Mercosur : Bruxelles sacrifie définitivement nos paysans sur l’autel du libre-échange

par

technocratique, de déclencher l’application provisoire du traité de libre-échange avec le Mercosur — et ce, sans attendre la ratification du Parlement européen. Un détail, apparemment. Pourquoi s’embarrasser du suffrage des représentants élus quand les lobbies industriels ont déjà validé ?

Le résultat est une mécanique rodée : les agriculteurs européens manifestent, les gouvernements s’indignent, et Bruxelles signe. Business as usual.

Ursula Von der Leyen, avocate des multinationales

Il faut rendre justice à Ursula von der Leyen sur un point : elle est d’une constance remarquable. Constante dans sa capacité à ignorer les alertes. Constante dans sa déférence aux intérêts industriels allemands. Constante dans ses grands discours verts le matin, et ses trahisons écologiques le soir.

Car que nous dit ce traité, concrètement ? Il dit que les voitures allemandes et les produits chimiques européens pourront s’implanter en Amérique du Sud — et qu’en échange, nos marchés seront inondés de viandes brésiliennes bourrées de pesticides interdits ici depuis des années, et traitées aux hormones de croissance que nos propres éleveurs n’ont pas le droit d’utiliser.

Le nom de ce chef-d’œuvre commercial ? Les experts l’appellent le deal « cows-for-cars ». Des vaches contre des voitures. Le modèle agricole français, lui, on l’appelle : sacrifié.

Un scandale sanitaire en cadeau

La cerise empoisonnée sur ce gâteau libéral ? Des rapports sanitaires européens ont relevé la présence d’estradiol — une hormone de croissance formellement interdite dans l’Union européenne — dans de la viande brésilienne importée. Et alors ? Alors rien. La Commission a lu les rapports, a rangé les dossiers, et a continué à négocier.

C’est la logique Bruxelles dans toute sa splendeur : les normes sanitaires européennes s’appliquent à nos producteurs, sous peine de sanctions. Elles s’évaporent dès qu’il s’agit de laisser entrer des produits concurrents. Nos paysans, eux, ont le droit de jouer avec un handicap permanent. C’est ce qu’on appelle, paraît-il, le marché libre.

L’Amazonie brûle, Bruxelles applaudit

Le volet environnemental est à l’avenant. Selon plusieurs études d’impact environnemental, ce traité accélérerait la déforestation amazonienne de façon significative sur les six prochaines années. Six ans. C’est-à-dire que pendant que Ursula von der Leyen promettait un Green Deal et la neutralité carbone à l’horizon 2050, ses services signaient un accord qui allume un incendie à l’autre bout du monde.

La contradiction serait risible si elle n’était pas criminelle. Bruxelles subventionne la transition écologique d’une main et finance la destruction de la forêt tropicale de l’autre. Et ce sont les mêmes Verts européens, trop souvent anesthésiés par le consensus bruxellois, qui ont laissé faire.

Emmanuel Macron : trop peu, trop tard

Emmanuel Macron parle de « mauvaise surprise » et tente de constituer une minorité de blocage. C’est touchant. Terriblement insuffisant et désespérément tardif, aussi, pour un accord qui a mis vingt ans à se conclure et qui s’active désormais sans lui demander son avis.

La France, l’Espagne, la Pologne ont protesté. Les agriculteurs ont bloqué des routes, déversé du fumier devant des préfectures. Résultat : zéro. La machine bruxelloise ne s’arrête pas pour si peu. Elle a des calendriers, des engagements avec des partenaires commerciaux, et des industries automobiles à satisfaire.

Ce que ce traité dit de l’Europe

Ce Mercosur-là n’est pas un accident. C’est un aveu. L’aveu d’une Union européenne qui a choisi son camp : celui des grandes industries exportatrices, des multinationales de l’agroalimentaire, des financiers du libre-échange — contre ses paysans, ses consommateurs, ses forêts.

Il dit que la souveraineté alimentaire n’est pas une priorité. Que les normes sanitaires sont négociables quand le commerce l’exige. Que vingt ans de mobilisation agricole ne valent pas un accord commercial bien ficelé.

Il reste à espérer que la mobilisation des agriculteurs, des consommateurs et des forces souverainistes soit assez puissante pour contraindre les parlementaires européens à ce que Bruxelles a soigneusement évité : voter, vraiment, sur ce traité. Et peut-être, cette fois, dire non.

Avant que ce traité ne signe l’acte de décès d’un modèle agricole qui nourrissait l’Europe — et qu’Ursula von der Leyen aura sacrifié, avec application, sur l’autel d’un mondialisme aussi destructeur qu’aveugle.

PENDANT QU'ILS VOUS CACHENT LA VÉRITÉ

Lisez ce que les autres n'osent pas écrire.

Sans publicité. Sans censure. À partir de 4,99€/mois.

Je m'abonne maintenant →
Laissez votre commentaire
Fringue-toi chez Putsch !
🔥 Soutenir Putsch »
Fringue-toi chez Putsch !
Putsch
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.

Il vous reste

0 article à lire

M'abonner à