Carburant : l’État refuse de baisser la TVA à 5,5 % et encaisse

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Alors que le baril s’emballe sur fond de guerre au Moyen-Orient, l’association 40 Millions d’automobilistes réclame une baisse de la TVA à 5,5 %. Réponse du gouvernement : silence radio. Business as usual.

La pompe qui explose, et l’État qui encaisse

La guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran a suffi à tout faire basculer. Depuis la fermeture du détroit d’Ormuz fin février, par lequel transitent chaque jour un cinquième du pétrole mondial, les marchés s’affolent et le baril de Brent a bondi de 13 % en quelques heures. En France, la mécanique est implacable : au 4 mars 2026, le gazole s’affichait à 1,818 euro en moyenne nationale, le SP98 à 1,873 euro Roole — et ce n’est qu’un début.

Le seuil des 2 euros le litre se rapproche dangereusement, et selon des analystes, tant que le baril reste autour de 80 à 85 dollars, les prix ne devraient pas s’envoler davantage — mais les scénarios les plus sombres évoquent un baril à 110 dollars ou au-delà France 3 Normandie, ce qui porterait mécaniquement l’essence au-dessus de la barre symbolique. L’association 40 Millions d’automobilistes, elle, envisage même dans ses projections les plus pessimistes un baril frôlant les 200 dollars.

Dans ce contexte, une question s’impose avec une évidence désarmante : pourquoi l’État ne touche-t-il pas à ses taxes ? La réponse tient en un mot : l’argent.

60 % du prix, c’est l’État. Pas le pétrole.

Voilà ce qu’on oublie commodément à chaque flambée des cours : le prix à la pompe n’est pas, en majorité, celui du baril. Les taxes représentent environ 60 % du prix du carburant, entre l’accise sur les carburants (anciennement TICPE) et la TVA à 20 % Connaissance des Énergies. Et cette TVA présente une particularité que peu de gens connaissent mais que tout le monde paye : elle s’applique sur le coût du produit raffiné mais aussi sur la TICPE elle-même, représentant ainsi un impôt sur l’impôt Planete-energies.

En clair : quand le prix du baril monte, l’État perçoit mécaniquement davantage de TVA, sans bouger le petit doigt. C’est le contribuable qui s’acquitte de la facture, et l’État qui empoche la différence. Une baisse de la TVA de 20 % à 5,5 % permettrait à l’automobiliste d’économiser entre 18 et 20 centimes par litre de carburant Picbleu. Sur un plein de 60 litres, ça représente plus de 10 euros. Multiplié par des millions de ménages chaque semaine, la portée sociale est considérable.

La pétition et l’argument imparable du Covid

L’association 40 Millions d’automobilistes ne se contente pas de tirer la sonnette d’alarme sur les réseaux sociaux. Elle a lancé une pétition formelle réclamant que le prix du litre ne dépasse jamais le seuil de 1,50 euro, via une réforme de la fiscalité sur les carburants. Son délégué général Pierre Chasseray a rappelé sur TF1 une contradiction que personne dans la classe politique n’a le courage d’affronter : pendant la pandémie de Covid-19, les stations-service avaient été maintenues ouvertes car officiellement reconnues comme commerces de première nécessité. On ne peut pas reconnaître l’essence comme un besoin vital en période de confinement et la taxer comme un produit de luxe dès que le cours du brut s’emballe. La dissonance cognitive est totale, et l’association l’assume haut et fort : il est indécent qu’un produit officiellement « de première nécessité » en temps de crise supporte une TVA à 20 % quand l’alimentation, elle, est taxée à 5,5 %.

La demande est simple, documentée, chiffrée. Et le gouvernement fait la sourde oreille.

L’État, ce spéculateur discret

Il faut appeler les choses par leur nom. Maintenir une TVA proportionnelle de 20 % sur un prix de base qui grimpe, c’est laisser les recettes fiscales augmenter automatiquement à chaque crise géopolitique. La décision réglementaire française de renforcer les Certificats d’économies d’énergie, entrée en vigueur le 1er janvier 2026, a déjà ajouté environ 5 à 6 centimes par litre depuis le début de l’année L’Essentiel de l’Éco — une ponction supplémentaire, discrète, non débattue, glissée dans la loi de finances pendant que les Français regardaient ailleurs.

Le produit de l’accise sur les carburants (TICPE) s’est élevé à 30,2 milliards d’euros en 2024 Fipeco. Trente milliards. Tous les ans. Prélevés sur les travailleurs qui n’ont pas d’autre choix que de prendre leur voiture pour aller bosser, emmener leurs enfants à l’école, se soigner. Car c’est bien là le cœur du problème : selon l’INSEE, les transports constituent le premier poste de dépense des ménages français, à 16,4 % — devant le logement et l’alimentation. La voiture n’est pas un caprice de bourgeois. Pour des millions de Français qui vivent hors des grandes métropoles desservies par les transports en commun, c’est une nécessité absolue.

Un gouvernement aux abonnés absents

Face à l’urgence, le ministre de l’Économie Roland Lescure a sorti la panoplie habituelle : « Il faut garder son sang-froid », « On est dans une situation normale ». Du calme bureaucratique pendant que les clignotants s’affolent. Pas un mot sur une révision fiscale. Pas un centime de geste en direction des automobilistes.

Le précédent des Gilets jaunes, en 2018, avait pourtant bien montré jusqu’où la résignation peut se transformer en colère. À l’époque, c’est une hausse de la composante carbone dans la TICPE qui avait mis le feu aux ronds-points. La taxe avait été gelée en catastrophe. Aujourd’hui, le même mécanisme est à l’œuvre, en temps réel, devant tout le monde — mais personne ne semble pressé d’en tirer les leçons.

L’association 40 Millions d’automobilistes a raison sur un point fondamental : l’État dispose des leviers pour agir. Il les a lui-même créés. Il peut les actionner. S’il ne le fait pas, ce n’est pas par impuissance — c’est par choix. Et ce choix mérite d’être nommé pour ce qu’il est : le sacrifice délibéré du pouvoir d’achat des ménages sur l’autel des recettes budgétaires.

Pour signer la pétition de 40 Millions d’automobilistes : mobilisation.40millionsdautomobilistes.com

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