Guillaume Apollinaire : Quand l’érotisme ne patauge pas dans le vulgaire

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Par Marc-Emile Baronheid – bscnews.fr / L’œuvre de Guillaume Apollinaire est tombée dans le domaine public depuis le 29 septembre 2013. La réédition en un seul volume de ses œuvres érotiques est la première, depuis l’ouvrage paru en 1934, seize ans après sa mort, qui avait circulé sous le manteau

On le sait, Apollinaire (1880-1918) écrivit ces livres vers ses vingt-six ans pour gagner l’argent que ne lui assuraient ni son modeste emploi dans une banque, ni ses collaborations à des revues. A-t-il forcé son talent, pour des raisons purement alimentaires ? Certaines pages tendent à l’ accréditer. Mais au plus désarçonnant des images jaillit toujours un vers, une phrase qui survole la mêlée et distingue le vrai écrivain. Raymond Jean considérait Les Onze mille verges comme un livre aussi monstrueusement que tendrement érotique. La possibilité de lire l’ensemble d’un même élan ne manque pas d’intérêt. « Ma bouche à tes seins blancs comme des petits suisses », c’est tout de même autre chose que l’actuelle prolifération qui ambitionne ( !) l’obscénité aguicheuse et parvient à peine à patauger dans le vulgaire.

« Œuvres érotiques complètes », Apollinaire, La Musardine, 18 euros

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