Carburant : la pénurie que l’État veut cacher et le mensonge sur les taxes qu’il encaisse notamment la CEE

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Le 5 avril à minuit, 681 stations étaient en rupture totale sur le territoire. Plus de 6 200 — soit 63 % du réseau national — ne proposaient plus de SP95. Le gazole manquait dans 14,7 % des points de vente. Ce sont les données du système d’information gouvernemental Prix Carburants, agrégées en temps réel par des plateformes indépendantes.
Le mercredi 1er avril au matin, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l’Énergie, affirmait sur TF1 que moins de 10 % des stations connaissaient des difficultés totales ou partielles. À l’heure précise où elle parlait, le service Vrai ou Faux de Franceinfo calculait, à partir des données du ministère de l’Économie lui-même, que le taux réel atteignait 14 %. Le lendemain matin : 16 %. L’écart entre le discours et les chiffres officiels n’est pas une question d’interprétation mais une question de lecture bête et méchante.

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Ce que le Journal officiel dit que les ministres ne disent pas
Le gouvernement a beau répéter que tout est sous contrôle, ses propres actes racontent une autre histoire. Le 26 mars, une décision signée par Maud Bregeon elle-même, publiée au Journal officiel, autorisait à titre exceptionnel et temporaire la commercialisation d’un gazole non conforme aux spécifications habituelles. Un gazole d’été, normalement commercialisé à partir du 1er avril, mis en circulation en urgence pour gonfler les volumes disponibles. Ce carburant résiste au froid jusqu’à 0 °C seulement, contre -15 °C pour le gazole d’hiver réglementaire. Le texte précise que les distributeurs assument l’entière responsabilité des incidents pouvant survenir. Autrement dit : si vous tombez en panne après avoir fait le plein de ce produit dégradé, l’affaire est entre vous et la station-service. L’État a signé la dérogation. Il n’assume pas les conséquences.
Ce n’est pas le geste d’un gouvernement qui maîtrise une situation. C’est celui d’un gouvernement qui colmate.

L’État, ses taxes, et sa quasi-taxe invisible
L’accise sur le gazole atteint 60,8 centimes par litre. Celle sur le SP95-E10, 67 centimes. La TVA s’applique ensuite à 20 % sur le prix toutes taxes comprises — mécanisme par lequel chaque centime gagné sur le brut gonfle automatiquement les recettes de l’État, sans qu’aucun ministre n’ait à signer quoi que ce soit.
À cette fiscalité officielle s’ajoute une ponction que le gouvernement se garde bien d’appeler taxe, mais que la Cour des comptes qualifie sans détour de quasi-taxe sur la consommation d’énergie : les certificats d’économie d’énergie. Le dispositif oblige les fournisseurs d’énergie à financer des travaux de rénovation chez les particuliers — isolation, changement de chaudière, rénovation thermique. En théorie, de la transition écologique. En pratique, les fournisseurs répercutent les deux tiers du coût sur les consommateurs, automatiquement, sans ligne distincte sur le ticket de caisse. En 2025, cette contribution pesait 11 centimes par litre. Depuis le 1er janvier 2026, elle en pèse entre 15 et 17. Le gouvernement a relevé de 27 % les obligations des fournisseurs par décret — publié en novembre 2025, sans débat parlementaire, sans vote, sans ligne dans un budget. L’enveloppe totale du dispositif passe de 6 à 8 milliards d’euros par an. La Cour des comptes recommande sa suppression pure et simple, pointant des économies d’énergie réelles très inférieures aux objectifs affichés et des fraudes massives dans les travaux financés. L’État finance sa politique de décarbonation avec l’argent de l’automobiliste, discrètement, dans chaque litre pompé — et personne n’est censé s’en apercevoir.
Philippe Tabarot, ministre des Transports, a clos le débat sur une éventuelle baisse fiscale avec une formule qui restera : le carnet de chèques ne peut plus être utilisé pour l’ensemble des citoyens. Il oubliait de mentionner que ce carnet, en ce moment précis, se remplit tout seul.

Routiers : 50 millions pour éteindre l’incendie
Le carburant pèse entre 25 et 35 % des coûts d’exploitation des transporteurs routiers. Leurs marges oscillent entre 1 et 2 %. Quand le gazole prend 30 % en un mois, ces marges n’existent plus. Selon les syndicats professionnels, plus de 600 entreprises de transport avaient déjà déposé le bilan au premier semestre 2026. Le gouvernement a répondu : 70 millions d’euros, dont 50 millions pour le transport routier, équivalant à 20 centimes par litre, valables uniquement en avril, sans rétroactivité sur mars — pourtant le mois le plus violent. En 2022, face au choc ukrainien, l’enveloppe pour ce même secteur atteignait 400 millions d’euros. Huit fois plus. Pour accéder à cette aide, les dirigeants doivent comparer leurs bilans trimestriels 2025 et 2026, preuves comptables à l’appui — exigence unanimement qualifiée d’inapplicable par des professionnels qui n’ont ni le temps ni les ressources pour monter un dossier administratif pendant que leurs camions tournent à perte.
Opérations escargot sur le périphérique parisien, blocages sur l’A7 près de Lyon, convois dans la Marne et en PACA. Des délégations reçues, rien de concret obtenu. Depuis le 2 avril, les transporteurs peuvent répercuter la hausse sur leurs clients — grande distribution en tête. La facture migre du camion vers le rayon, du rayon vers le chariot, du chariot vers celui qui paie en caisse.

Ce qui vient
JP.Morgan prévoit la fin des livraisons en provenance du détroit d’Ormuz vers l’Europe aux alentours du 10 avril. Dominique Schelcher, président de Coopérative U, fixait mi-mars un point de bascule à six semaines — fenêtre dans laquelle nous entrons maintenant. Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie, a averti que les pertes pétrolières d’avril seraient deux fois supérieures à celles de mars. Ces avertissements ne viennent pas de militants. Ils viennent des institutions que le gouvernement cite lui-même quand ça l’arrange.
681 stations à sec. 63 % du réseau sans SP95. Un gazole hors normes vendu en urgence par décret ministériel. Une quasi-taxe de 17 centimes par litre glissée dans chaque plein sans débat parlementaire. Et une porte-parole qui assure que tout va bien. La pénurie, selon le gouvernement, n’existe pas. Elle a juste un autre nom.

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