Un roman plein de vie, grinçant et peu ordinaire
Par Laurence Biava –bscnews.fr/ Le troisième roman d’Alizé Meurisse, après « Pâle sang bleu » et « Roman à clefs » est un des romans les plus sexy et décalés de cette rentrée littéraire. C’est l’histoire d’ un acteur au sommet de sa gloire qui jouit d’un grand pouvoir de séduction. Las d’être un cliché ambulant avec des femmes qui se donnent à lui sans réfléchir, il décide de changer de peau. Il découvre une clinique proposant à des clients fortunés de modifier leur apparence pendant 48 heures grâce à une injection d’ADN. Il se laisse tenter, manière pour lui de réapprendre les joies de l’anonymat. C’est alors que, sous les traits de cet autre moi « sans qualités », il devient co-locataire, fait de l’intérim, tombe naturellement amoureux et décide d’incarner véritablement cet autre, en dépit des risques encourus. Réussissant à s’identifier au-delà même de ce qu’il espérait, son état physique et mental se dégrade. Sort impossible à conjurer, le désir effréné d’être cet homme ordinaire le fait basculer « de l’autre côté du miroir » et le piège malgré lui.
Le style de Meurisse a une classe folle : il est éclairé, limpide, ciselé, déluré, faussement dilettante. « J’ai une poussière dans l’œil. Spinoza est mort parce qu’il a passé 21 ans à polir et tailler des lentilles de télescope et que la poussière microscopique a rempli ses poumons jusqu’à les détruire. Il a failli être assassiné pour ses théories. Il a cependant persisté à clarifier le …