The Beatles : Sergent Pepper, l’album culte de la génération d’après-guerre

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Par Jean-Christophe Mary – Voilà cinquante ans, les Beatles donnaient vie à l’un des plus beaux albums pop de tous les temps. Le quatuor de liverpool est alors à la pointe de l’avant-garde artistique de cette scène pop rock psychédélique alors en pleine effervescence.

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L’influence de Sergent Pepper aura été immense à la fin des70’s et l’album deviendra un modèle pour les générations suivantes. Nous sommes en 1966 et les Beatles ne supportent plus le fait de ne pas s’entendre en concert. Ils décident que leur concert au Candlestick Park de San Francisco sera le dernier. Ils vont s’isoler en studio pendant 5 mois et demi (entre décembre 1966 et avril 1967) pour enregistrer cet album culte. A cette époque, le quatuor britannique a une carrière déjà impressionnante avec des millions d’albums écoulés. Cette fois, l’ambition de Mc Cartney est de faire du prochain une sorte d’œuvre d’art totale tant au niveau du de son que du visuel.
Le visuel justement parlons en. Comment raté cette pochette loufoque, sorte de scrapbooks réalisé par Peter Blake, un artiste très célèbre dans le monde du pop art anglais du moment ( lire l’interview de Francesco Spampinato). Entourant les Beatles en habits colorés, on aperçoit des personnalités aussi diverses que Bob Dylan, Johnny Weissmuller, Karl Marx, Edgar Allan Poe ou encore Marylin Monroe, avec en clin d’oeil une photo des Beatles eux-mêmes à leurs débuts.

Sergent Pepper : des titres liés les uns aux auteurs

Contrairement aux précédents albums qui compilaient singles et titres de face B, Sgt. Pepper sera l’un des premiers concepts albums où les titres sont liés les uns aux autres dans une grande diversité de genre musicaux : du fox-trot au rock & roll, aux numéros de cirque qui se succèdent sans interruption, ou comme un spectacle de music hall, avec la présence d’un public de fan. Le résultat est cette pièce musicale où mélodies accrocheuses sont magnifiées un bric à brac musical fait de collage sonores et d’expérimentations musicales inédites à base de sons de cirque, de sitar, clavecin, orgue hammond, glockenspiel et d’un mellotron le nouveau jouet de John Lennon.


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Au niveau générationnel, Sergent Pepper est l’album culte de la génération d’après guerre. L’album sort le 01 juin 1967, l’année du Flower Power, deux semaines avant le festival de Monterey qui va inaugurer le summer of love aux Etats Unis. Le Royaume Uni vit lui au rythme du Swinging London, des costumes couleurs vives de Carnaby Street, de ces moustaches et barbes à la mode, de ces effluves psychédéliques venues d’orient que George Harrison rapporte de son voyage en Inde. Exit les chansons pour midinettes, le quatuor expérimente et s’aventure vers des orchestrations plus beaucoup complexes avec ces violoncelles, trompettes section rythmique de cymbales inversées. C’est dans ce contexte social, culturel et artistique en pleine ébullition, que les Beatles préparent des chansons qui parlent à la génération d’après guerre prise dans les tensions internationales entre la mort du Che, la guerre du Vietnam et les menaces de guerre nucléaire entre l’URSS et les USA

Sergent Pepper : la réponse des Beatles aux Beach Boys

Concept album, « Sergent Pepper » sera la réponse des Beatles au « Pet sounds » des Beach Boys, McCartney voulant surpasser son rival américain Brian Wilson. Déjà en opposition avec Lennon sur le plan des compositions, il trouve chez leader des Beach Boys un nouveau carburant dans ce processus de création. Dans la foulée de Sergent Pepper, les Rolling sortiront « Their Satanic Majesties Request », les Who « Tommy », The Zombies « Odessey and Oracle « , The Kinks « Are the Village Green Preservation Society » et les Small Faces « Ogdens’ Nut Gone Flake ». C
es albums seront pensés comme un tout indissociable (pochette, un fil conducteur de chansons qui s’enchainent sans pause).
Comme le groupe ne veut plus faire de concert, McCartney même pense à former un groupe ersatz qui partirait en tournée à la place des Beatles avec des titres complètement révolutionnaires pour l’époque. De She’s leaving home », l’imaginaire forain de « Being for the benefit of Mr Kite! », le célèbre Lucy in the sky with diamonds » dont les initiales (LSD) lanceront la polémique, ou encore les vapeurs orientales de « Within you without you », le charme rétro de « When I’m sixty four », ou enfin le la symphonie surréaliste de « A day in the life », on assiste de bout en bout à une avalanche de sons colorés aussi bariolés que chaleureux. Durant ces sessions, le premier titre enregistré « Strawberry Field Forever « sera publiée courant février en 45 tours avec Penny Lane de Paul McCartney mais ne figurera pas sur l’album.

Ce coffret Super Deluxe Edition sort en CD audio Blu-ray augmenté de trois CD comprenant l’album mono britannique, l’album en stéréo avec des remix stéréo et un album comprenant démos, enregistrements à la BBC.

Sergent Pepper, The Beatles – Deluxe Editions

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