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Borges : les travaux et les toujours

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Par Marc Emile Baronheid – bscnews.fr / En 1968, l’ORTF souhaite recueillir les derniers témoignages de contemporains d’Apollinaire, à l’occasion du cinquantième anniversaire de sa disparition.

L’idée d’une collection fait alors son chemin. Quelques avatars plus loin, voici trois CD d’entretiens avec Jorge Luis Borges (1899-1986), contemporain capital, écrivain dont l’importance intellectuelle n’a d’égale que l’élégance qu’il mettait dans ses rapport avec les gens, aussi peu inspirés fussent-ils. Un bel exemple ouvre le ban de ce portrait au long cours, tourné en 1972 à Buenos Aires. A la première question, si piteusement pédante de son interlocuteur, Borges répond par un très courtois et d’autant plus accablant « je ne comprends pas trop la question ». Pas sûr que le peso soit tombé. L’intelligence de ce désormais classique de la littérature du XXe siècle sautera l’obstacle de la fatuité pour arpenter un territoire prodigieux allant de ses origines (son sang espagnol anglais, portugais et … belge) à la modernité de l’art, évoquant, chemin faisant, Buenos Aires, la dictature de Peron, Schopenhauer, Cervantès, Virginia Woolf, Kafka, Brecht, Jung, Freud, Malraux, l’engagement en écriture, l’appréhension de la naissance d’un texte, la signification du poème et autres réflexions répondant, durant 6h49, à notre besoin extrême d’emprunter un labyrinthe aux ramifications sans fin.

« Jorge Luis Borges », coffret de 3 DVD, éditions Montparnasse – collection Regards, 33 euros

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