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Les Misérables : Une comédie musicale qui mérite le déplacement

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Par Candice Nicolas – bscnews.fr / « Les Misérables » sortent en France aujourd’hui et déjà les mauvaises langues se déchaînent. La comédie musicale de Tom Hooper s’éloigne en tous points de son excellent « Discours d’un roi » (2011) mais elle mérite quand même le déplacement – à condition bien sûr d’aimer les comédies burlesques et d’être plutôt bon public. Le roman culte du grand Victor Hugo (1862) – ridiculement atrophié et mieux connu sous le nom « Les Mis » Outre-Atlantique – est mis en scène et en sauce hollywoodienne avec un paquet de décors grandiloquents et de bons acteurs – mais si – dont on ne pourra nier les efforts et voire même pour certains, les exploits de performances vocales inattendues.

Est-il nécessaire de rappeler l’intrigue du plus fameux roman du dix-neuvième siècle ? Peut-être, mais rapidement alors. Jean Valjean (Hugh Jackman) a été condamné au bagne pour avoir volé un quignon de pain. L’implacable Javert (Russell Crowe) le traque dès sa sortie en attendant la moindre faute pour faire replonger le forçat dans les eaux de Cayenne. Malgré l’acharnement de l’inspecteur, Valjean parvient à refaire sa vie, à changer d’identité, il devient M. Madeleine, maire de Villeneuve-sur-Mer, et protecteur de la jeune fille-mère, Fantine (Anne Hathaway) qui va de déchéance en déchéance. Réduite à la mendicité, elle sombre rapidement dans la prostitution mais au moment de sa mort prématurée, Valjean lui promet de veiller sur sa fille Cosette (Amanda Seyfried). Il la retire des griffes de l’horrible couple qui l’exploite, les Thénardier (Sacha Cohen-Carter) et de l’élever comme sienne. Voilà. On est en 1830, c’est l’insurrection à Paris, les barricades…

« Les Misérables » est une surproduction qui ne fait pas dans le détail, les décors, les costumes, les chorégraphies, tout attire l’œil et même les sceptiques devraient y trouver un bon divertissement. Alors oui, il faut se faire à l’idée du duel vocal Gladiator vs. Wolverine, mais une fois abandonnée la question – pourquoi faire chanter des acteurs, et pourquoi ceux-là ? – on s’y fait, et on se dit que c’est quand même pas si mal. Oui ça chante à tue-tête et c’est un peu à l’eau de rose, mais ça enivre aussi. Anne Hathaway semble mettre tout son cœur et ce qu’elle a de voix dans une course à l’oscar à peine dissimulée et oui, le film regorge de plusieurs anachronismes sidérants, oui on se demande pourquoi Fantine se fait arracher les deux dents de devant alors qu’Anne Hathaway s’égosille à pleins poumons en arborant un sourire à la Colgate. Mais avouons que Sacha Baron Cohen et Helena Bonham Carter sont absolument incroyables et valent à eux seuls le détour et que finalement, l’histoire de Hugo, les cinq volumes, n’a pas été si amochée. À penser que l’auteur aurait apprécié cette dernière adaptation, c’est une autre chose…

> Les Misérables (sortie le 13 février)
De Tom Hooper ; avec Hugh Jackman, Russell Crowe, Anne Hathaway, Amanda Seyfried, Sacha Baron Cohen et Helena Bonham Carter.

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