Harold Cobert: « J’ai constaté que dans le privé catholique sous-contrat, la chute du niveau des élèves en grammaire et en orthographe était vertigineuse »
L’école française s’effondre. Pas à cause des élèves — à cause de ceux qui décident pour eux sans les voir. Harold Cobert, professeur et auteur de Foi de prof (éditions du Rocher), nomme les responsables sans trembler : une technocratie idéologue coupée du réel, des programmes pensés pour des élèves qui n’existent pas, et une institution qui bâillonne ceux qui osent témoigner. Entretien sans langue de bois avec un enseignant qui a encore la foi — mais pas pour les bonnes raisons.
Votre livre plonge le lecteur dans le quotidien d’un professeur confronté à la réalité du terrain. À quel moment avez-vous compris que ce que vous viviez dans la salle de classe dépassait la simple expérience individuelle et révélait en réalité une transformation profonde de l’école française ?
Au moment où j’ai constaté que, même dans le privé catholique sous-contrat, la chute du niveau des élèves en grammaire et en orthographe était vertigineuse. Car on aurait tendance à penser que, au regard d’une sociologie plus privilégiée – idée reçue qu’il serait par ailleurs nécessaire de nuancer afin d’éviter les caricatures habituelles –, l’habitus de ces élèves les préserverait de ce constat. Or, il n’en est rien. Le phénomène dépasse l’ascendance familiale et les classes sociales. Si on voulait résumer à gros traits les raisons de cette transformation, qui est une forme d’effondrement, on pourrait avancer la proposition suivante : si le niveau scolaire a tant baissé en France, ce n’est pas parce que les élèves sont moins intelligents qu’auparavant, mais parce que l’institution a baissé ses exigences envers eux. J’en veux pour preuve que, lorsque j’ai remonté les exigences dans mes classes en accompagnant mes élèves …
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