Rémi Gaillard conteste l’élection municipale à Montpellier
Rémi Gaillard va contester l’élection municipale de Montpellier : une profession de foi censurée, un scrutin sous question
Il a gagné devant les juges. Il a quand même perdu dans les urnes. Et maintenant il attaque. Rémi Gaillard ne lâche pas l’affaire : l’élection municipale du 15 mars à Montpellier pourrait se terminer en salle d’audience plutôt que dans la sérénité d’un second tour auquel il n’a pas été convié.
Victoire judiciaire, défaite électorale
L’histoire commence dix jours avant le scrutin. La commission de propagande réunie le vendredi 6 mars pour valider les documents électoraux des treize listes en lice à Montpellier décide d’invalider la profession de foi de Rémi Gaillard. Trois listes ont effectué un signalement — dont celle du maire sortant Michaël Delafosse, nommément désigné par Rémi Gaillard lui-même sur X dès le soir même. Motif officiel retenu par la commission : des couleurs bleu-beige-rouge sur le visuel de campagne, susceptibles de créer une confusion avec le drapeau tricolore au sens de l’article R.27 du Code électoral. En clair, un clown brandissant une tarte avec une manche à pois jaunes constituerait une menace pour les fondements symboliques de la République. On a connu des jurisprudences plus solides.
Rémi Gaillard rétorque immédiatement que ces mêmes couleurs figuraient déjà sur ses documents de campagne en 2020, sans que personne n’y trouve à redire. Son explication est limpide : à l’époque, il était moins haut dans les sondages. Son équipe dépose un recours dès le lundi 9 mars.
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Je m'abonne maintenant →La préfecture chiffre le respect de la loi à 200 000 euros
Le tribunal administratif de Montpellier rend son jugement le mardi 10 mars. C’est une gifle en règle pour la commission : les juges estiment que les couleurs en question ne sont pas de nature à entretenir la moindre confusion avec l’emblème national. Puis ils enfoncent le clou : en refusant la distribution, la commission de propagande a commis une illégalité grave et manifeste de nature à affecter la sincérité du vote. Autrement dit, une faute caractérisée sur un scrutin à 174 971 électeurs inscrits.
Mais à l’audience, la secrétaire générale de la préfecture de l’Hérault, Véronique Martin Saint-Léon, avait déjà montré de quel côté se situaient les priorités de l’État : selon elle, la mise sous pli de quelque 175 000 circulaires supplémentaires entraînerait un surcoût de près de 200 000 euros, et leur distribution serait matériellement très difficilement réalisable dans les délais impartis. En résumé : respecter une décision de justice, c’est trop cher et trop compliqué. Circulez.
Une distribution qui n’aurait pas eu lieu
Victoire judiciaire, donc. Sauf que dans les faits, selon l’équipe de Rémi Gaillard, rien n’a changé. Dès le 13 mars, deux jours avant le scrutin, Rémi Gaillard l’affirme publiquement sur X : son programme n’est toujours pas distribué dans les boîtes aux lettres. La mise sous pli devait pourtant être bouclée au plus tard le mercredi 11 mars pour parvenir aux électeurs avant le 15. Une décision de justice qualifiant explicitement la situation d’illégalité grave n’est pas censée rester lettre morte. Elle l’est pourtant restée, selon le candidat.
Ce lundi 17 mars, l’équipe de Rémi Gaillard confirme publiquement la même version : des milliers d’habitants de Montpellier n’auraient jamais eu entre les mains sa profession de foi, contrairement à celles de leurs concurrents. Dans une ville de 174 971 électeurs inscrits, l’impact potentiel sur les résultats n’est pas anecdotique — d’autant que Rémi Gaillard termine le premier tour à 8,21%, à moins de deux points du seuil de maintien au second tour.

Un recours en préparation, des témoins recherchés
Rémi Gaillard l’a annoncé sans détour : son équipe se réserve le droit de contester l’élection. Pour construire ce recours, elle appelle directement les électeurs concernés à se manifester. La démarche est précise : remplir une attestation officielle sur formulaire Cerfa et joindre une copie de pièce d’identité recto-verso. Une récupération physique des documents peut même être organisée pour ceux qui ne peuvent pas les transmettre autrement.
Ce n’est pas un coup de communication. Le tribunal administratif a déjà posé les bases juridiques en reconnaissant que le refus de distribution était susceptible d’affecter la sincérité du vote — formule qui, dans le droit électoral français, n’est pas un détail rhétorique. C’est précisément le critère sur lequel s’appuient les recours en annulation de scrutin.
Le PS local dans le viseur
Rémi Gaillard pointe nommément les manœuvres du PS local pour expliquer le blocage. La gauche institutionnelle montpelliéraine dirigée par Michael Delafosse, n’a visiblement pas apprécié de voir un humoriste de renommée nationale s’inviter dans la cour des grands avec 71 candidats sur ses listes et une campagne menée tambour battant. Qu’un candidat obtienne gain de cause devant la justice et que sa profession de foi se retrouve malgré tout aux abonnés absents — selon ses propres déclarations — le jour du vote, voilà qui mérite au minimum des explications, et peut-être un jugement.
Les électeurs montpelliérains attendent de savoir si leur bulletin a été glissé dans l’urne dans des conditions réellement équitables. La suite se jouera devant les tribunaux. Rémi Gaillard, lui, a l’habitude de faire parler de lui. Cette fois, ce n’est pas pour rire.
( crédit photo : photo de campagne de Rémi Gaillard)
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