(Vidéo) Maud Bregeon : « Ça s’est envolé au-delà de ce qu’on pensait » – L’aveu désastreux
Il y a des phrases qui résument une époque. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l’Énergie, en a offert une ce jeudi 19 mars sur BFMTV. Six mots, prononcés avec le flegme particulier des gens qui n’ont aucune solution à proposer : « Ça s’est envolé au-delà de ce qu’on pensait. » Voilà. C’est dit. Le gouvernement ne savait pas. Il avait pourtant affirmé le contraire. Et maintenant qu’il le sait, il ne fait rien. Circulez.
Le 4 mars, cette même Maud Bregeon promettait aux Français une hausse « de quelques centimes, contenue et limitée ». Trois semaines plus tard, le gazole avait pris plus de 30 centimes, franchissant la barre des 2 euros le litre dans des centaines de stations à travers le pays. L’automobiliste français n’a pas eu droit au mea culpa télévisé. Il a eu droit à la facture. Lui seul.
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La réponse gouvernementale à cette débâcle annoncée tient en trois actes aussi creux les uns que les autres. Acte un : la menace. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé cinq cents contrôles dans les stations-service par la répression des fraudes pour sanctionner les hausses abusives. Bilan : 16% d’anomalies relevées, 6% de stations passibles de sanctions. Admirable. Le prix à la pompe, lui, n’a pas bougé d’un centime et de surcroît rien ne l’encadre donc ces contrôles sont une funeste opération de communication.
Acte deux : le refus d’aider. Baisser les taxes ? Impensable. Maud Bregeon a fermé la porte net, invoquant un coût de 20 milliards d’euros pour des finances publiques déjà en lambeaux. Vingt milliards. Ce chiffre dit tout sur l’état réel du pays : la France est tellement exsangue qu’elle ne peut même plus restituer aux Français une fraction de ce qu’elle leur extorque à la pompe depuis des décennies. L’accise — ex-TICPE — représente à elle seule plus de 35% du prix final du carburant. Sur chaque plein, l’État se sert copieusement avant de vous expliquer, avec toute la gravité requise, qu’il ne lui reste plus rien pour vous aider. La maison brûle. Le pompier présente la facture de l’eau.
Acte trois : les grandes réunions. Un G7 Énergie convoqué à Paris en marge d’un sommet nucléaire, des pétroliers reçus à Bercy, des déclarations d’intention recyclées à chaque plateau télé. Et la formule magique, inoxydable : « Nous étudions tous les scénarios. » Ce qui, traduit honnêtement, signifie: nous n’avons ni les moyens ni le courage d’agir.
Ce désastre ne tombe pas du ciel. Il a été fabriqué
Ce qui se joue à la pompe ce printemps n’est pas un accident géopolitique malheureux. C’est l’aboutissement logique, prévisible, d’une politique énergétique délibérément suicidaire conduite depuis trente ans par des gouvernements qui ont méthodiquement désarmé la France.
La France nucléaire — celle qui avait bâti son indépendance énergétique après les chocs pétroliers des années 1970, celle qui produisait une électricité parmi les moins chères d’Europe — a été sabordée. Des réacteurs fermés avant l’heure. Des investissements repoussés jusqu’à l’absurde. Un parc vieillissant faute de volonté politique. Et pendant ce temps, 60% de la consommation d’énergie finale en France repose encore sur du pétrole et du gaz importés. Soixante pour cent. Dans le pays de l’atome civil. Dans le pays qui aurait pu — qui aurait dû — être le moins exposé d’Europe aux soubresauts du Moyen-Orient.
Pire encore : ces mêmes gouvernements ont refusé avec une constance remarquable de reprendre le contrôle sur le marché européen de l’énergie. Ce marché kafkaïen oblige EDF — entreprise publique, construite avec l’argent des contribuables français — à vendre son électricité nucléaire au prix du gaz sur les marchés de gros européens. Le dernier mécanisme qui protégeait encore partiellement les consommateurs, l’ARENH, a disparu au 1er janvier 2026 sous pression européenne, sans que le gouvernement lève le petit doigt pour défendre les intérêts des Français. Résultat : l’atome français, financé par des générations de citoyens, engraisse désormais les marchés européens pendant que les ménages ne peuvent plus remplir leur réservoir.
Rome décide en vingt-quatre heures. Paris « étudie »
Le contraste avec nos voisins est d’une brutalité à faire rougir. L’Italie a adopté ce mercredi 19 mars un décret réduisant de 25 centimes par litre le prix du carburant pour vingt jours, avec une aide d’urgence pour les transporteurs et les pêcheurs, et un mécanisme anti-spéculation. Giorgia Meloni l’a annoncé elle-même en quelques minutes, sans commission interministérielle ni sommet préalable. Son vice-Premier ministre Matteo Salvini n’a pas boudé son plaisir : « Dès les prochaines heures, les Italiens paieront moins cher que les Allemands, les Français et les Espagnols. » Une petite phrase qui claque depuis Paris comme une gifle pleinement méritée.
La Croatie a plafonné ses prix — diesel à 1,55 euro, essence à 1,50 euro — pour protéger le niveau de vie de ses citoyens. La Hongrie a instauré un prix protégé. La Grèce a plafonné les marges des distributeurs jusqu’au 30 juin. La Serbie a réduit de 20% ses accises. Des pays infiniment moins riches que la France, avec des budgets publics infiniment plus contraints, qui ont trouvé les leviers en quelques jours. Parce qu’ils avaient décidé de protéger leurs citoyens plutôt que d’expliquer pourquoi c’était impossible.
Les Français paient la facture d’un pays qu’on a volontairement ruiné
Maud Bregeon a glissé une formule involontairement révélatrice dans son intervention : la France paie le « coût de ses dépendances ». C’est vrai. Mais qui a construit ces dépendances ? Qui a fermé les réacteurs ? Qui a refusé gouvernement après gouvernement de reprendre souveraineté sur notre énergie face à Bruxelles ? Qui a laissé 90% du gazole consommé en France être raffiné hors de l’Union européenne, transformant chaque crise géopolitique en hémorragie directe sur le portefeuille des ménages ?
Ce ne sont pas des fatalités. Ce sont des choix. Politiques. Idéologiques. Assumés. Et pendant que Maud Bregeon fait son mea culpa devant les caméras, les Français font le leur à la pompe — à 2 euros le litre.
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