillis par

Pouvez-vous nous présentez votre compagnie?
Nous sommes la compagnie des Franglaises, une bande de potes des années collège. Nous faisions du théâtre ensemble aux ateliers Pierre Barayre le mercredi après midi à Saint-Maur-des-fossés ( Val de Marne). On a très vite vu qu’on avait une attraction commune entre nous.
Notre première création date de 2003 ou nous parodions « Les dix petits nègres » d’Agatha Christie. Aujourd’hui le collectif s’est agrandi avec les différentes rencontres réalisées durant ces dernières années. Nous comptons aujourd’hui une vingtaine de personnes dans le collectif.

Dans votre votre spectacle, vous demandez aux spectateurs de reconnaître le titre ou l’interprète d’un standard anglophone traduit littéralement en français. Dès qu’un spectateur identifie le texte de la chanson ou son interprète, celle-ci est chantée avec des arrangements vocaux originaux et des chorégraphies décalées. D’où est venue l’idée de monter ce spectacle, les Franglaises?
En 2009, un ami a ouvert un restaurant à Saint-Maur et souhaitait lui donner un coté « cabaret ». Connaissant un peu la troupe, il nous proposa de venir faire quelque chose avec lui. On a mis toutes nos idées dans un grand chapeau, et parmi les différents sketches proposés, il y avait déjà ll’ADN des Franglaises, un délire qu’on se faisait régulièrement en soirée. Très rapidement, le cabaret s’est transformé en soirées Franglaises.

Quel a été le déclic ?
Dans la rue au printemps de Bourges en 2010, nous avions décidé de passer une semaine là-bas pour jouer des Franglaises dans la rue. On y allait au chapeau pour réduire nos frais et voir la réaction des gens. Dès le deuxième set, ça a été incroyable, on avait deux cent, trois cent personnes qui s’arrêtaient pour nous voir. Dès le troisième jour des gens nous attendaient à notre spot, et un groupe de jeunes avec une pancarte ! C’était improbable ! Nous avons compris qu’on tenait quelque chose de génial, et qui nous faisait tellement rire !

Combien de concerts en France et à l’étranger, chaque année ? Quels pays visitez-vous ?
C’est en moyenne 130 dates par an. On a eu la chance d’aller en Suisse, en Belgique, à Londres et même au Canada, un pays ou on rêvait d’aller ensemble depuis notre adolescence.

Vous mêlez théâtre, mime chant, musique… Abordez-vous ce spectacle comme des comédiens qui se mettent dans la peau des chanteurs que vous interprétez?
Non surtout pas, c’est ce qu’on voudrait éviter. Nous sommes déjà nous-même des personnages sur scène dans ce spectacle. Des personnages eux-mêmes idiots, perdus dans leur propre traduction. C’est toujours important de mettre de la distance, surtout quand on reprend de véritables mythes, inégalables et inégalés.

Comment réagissez-vous aux critiques, à ceux qui vous voient comme des clones, des faussaires ?
Nous les soutenons ! Ce spectacle est une escroquerie ! Non, honnêtement nous n’avons pas eu de véritables critiques à ce sujet. Le public comprend vite que ce sont des hommages à ces chansons plus que des moqueries. Les gens y voient également une troupe qui défend un projet commun, à travers des reprises certes, mais avec énergie et passion.
Nous avons très vite tenter de montrer que notre spectacle va au-delà du simple concept. Des clowns oui, des clones non. Et maintenant que vous le dites Il y a dans la troupe Laurent qui a effectivement des faussaires de Joe Dassin.

Avez-vous pu rencontrer certains auteurs interprètes des chansons que vous parodiez ? Comment ont ils trouvé le spectacle ?
Non malheureusement, à part peut être Michel Fugain mais ça ne compte pas vraiment…

Vous êtes douze sur scène. Comment répartissez vous les rôles et comment faites-vous votre sélection de titres chaque soir ?
C’est à l’envie, à la proposition. On essaie d’abord de se faire rire entre nous, de faire des choses sur scène qui nous donnent vraiment envie. Depuis deux ans, Quentin Bouissou a pris la direction artistique pour orchestrer le tout.

Vous faites des traductions littérales des tubes anglo saxons. On découvre la platitude de certains textes je pense à « Hôtel California » des Eagles, Billy Jean, « It’s raining men », « Hello Good Bye » des Beatles , « you can leave your hat » on de Joe Coocker, cela déclenche le rire mais vous brisez un peu le rêve et la magie que procurent ces chansons ?
A priori non pas vraiment. Ces morceaux, comme vous le dites, sont magiques, ils sont déjà dans notre inconscient collectif. Ils sont indestructibles. Déjà par la musique, mais également par le texte, ce sont des histoires folles, étranges, drôles, décalées, absurdes… Le décalage et le rire dans le spectacle se jouent également dans les différences de culture qu’implique une langue. Nous, Français, avec la meilleure volonté du monde, on ne peut pas faire ce que font les anglo-saxons, ce n’est pas un jugement de valeur, c’est juste différent.

Comment la jeune génération accueille votre spectacle ?
Elle l’accueille très bien! C’est ce qui est génial quand on touche à de tels monuments de la musique, ils ont pour la plupart déjà traversés plusieurs générations et en traverseront d’autres.

A quoi tient votre succès selon vous ? Nostalgie de ces chansons, d’une certaine période ?
Oui évidemment la nostalgie des chansons pour certains. Le côté très populaire de ces morceaux entendus mille fois à la radio avec lesquels nous avons tous des souvenirs ou des moments précis de notre vie. Le succès est également sûrement lié à l’aspect comédie théâtrale, notre façon de présenter les choses, les transitions, la mise en scène et l’engagement de chaque comédien/musicien/chanteur. Ce coté troupe qui fait tout ensemble et qui existe de moins en moins.

N’est-ce pas un peu frustrant de réadapter des titres connus ?
C’est sûrement moins frustrant que de reprendre des chansons pas connues. En vrai c’est un plaisir de jouer des morceaux qu’on aime. De voir la surprise des gens qui écoutent ces titres comme si c’était la première fois. Parfois, on s’impatiente, on a tellement d’envies, tellement d’idées qu’une heure trente de Franglaises ne suffisent pas ! Mais ce n’est qu’un début, notre acte fondateur comme on dit dans le milieu.

Avez-vous d’autres projets musicaux plus personnels ?
Oui bien sûr, nous avons des tas de choses à présenter. Mais patience, on vous tiendra très vite au courant !

 

Les Franglaises
Toutes les dates de la tournée sur le site officiel du groupe : www.lesfranglaises.fr

 

 

( Crédit Photos : Hélène Pambrun )

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