Confinement énergétique : l’UE veut restreindre vos déplacements
Il y a un mot que personne n’ose encore prononcer à Bruxelles, mais que tout le monde pense : confinement. Pas sanitaire, cette fois. Énergétique. Le commissaire européen à l’Énergie Dan Jørgensen a adressé le 30 mars une lettre aux ministres des Vingt-Sept leur demandant d’envisager des « mesures volontaires d’économie de la demande, en accordant une attention particulière au secteur des transports. » Conduire moins. Voler moins. Se déplacer moins. Rester chez soi, si possible. Le vocabulaire a changé. La mécanique, elle, est identique.
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Je m'abonne maintenant →Le baril de Brent tangente les 115 dollars, en hausse de plus de 50% depuis le début des frappes israélo-américaines sur l’Iran le 28 février. Le détroit d’Ormuz, par lequel transitent en temps normal 20% de la production mondiale de pétrole, est quasi paralysé. Les prix du gaz en Europe ont bondi de plus de 70% en un mois. La Commission européenne convoque en urgence les ministres de l’énergie des États membres ce mardi 31 mars à Bruxelles. Et dans sa lettre, Dan Jørgensen glisse discrètement les mots qui font froid dans le dos : « perturbation potentiellement prolongée. » Il recommande en outre de généraliser le télétravail, d’abaisser les limitations de vitesse sur autoroute et de restreindre certains vols. L’Agence internationale de l’énergie a déjà produit sa liste de propositions. Le vocabulaire de 2020 revient, mot pour mot.
Ceux qui ont la mémoire courte oublieront le précédent. Les autres reconnaîtront le procédé. En mars 2020, les gouvernements européens avaient confiné des centaines de millions de personnes au nom de l’urgence sanitaire, en s’appuyant sur des modèles scientifiques contestés, des projections catastrophistes et une communication de crise rodée pour neutraliser tout débat. Cinq ans plus tard, le mécanisme est le même : une crise réelle sert de levier pour imposer des restrictions de libertés que les populations n’auraient jamais acceptées en temps normal. La guerre en Iran est bien réelle. La fermeture d’Ormuz est bien réelle. Mais entre une crise d’approvisionnement gérable et un confinement énergétique imposé à des millions de citoyens, il y a une marge politique considérable — et c’est précisément dans cet espace que prospèrent les technocraties non élues.
Car c’est là le cœur du problème. Dan Jørgensen n’a été élu par personne. La Commission européenne dans son ensemble n’a été élue par personne. Elle est nommée, validée par un Parlement européen qui a suscité pendant des décennies une désaffection électorale profonde chez des citoyens qui peinent à y voir l’incarnation de leur souveraineté, et dont les pouvoirs réels restent largement symboliques face à l’exécutif bruxellois. C’est pourtant cette institution qui s’arroge désormais le droit de demander aux Français, aux Allemands, aux Espagnols ou aux Italiens de réduire leurs déplacements, de travailler depuis chez eux, de modifier leurs habitudes de vie — en invoquant une crise que l’Europe a contribué à rendre plus douloureuse par des décennies de choix énergétiques catastrophiques.
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Je m'abonne maintenant →Ces choix, les citoyens européens les ont subis sans les avoir votés. Le 15 avril 2023, l’Allemagne fermait ses trois derniers réacteurs nucléaires, achevant un processus engagé dès 2000 et accéléré par Angela Merkel après Fukushima — une décision prise sans consulter les partenaires européens, alors qu’éteindre plus de 20 000 mégawatts dans la première économie du continent n’était pas sans conséquences pour ses voisins. Résultat : une dépendance structurelle au gaz naturel creusée année après année, que personne n’a eu le courage de corriger. La politique de diversification énergétique, proclamée dans chaque sommet européen, n’a jamais été sérieusement financée. Elle a laissé la France importer 70% de son kérosène et 50% de son gazole depuis le Golfe Persique. L’Agence internationale de l’énergie a certes libéré 426 millions de barils de réserves stratégiques — mesure utile, insuffisante, et qui ne change rien à la vulnérabilité structurelle que personne n’a voulu corriger quand il en était encore temps.
Aujourd’hui, la Commission présente la facture. Pas à elle-même. Aux citoyens. Et l’idée du confinement énergétique se murmure déjà dans plusieurs capitales européennes, portée par des gouvernements qui ont appris de la crise Covid qu’une population suffisamment effrayée accepte des restrictions qu’elle aurait jugées impensables quelques semaines plus tôt. La mécanique est connue : l’état d’urgence, le consensus d’experts, les mesures « temporaires » qui s’éternisent, et la stigmatisation de ceux qui posent des questions. Le tout, au nom du bien commun.
Ce qui se joue n’est pas une question de pétrole. C’est une question de démocratie. Décider que des millions de personnes doivent modifier leur façon de se déplacer, de travailler, de vivre — parce qu’une institution non élue juge que la situation l’exige — est un acte politique majeur. Il devrait être soumis au débat, aux parlements nationaux, au vote des populations concernées. Bruxelles, elle, préfère la lettre aux ministres et le communiqué soigneusement calibré. Les citoyens européens découvriront les conséquences dans leur quotidien, à la pompe, à l’aéroport ou sur le bord des routes — sans avoir jamais eu voix au chapitre.
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