(Vidéo) Le PDG de Total conseille aux ruraux d’acheter une voiture électrique
Auditionné le 17 juin 2026 par la commission des finances de l’Assemblée nationale, le PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné est venu dresser le bilan d’une crise des carburants déclenchée par l’attaque israélo-américaine en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz. Interrogé sur la mobilité dans les territoires, il a livré son ordonnance aux campagnes : « Si j’ai une recommandation à faire aux habitants des zones rurales, c’est d’aller vers le véhicule électrique. »
Pour faire passer le conseil, Patrick Pouyanné a convoqué sa propre biographie. « Je viens de ce secteur-là originellement, et je sais ce qu’est la vie », a-t-il déclaré, avant de vanter la recharge nocturne à domicile et les économies réalisées « tant qu’on n’augmente pas les taxes sur la recharge ». Sur le déploiement de bornes publiques dans ces mêmes zones, le dirigeant a tranché : ce sera « plus de la com’ qu’une réelle aide ». Le raisonnement repose entièrement sur un présupposé, celui d’un automobiliste rural propriétaire de son logement, doté d’un emplacement privatif et des moyens de l’équiper d’une borne.
Le conseil tombe au moment où le prix moyen d’une voiture électrique neuve atteint 42 700 euros en France, selon les données de Transport & Environment. Le modèle d’entrée le moins cher du marché, la Dacia Spring, s’affiche à 16 900 euros. Pour un foyer qui parcourt plusieurs dizaines de kilomètres chaque jour, qui subit déjà l’envolée du carburant et qui doit avancer le coût d’une installation domestique, l’invitation à « aller vers le véhicule électrique » revient à prescrire une dépense de plusieurs dizaines de milliers d’euros à des ménages que la facture énergétique étrangle déjà.
Celui qui se réclame de la ruralité n’en partage plus depuis longtemps les contraintes budgétaires. Patrick Pouyanné a perçu une rémunération supérieure à 10 millions d’euros, articulée autour d’une part fixe de 1,55 million et d’une part variable indexée sur les résultats du groupe. TotalEnergies, dont 90 % du chiffre d’affaires se réalise à l’étranger, a versé environ 300 millions d’euros d’impôts en France pour des bénéfices mondiaux qui se comptent en dizaines de milliards. Le même groupe affirme que son plafonnement temporaire des prix à la pompe, appliqué dans 3 300 stations, lui aura coûté près de 200 millions d’euros.
La distance entre celui qui prodigue le conseil et ceux qui devraient le suivre se mesure en ordres de grandeur. D’un côté un dirigeant dont les revenus annuels dépassent ce qu’un smicard accumulerait en plusieurs siècles de travail. De l’autre des automobilistes à qui l’on suggère, depuis les bancs et les commissions de l’Assemblée, de régler le problème du carburant en signant un crédit automobile exorbitant pour une véhicule électrique.
Patrick Pouyanné conseille aux ruraux d’acheter une voiture électrique 🚘⚡️
Auditionné mercredi par la Commission des finances de l’Assemblée nationale, le PDG de Totalenergies a dressé le bilan de la crise des carburants. Il recommande notamment aux habitants des zones rurales… pic.twitter.com/EvtdCJvRaL
— BFM Business (@bfmbusiness) June 17, 2026
PENDANT QU'ILS VOUS CACHENT LA VÉRITÉ
Lisez ce que les autres n'osent pas écrire.
Sans publicité. Sans censure. À partir de 4,99€/mois.
Je m'abonne maintenant →