Patricia Marins : « Aucun commandant n’accepterait de forcer le détroit d’Ormuz »
Analyste géopolitique et militaire brésilienne, Patricia Marins suit de près les conflits au Moyen-Orient. Avec près de 400 000 abonnés sur X, elle s’est imposée comme l’une des voix les plus documentées sur la stratégie militaire iranienne et les tensions autour du détroit d’Ormuz. Dans cette interview exclusive accordée à Putsch Media, elle révèle pourquoi le détroit d’Ormuz est quasiment imprenable, comment l’Iran gère délibérément l’escalade pour faire monter les prix du pétrole, et ce que cette guerre dit vraiment de la crédibilité militaire américaine.
Dans votre analyse du détroit d’Ormuz, vous affirmez que la position géographique et militaire de l’Iran rend le détroit quasiment impénétrable dans la configuration actuelle. D’un point de vue strictement militaire, quelles sont les capacités spécifiques — missiles, mines, drones ou avantages liés au terrain — qui donnent à l’Iran un tel levier sur ce point de passage stratégique ?
Le premier élément à souligner est la géographie locale et la manière dont l’Iran l’exploite efficacement. Si vous regardez une photo du détroit d’Ormuz depuis le côté iranien, vous verrez que le détroit est bordé de montagnes. Par ailleurs, les données bathymétriques indiquent une profondeur moyenne de 50 à 70 mètres. Cela rend les grands navires et les sous-marins particulièrement vulnérables, tout en favorisant les sous-marins nains iraniens, les vedettes rapides d’attaque (FAC), les mines, les USV et les UUV.
L’arsenal iranien est conçu précisément pour ce type de guerre : tendre des embuscades dans le détroit à l’aide de sous-marins nains, de vedettes rapides armées de missiles, de drones de surface, de drones sous-marins et de missiles antinavires. Concernant plus particulièrement les drones sous-marins, il s’agit d’équipements modernes pouvant atteindre jusqu’à 8 mètres de long, alimentés par batteries lithium et dotés de capacités furtives avancées, comme le modèle Azhdar. Au cours des cinq dernières années seulement, les Perses ont mis en service entre 250 et 300 vedettes rapides équipées de missiles ayant une portée comprise entre 25 et 300 km, comme les missiles Ghadir installés sur les bateaux modernes de classe Zulfiqar.
« Je ne pense pas qu’aucun commandant accepterait de forcer l’entrée de ce …
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