« L’Irlande bloque tout. Et personne n’en parle » Nicolas Vidal

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Depuis le 7 avril, l’Irlande est à l’arrêt. Cinq jours de blocage total : autoroutes coupées, dépôts de carburant assiégés, la raffinerie de Whitegate — unique installation du pays, couvrant 40 % des besoins nationaux — encerclée par des tracteurs et des camions. Plus de 600 stations-service à sec. Des ambulances qui économisent leur carburant. Le premier ministre Micheál Martin qui déclare sur RTE que l’Irlande est « sur le point de refuser des pétroliers ». Dublin, Cork, Limerick, Galway — c’est toute l’île qui tient et ne lâche pas.

Vendredi matin sur Tocsin La Matinale, Nicolas Vidal a dit ce que la presse française ne voulait pas formuler : cette révolte est réelle, massive, et le silence médiatique qui l’entoure en France n’est ni un oubli ni une lacune. C’est un choix. L’édito approche les 120 000 vues en moins de 48 heures.

Ce qui se passe à Dublin n’a rien d’un mouvement syndical balisé. Le collectif « People of Ireland Against Fuel Prices » s’est coordonné via WhatsApp, sans appareil politique, sans structure validée par personne. Des agriculteurs, des transporteurs, des artisans. Des gens qui ont découvert que le diesel franchissait les 2,17 euros le litre et qui ont décidé, simplement, que ça suffisait. Leurs revendications sont d’une précision chirurgicale : plafonner le diesel ordinaire à 1,70 euro, le litre agricole à un euro, suspendre la taxe carbone professionnelle. Pas un programme révolutionnaire. Juste la possibilité de continuer à travailler.

La réponse du gouvernement de Micheál Martin a d’abord été de les ignorer — le mouvement n’étant pas une « organisation représentative ». Traduction : vous n’existez pas institutionnellement, donc vous n’existez pas. Le ministre de la Justice a demandé l’intervention des forces de défense pour dégager les véhicules des infrastructures critiques. La police a procédé à des arrestations devant Whitegate samedi. Un État européen mobilise ses forces de l’ordre contre ses propres citoyens pour défendre des dépôts de carburant.

En France, quelques dépêches AFP recopiées. Rien d’autre. Pas de débat, pas de couverture à la hauteur — parce qu’il y a quelque chose d’inconfortable, pour les grandes rédactions, dans l’idée que les Irlandais ont fait ce que des millions de Français font semblant de ne pas envisager. Le litre dépasse deux euros ici aussi. La fiscalité carburant représente plus de 60 % du prix à la pompe ici aussi. L’État encaisse davantage quand les prix montent — mécaniquement, automatiquement.

Les Français, eux, attendent. Ils s’adaptent. Ils anesthésient la colère.

Près de 120 000 vues en deux jours : c’est un indicateur de fracture. Des centaines de milliers de personnes qui cherchent une information que leurs médias ne leur donnent pas, sur un événement qui les concerne directement. L’Irlande brûle. La France regarde ailleurs. Enfin — ses médias regardent ailleurs. Des dizaines de milliers de citoyens, eux, regardent Nicolas Vidal à 7h30 le vendredi matin sur Tocsin et tous les autres jours de la semaine suivent Clémence Houdiakova.

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