Zoe Strimpel : « Les femmes sont encouragées, comme toutes les personnes supposément « marginalisées », à revendiquer chaque souffrance ou injustice présumée »

Zoe Strimpel, historienne du genre et chroniqueuse au Sunday Telegraph, publie Good Slut: How Money, Sex & Power Set Women Free, un essai qui prend à revers la doxa féministe contemporaine. L’auteure britannique défend une thèse devenue hérétique dans les départements de « gender studies » : les femmes occidentales sont probablement les plus libres de l’histoire, et la culture de la plainte fabriquée depuis cinquante ans par l’université et ses relais militants produit moins d’émancipation que de fragilité psychologique. Entretien exclusif sur l’effondrement du féminisme libéral et les effets des recompositions démographiques européennes sur les libertés sexuelles conquises.

Dans votre travail, vous affirmez que les femmes occidentales sont probablement les femmes les plus libres de l’histoire. Pourtant, de nombreux mouvements féministes contemporains continuent de présenter les femmes avant tout comme des victimes d’une oppression systémique. Pourquoi pensez-vous que ce récit victimaire reste aussi dominant malgré les progrès immenses accomplis par les femmes dans les sociétés occidentales ?
C’est une excellente question. Cela est lié à la montée en puissance et à la popularité de la culture de la plainte de manière générale, mais aussi à des concepts comme l’intersectionnalité, la justice sociale et les politiques identitaires. Le wokisme, pour utiliser un terme galvaudé mais encore utile, repose sur une vision du monde qui, en empruntant une grille de lecture marxiste, considère qu’un « système » écrase l’individu ordinaire ; que le dominant opprime le dominé. C’est d’ailleurs le même schéma utilisé depuis longtemps pour délégitimer Israël et alimenter l’antisémitisme.
Il ne faut pas oublier non plus que le féminisme est devenu, depuis les années 1970, étroitement lié au monde universitaire. Or, l’université a largement adopté les théories dites « post » : postcolonialisme, post-structuralisme, postmodernisme, mais aussi l’humanitarisme, l’« antiracisme » et l’« anti-impérialisme ». Tout …

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