#BalanceTonPlein : quand les automobilistes en ont ras-le-réservoir

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Il y a des seuils symboliques qui font l’effet d’une claque. Cent euros. C’est le montant affiché sur certaines pompes depuis le début du mois de mars 2026, et c’est précisément cette image — un compteur qui s’emballe pendant qu’un automobiliste retient sa respiration — que l’association 40 millions d’automobilistes a choisie pour lancer sa dernière mobilisation. Le message, lui, est sans fioritures : stop au hold-up fiscal.

La campagne s’appelle #BalanceTonPlein. Le principe tient en trois gestes : faire son plein, photographier le montant final affiché sur la pompe, puis envoyer le cliché par SMS à Pierre Chasseray, délégué général de l’association, au 07 69 55 74 28 — ou le poster directement sur les réseaux sociaux avec le hashtag dédié. Chaque photo devient une pièce à conviction. Une preuve concrète, non falsifiable, du coût réel que représente aujourd’hui la mobilité pour des millions de ménages qui n’ont pas le luxe de télétravailler depuis un appartement parisien.

Un timing choisi avec soin

Depuis le 5 mars 2026, les automobilistes subissent une hausse brutale du prix du carburant, alimentée par les tensions au Proche-Orient et aggravée par un système fiscal aberrant grâce auquel l’État tire profit via une TVA écrasante appliquée non seulement sur le produit, mais également sur la TICPE elle-même. En l’espace de quelques heures, le diesel a grimpé en moyenne de 5 centimes par litre, avec des pics locaux dépassant parfois les 20 centimes dans le sud-ouest du pays. Dans certaines stations, le seuil symbolique des 2 euros le litre a déjà été franchi.

Sur ce terreau inflammable, 40 millions d’automobilistes joue une partition rodée — et cette fois appuyée par un dispositif en deux volets. Car la campagne ne s’arrête pas au hashtag.

Une pétition pour mettre l’État face à ses responsabilités

En parallèle de la mobilisation numérique, les conducteurs sont invités à signer la pétition « Coût de pompe : stop au hold-up fiscal ». L’objectif : accumuler un volume de signatures suffisant pour que le gouvernement ne puisse plus prétendre que le sujet est marginal. Une précédente pétition de l’association avait déjà rassemblé près d’un million et demi de signatures — sans que l’exécutif bouge d’un centimètre. Cette fois, l’association entend frapper plus fort, plus vite, en capitalisant sur un contexte de flambée immédiate et visible.

Les revendications sont précises : une baisse de la TVA à 5,5 % en considérant les carburants routiers comme des produits de première nécessité, ainsi qu’une baisse de la TICPE au niveau des minima imposés par l’Union européenne. Rien d’exorbitant. Juste l’application d’un peu de cohérence dans un pays où les automobilistes sont les plus taxés d’Europe, à hauteur de 2 600 euros de taxes par conducteur et par an.

La TVA sur la TICPE : l’arnaque dans l’arnaque

Le détail qui tue — et qui résume toute l’indécence du système — est celui-ci : en France, la TVA à 20 % s’applique non seulement sur le prix du carburant, mais aussi sur la TICPE, cette taxe fixe qui pèse déjà entre 60 et 70 centimes par litre. Autrement dit, vous payez une taxe sur la taxe. Et chaque fois que le baril monte, l’État encaisse davantage sans avoir rien fait, sans avoir produit quoi que ce soit. Selon l’INSEE, les transports représentent le premier poste de dépense des ménages français, à 16,4 % du budget, devant le logement et l’alimentation. Ce n’est pas une statistique anodine. C’est le portrait d’un pays où se déplacer est devenu une charge, pas un droit.

La réponse du gouvernement ? Le silence

Pour l’instant, l’exécutif botte en touche, rappelant que les prix à la pompe sont libres et résultent de la concurrence entre enseignes. Un argument d’une malhonnêteté assez remarquable quand les taxes représentent plus de la moitié du prix affiché. Dans le scénario le plus pessimiste — tensions durables au Proche-Orient, blocage du détroit d’Ormuz — c’est un baril à 200 dollars et un litre d’essence à plus de 2,50 euros qui se profilent à l’horizon.

Le tweet de lancement a dépassé les 52 000 vues en moins de douze heures. 598 retweets. 921 likes. La pétition, elle, vient à peine d’ouvrir. La colère monte. Et cette fois, elle a un hashtag et un formulaire.

👉 Pour signer la pétition : mobilisation.40millionsdautomobilistes.com

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