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Jackie Kennedy : le portrait morose d’une veuve éplorée

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De Florence Yeremian – Le film débute à Hyannis Port dans la résidence d’été de John Kennedy. Assise derrière une table, l’élégante Jackie fait face à un journaliste pour lui dicter « sa » version officielle de l’assassinat de JFK. Afin de couper court à toute interprétation des médias, la First Lady brode une image héroïque et chevaleresque de son défunt époux. Au fil de l’interview – qu’elle dirige de bout en bout – la jeune veuve se remémore amèrement le drame de Dallas, la complexité des funérailles, sans oublier son départ précipité de la Maison-Blanche en compagnie de ses deux enfants…

Ce long métrage de Pablo Larrain n’est absolument pas un biopic consacré à la vie de Jacqueline Bouvier. Basé sur ses mémoires et leur adaptation, il se penche uniquement sur la période de deuil de la Première Dame. Entre l’assassinat de novembre 1963 et l’organisation des obsèques de JFK, le réalisateur explore pas à pas la dépression post traumatique de Jackie et nous entraîne avec elle dans un sombre gouffre émotionnel.

Bien que la performance de Natalie Portman soit excellente, elle s’attache beaucoup trop a l’aspect iconique de Miss Kennedy au détriment de la personnalité réelle de Jackie. Engoncée dans sa maladresse et ses petits tailleurs Chanel, sa protagoniste ressemble d’avantage à une gourde inculte qu’à une grande dame revendiquant sa place de First Lady. Paradant dans des cocktails ou décorant gentiment la White-House, elle nous fait songer à une petite fille idéaliste dont les caprices n’ont de cesse d’énerver ou de faire sourire les pontifes du gouvernement. Mais où est passé l’esprit de Jacqueline Bouvier? Qu’est-il advenu de son aisance, sa classe, son glamour, sa maitrise des langues étrangères, sa culture ? Certes le scénario se focalise sur le deuil de cette pauvre femme mais ce n’est pas une raison suffisante pour mettre tout cela de côté.

En composant un film sur le désarroi de Jackie Kennedy, Pablo Larrain n’a réussi qu’à nous livrer un portrait larmoyant et ennuyeux de la Première Dame. Ses travellings sont maitrisés, son casting est un sans-faute, ses costumes sont parfaits mais son sujet ne présente vraiment aucun intérêt. Pourquoi s’est-il concentré sur le spectacle d’une veuve éplorée au lieu de mettre en avant l’impact et le parcours d’une des figures politiques féminines les plus adulées des années 70 ? Ce parti-pris est assez incompréhensible. Il en résulte un drame morose dont le script insipide s’enlise de surcroit dans une musique nauséeuse. Condoléances…

Jackie ? Un film aussi déprimant qu’un enterrement

Jackie
Un film de Pablo Larrain
Avec Natalie Portman, Greta Gerwig, Peter Sarsgaard, Max Casella, Beth Grant
USA – Drame – 1h40
Sortie nationale: le 2 février 2017

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