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Montpellier Danse 2013 : Emanuel Gat et son Upcloseup

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Par Julie Cadilhac – bscnews.fr/ Pour ce 33ème festival de Montpellier Danse, c’est Emanuel Gat qui a été choisi comme chorégraphe associé. Cette édition permettra aux spectateurs spécialistes et néophytes de (re)découvrir le travail de nombreux artistes comme Maguy Marin , Mathilde Monnier, Trisha Brown, Rosa Frank, Raimund Hogue, François Chaignaud, Simon Hecquet, Denis Mariotte, Yalda Younès et bien d’autres…

Les 23 et 24 juin , au Théâtre de l’Agora, Mathilde Monnier s’est associée avec un dessinateur belge nommé François Olislaeger pour imaginer un spectacle intitulé «  Qu’est-ce qu’il nous arrive?!? » dans lequel danseront 22 amateurs. Mathilde Monnier explique que « les amateurs n’apprennent pas une chorégraphie », ce qu’ils montrent est « quelque chose de beaucoup plus subjectif »; elle leur laisse une certaine liberté et a conscience que c’est difficile pour un amateur de se laisser regarder sur scène dans un moment où il se montre fragile. Ce que l’on pourra voir est « une sorte de danse très individuelle ». Cette création soulève cette question : qui a la légitimité de parler d’art ? En effet , chacun a une expérience de l’art et semble avoir donc la légitimité d’en parler. La musique qui sera entendue durant la  » chorégraphie » est une playslist de morceaux évoqués par les amateurs lors du travail de répétitions. Côté dessin, François Olislaeger, qui est l’auteur d’une bd biographique sur Mathilde Monnier intitulée « Danser après tout », explique que la fusion entre la danse et le dessin s’est faite d’abord dans la réflexion commune sur l’utilisation de l’espace et de la mise en place : « le plateau = la page blanche ». Il ajoute que lors du travail des répétitions, il a eu l’impression de faire du freejazz : il a commencé ainsi à voir quelles partitions de dessin fonctionnaient mieux que d’autres et seulement ensuite il a décliné la gamme avec les meilleures partitions.
Denis Mariotte ensuite propose lors de cette édition deux installations qui seront visibles à partir du 1er juillet dans lesquelles «  il se passe quelque chose ». L’auteur a choisi volontairement de rester mystérieux quant à la nature de ces installations, précisant simplement que pour lui,  » la durée d’exposition est une question importante ». Il présente également les 22, 23 et 24 juin au studio Bagouet à l’Agora une création sonore, « Minute Papillon« . Sur scène, avec son propre corps, il a imaginé un travail qui tisse des liens entre la musique, le son, le corps, l’espace, le texte, la lumière etc..L’idée de départ était de réfléchir sur les empreintes que nous laisse la vie : « comment peut-on ainsi mentalement se transformer? Et comment exprimer cette transmutation avec le corps? Comment montrer l’étourdissement de ce qu’on est et de ce qu’on pourrait être?  » Le fil directeur, c’est l’instabilité de l’être. En cela, il explique que ce travail est un peu autobiographique car il a toujours été traversé du doute de sa propre réalité. Connu pour son travail de longue date avec Maguy Marin, Denis Mariotte insiste sur le fait que la musique pour lui joue beaucoup sur la dynamique et que dans ses compositions , il y a toujours quelque chose de très minimal…comme une résonance.
Enfin, Emanuel Gat présentera plusieurs travaux durant cette édition. Une exposition de ses propres photographies effectuées lors des répétitions, nommée « It’s people, How abstract can it get? » …un titre pied de nez aux réflexions que l’on adresse parfois à la danse contemporaine en la qualifiant d’abstraite ou de conceptuelle. Emanuel Gat répond avec des corps bien vivants et une « présence humaine » qui lui semble évidente. Il présente ensuite le 22 juin à l’Opéra Berlioz The Goldlandbergs : une pièce chorégraphique qui repose sur une bande-son extraite d’un documentaire à laquelle il a ajouté des variations de Bach. Ce documentaire conçu par Glenn Gould est constitué d’une interview de neuf membres d’une même famille et ensuite , à partir de ces flots de parole, Glenn Gould a imaginé une construction musicale : une sorte de fugue de voix. Emanuel Gat a voulu ainsi imbriquer deux « univers musicaux » et les superposer pour créer du contrepoint. Les 1er et 2 juillet, les spectateurs pourront découvrir aussi son Corner Etudes à l’Opéra Berlioz : une chorégraphie travaillée et créée devant le public. Enfin, le 5 juillet dans la Cour de l’Agora, ses danseurs effectueront « Danses de cour », une création éphémère qui ne sera jouée que dans ce lieu. Faite de matériaux récupérés dans plusieurs pièces chorégraphiques d’Emanuel Gat, l’intérêt sera de voir comment les danseurs se réadaptent dans un nouvel espace et comment ils déforment les matériaux initiaux. Emanuel Gat travaille avec une même équipe de danseurs depuis cinq ans; sa méthode de création consiste à donner des règles de jeu et à laisser ensuite ses danseurs libres d’imaginer des gestes, des mouvements etc…Il les encourage à être autonomes et aime se laisser surprendre…afin de nous montrer des objets chorégraphiques qui réfléchissent toujours sur « le lien entre ce que l’on entend et ce que l’on voit ». Un chorégraphe à découvrir assurément durant le festival…..

Tout le programme du festival peut être consulté ici

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